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Guerre au Moyen-Orient : le Pays prêt à sacrifier son « matelas » pour amortir la crise


Moetai Brotherson, entouré de ses ministres, a présenté ce mercredi le collectif budgétaire à 13 milliards de francs qui doit être étudié à Tarahoi dans les prochains jours. Le Pays y pioche dans ses réserves pour financer des mesures d’amortissement de la crise des hydrocarbures qui pourrait s’empirer avec le conflit au Moyen-Orient. Fret, transport, tourisme, emploi… L’exécutif craint des réactions négatives en chaîne. Et au delà du maintien des prix à la pompe, prévu pour un semestre, des mesures semblables à celles du Covid sont déjà étudiées pour la suite. 

3,5 milliards de francs supplémentaires au fond de régulation des prix des hydrocarbures, 1,5 milliard de francs au fonds de lutte contre la cherté de la vie, un autre milliard au « soutien à l’emploi et aux entreprises individuelles », 2,4 milliards de francs de subvention à Air Tahiti nui ou encore deux milliards de francs pour le CHPF, sans compter les 2,9 milliards de « dépenses techniques obligatoires ». Le projet de collectif budgétaire transmis mardi par le gouvernement vers l’assemblée avait déjà été présenté par communiqué ces derniers jours, mais Moetai Brotherson et son gouvernement presque au complet ont pris soin de venir le présenter devant les médias et en live sur les réseaux sociaux ce mercredi.

L’occasion pour le président du Pays de faire prendre conscience de l’ampleur de la crise qui se développe autour de la guerre au Moyen-Orient. Ce qui devait être un conflit “circonscrit et rapide” est devenu “un conflit étendu à l’issue incertaine”, rappelle-t-il, les bombardements autour du golfe Persique et les perturbations du trafic maritime engendrent des bonds incontrôlables – « entre 40 et 150% » – des prix des hydrocarbures. Et le prix du carburant n’est que le premier domino d’un potentiel cycle d’inflation et de baisse d’activité : le fret international commence déjà à voir ses prix bondir, comme certains billets d’avion, les hôteliers observent « quelques annulations », et craignent un vent frais sur le tourisme mondial, le coût de production de certains biens est aussi en hausse…

« La preuve est aujourd’hui que ça sert à quelque chose de faire des réserves »

C’est pour servir d’amortisseur à ces secousses qui pourraient bientôt être ressenties sur toutes sortes d’étiquettes en magasins, que le collectif a été dégainé par l’exécutif. Notamment le soutien au FRPH, qui doit permettre d’espérer contenir les choses sur le semestre qui vient. « Ça c’est dans la perspective d’une non dégradation du conflit actuel », précise Moetai Brotherson.

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Pas d’augmentation du prix à la pompe dans un premier temps, donc. Si le conflit, qui oppose l’alliance américano-israélienne à l’Iran, mais concerne déjà la majeure partie des pays du Moyen-Orient, s’enlise ou s’intensifie, il faudra probablement consentir des efforts du côté des consommateurs, qu’ils soient automobilistes ou professionnels. Si l’approvisionnement en hydrocarbures était plus difficile, c’est du côté de l’État qu’il faudrait regarder sur la gestion des stocks stratégiques, précise le président, mais le gouvernement aurait aussi à mettre sur la table « d’autres mesures ». La ministre du Travail réfléchit notamment à réactiver certains dispositifs de soutien du Covid. « On nous a rabâchés les oreilles avec ce fameux matelas Moerani qui ne servait à rien. La preuve est aujourd’hui que ça sert à quelque chose de faire des réserves », reprend le président.

Un électrochoc, enfin ? 

Ce début de crise, précise le chef du gouvernement, met aussi en exergue les « dépendances » de la Polynésie. Des dépendances « collectives » sur les plans énergétique et alimentaire – un sujet sur lequel l’exécutif est critiqué par sa propre majorité -, et dans lesquelles « nous nous sommes laissés tomber », explique Moetai Brotherson, pointant le rôle initiateur du CEP et l’incapacité de « tous les gouvernements » de réduire ces dépendances. Lui promet, comme il l’a déjà fait, une accélération des réformes sur ces sujets, en réunissant au plus vite les acteurs concernés. Le président du Pays dit aussi espérer que cette crise, quelle qu’en soit l’ampleur dans les semaines ou mois à venir, marque assez les esprits pour servir d’électrochoc :

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