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« Il y aura davantage d’actes de délinquance durant les Jeux, c’est bien probable »

Frédéric Benet-Chambellan, procureur général près de la cour d’appel de Papeete.

Frédéric Benet-Chambellan, procureur général près de la cour d’appel de Papeete a fait le point ce lundi sur certains défis de la politique pénale en Polynésie. D’abord en ce qui concerne les violences sexuelles sur mineurs, « priorité numéro un » en Polynésie, mais dont les procédures se heurtent au manque d’effectifs tant au niveau des magistrats qu’à celui des officiers de police et enquêteurs. Le magistrat a surtout évoqué l’organisation des Jeux du Pacifique, véritable enjeu pour  la justice, anticipant une augmentation de la délinquance durant la période des jeux.

À la suite de l’affaire Lyhanna, le ministère de la Justice avait lancé une opération de recensement des procédures en cours concernant les violences sexuelles exercés sur les mineurs. Si l’institution judiciaire avait recensé 70 000 dossiers à l’échelle nationale, localement le tribunal de première instance de Papeete en avait identifié 400, qui devaient faire l’objet d’un réexamen. Un chiffre que Frédéric Benet-Chambellan, procureur général près de la cour d’appel de Papeete, et qui considère que les violences sexuelles sur mineur sont la « priorité numéro un » en Polynésie, revoit à la baisse : environ 200. Le magistrat n’est pour autant pas en mesure d’en donner un décompte précis, à cause « d’un système informatique qui n’est pas fiable ». « Sans compter les procédures qui sont actuellement en cours dans les services de police et gendarmerie, que l’on pas encore réussi à identifier. De chiffres précis à l’heure actuelle, on n’en a pas. »

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Ces procédures en cours prennent leur origine dans des plaintes, des signalements émanant de travailleurs sociaux ou bien de l’école, « une source très importante d’informations ». Encore faut-il avoir les ressources humaines nécessaires pour pouvoir traiter toutes ces informations car, comme l’a mis en exergue l’affaire Lyhanna, et comme le confirme Frédéric Benet-Chambellan, « cela fait des années que l’on dénonce l’insuffisance des effectifs d’officiers de police judiciaire et aussi de magistrats ».

Tahiti 2027 : « Un enjeu pour la justice qui se doit d’être à la hauteur »

Outre ces dossiers, le procureur général a émis quelques inquiétudes concernant l’organisation des Jeux du Pacifique. Un enjeu très important pour le territoire, « une manifestation d’une ampleur considérable pour la Polynésie « , mais aussi « un enjeu pour la justice qui se doit d’être à la hauteur », estime le magistrat. « Il y aura plus d’actes de délinquance durant la période des Jeux, c’est bien probable » anticipe le procureur général, qui a alerté depuis plus d’un an le ministère de la Justice, en demandant deux magistrats en renfort pour le parquet Papeete. Une demande qui pour l’instant reste sans réponse. Rappelons que Tahiti 2027 doit démarrer en le 24 juillet 2027 et que 4 500 athlètes de la région sont attendus à cette occasion, en plus des délégations, officiels et supporters qui doivent faire le déplacement depuis une vingtaine de pays du Pacifique.

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