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Ivre, il tente d’étrangler sa compagne

Ce mardi au tribunal de Papeete, Steven T., 32 ans était poursuivi pour violences aggravées sur sa concubine. Ivre, il a tenté de l’étrangler puis menacée de mort avec un couteau. Il a été condamné à quinze mois de prison avec sursis.

Steven et sa concubine représentent ce qu’on appelle communément dans les salles d’audience un couple toxique. La première plainte déposée contre Steven par sa concubine remonte à octobre 2022. Celle-ci lors d’une soirée festive voit Steven se faire embrasser par une touriste américaine, sans qu’il ne réagisse. Décidée à lui rendre la pareille, elle se rapproche alors d’un homme, histoire de le rendre jaloux. Et ca marche. En colère, Steven prend sa voiture et part en trombe, poursuivi par sa concubine. Elle le double et lui barre la route. Il descend de sa voiture, se saisit d’une caisse de bière qu’il avait dans son véhicule et fracasse l’auto de sa concubine. Elle s’interpose, il la pousse violemment à terre.

Le temps passe, et le couple semble avoir laissé derrière lui les engueulades récurrentes sur fond d’alcool. À tel point que la femme décide de retirer sa plainte. Mais en décembre 2024, ça recommence. Les gendarmes sont appelés au domicile du couple par une voisine qui entend des cris. Ils arrivent et trouvent une jeune femme en pleurs qui porte des marques de strangulation. Elle explique que Steven, alors sous l’emprise de l’alcool, a tenté de l’étrangler tout en lui mettant un oreiller sur le visage pour étouffer ses cris. En outre, il se serait saisi d’un couteau et lui aurait déclaré : « désormais seule la mort nous séparera. » Ces violences ont démarré à cause d’une relation extraconjugale qu’entretenait la victime. Car s’il n’y avait plus de dispute dans le couple, celui-ci n’allait pas très bien. La femme voulait mettre un terme à leur relation.

Steven lors de cette soirée avait mis la main sur le téléphone de son rival que sa concubine avait dans son sac et l’avait littéralement broyé.  Il a fait de même avec l’ordinateur portable de sa compagne en le pliant en deux à la force de ses mains. À la barre, peu prolixe et sans avocat, Steven reconnaît les faits. C’est quasiment la seule fois où l’on entendra le son de sa voix.

L’accusé avait une double vie

Entendue, son ex compagne explique que Steven avait une double vie, qu’elle l’ignorait et que c’était pour cela qu’elle était décidée à le quitter. Elle raconte aussi qu’en 2025, alors qu’ils étaient séparés et qu’il vivait avec sa nouvelle compagne, il était revenu à la charge « pour me reconquérir, mais c’était fini. »

Pour la défense de la victime, « les violences conjugales méritent une certaine vigilance, elles peuvent aboutir sur des meurtres. » Elle évoque des sms envoyés à la victime dont la teneur est explicite : « Je vais venir te tuer. » Pour prouver la violence du prévenu, elle montre le téléphone qu’il a détruit et l’ordinateur plié dans le sens de la largeur, « il en faut de la force pour le plier ! » Pour conclure elle demande une interdiction de rentrer en contact avec la victime et son nouveau concubin et réclame 500 000 Fcfp pour les préjudices psychologiques et 100 000 Fcfp pour les dégâts matériels.

Du côté de l’accusation on constate que « l’accusé est peu prolixe, s’il a sorti quatre mots c’est le bout du bout » et eu égard à son casier judiciaire vierge, réclame 15 mois de prison assorti d’un sursis probatoire. Le tribunal a suivi les réquisitions et a condamné Steven à 15 mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans avec interdiction de rentrer en contact avec la victime et son nouveau tane. Il devra s’acquitter de 300 000 Fcfp au titre des dommages-intérêts.