
Aucune issue en vue, pour l’heure, dans la grève des pilotes d’Air Tahiti. Ce vendredi, la compagnie a indiqué que 3 500 passagers ont été touchés par la grève, un chiffre qui pourrait grimper à 13 000 d’ici lundi. La mobilisation importante — environ 70 pilotes grévistes sur 96 — n’a permis à la compagnie d’assurer qu’un tiers des vols. Et les négociations peinent à avancer. La direction a même reporté, afin de rassembler des éléments techniques nécessaires aux pourparlers, la réunion prévue ce vendredi soir à ce samedi matin. Les revendications portent notamment sur la gestion des plannings, les congés accumulés et la fatigue liée aux rythmes de travail.
La grève continue chez les pilotes d’Air Tahiti. « 3500 personnes ont été impactées par la grève aujourd’hui et ce sera tout autant les prochains jours », a indiqué la compagnie aérienne ce vendredi, en milieu de journée, précisant qu’environ 13 000 passagers pourraient voir leur vol être annulé jusqu’à lundi. Au total, environ 70 sur 96 pilotes étaient mobilisés au siège et au terme d’importants remaniements du programme de vol, un tiers des vols a pu être effectué « dans la journée », a indiqué Air Tahiti vendredi soir. Depuis le dépôt de leur préavis de grève le 2 avril, les syndicalistes disent n’avoir eu qu’une rencontre avec la direction ce mardi, pour « un début de négociation ». Un autre round de discussion, jeudi, n’a pas permis de trouver un terrain d’entente et les échanges devaient reprendre ce vendredi à 16h30. La direction a toutefois demandé à décaler la réunion à samedi matin pour rassembler des éléments techniques nécessaires aux pourparlers. Les grévistes s’interrogent sur cette décision, rappelant que leur demandes sont connues de longue date par la direction, et ont maintenu le mouvement ce samedi.
Le syndicat des personnels navigants techniques (SPNTPF), majoritaire chez les pilotes, revendique notamment la prise en charge des plannings et des congés, tout en soulignant une fatigue importante liée aux horaires de travail. Ils ont expliqué avoir accumulé 7000 jours de congés depuis la crise sanitaire, congés qu’ils ne peuvent toutefois pas poser. En parallèle de ces sujets de débat, la liste des revendications comprenait également un point sur la grille salariale. Un sujet délicat du côté d’Air Tahiti puisque l’entreprise subit encore les effets du Covid et la concurrence de Air Moana, avec une forte hausse de l’offre mais des pertes importantes. William To’ofa, commandant de bord et membre du SPNTPF a toutefois indiqué à TNTV que le syndicat avait écarté le point concernant les rémunérations. « On l’a retiré parce qu’on connaît l’impact que ça peut avoir », a-t-il déclaré à nos confrères. Si les syndicalistes ont affirmé ne pas vouloir débattre sur les salaires des pilotes en estimant que « ce n’était pas le but », les questions d’organisation horaire et du cumul de congés a aussi des implications financières importantes pour la compagnie aux 1600 collaborateurs.
180 vols prévus ce weekend
Si plusieurs passagers ont dénoncé un point de situation des vols « trop tard », soit une heure avant les vols, Air Tahiti a rappelé que les conditions réglementaires d’exercice du droit de grève des pilotes, ne pouvait lui permettre d’établir des prévisions plus en amont. Chaque pilote est contacté une heure avant son vol afin de savoir s’il fera partie ou non des grévistes. Pour les jours à venir, dont samedi, la compagnie aérienne a invité de nouveau les passagers à se présenter à l’enregistrement afin de connaître le statut de leur trajet. En plein retour des vacances scolaires, près de 180 vols sont initialement prévus dans le week-end contre 120 habituellement.
Pour faciliter les trajets, Air Tahiti a indiqué travailler avec la compagnie Air Moana afin de rapatrier le plus rapidement possible les résidents qui doivent se rendre dès lundi au travail ou à l’école pour les enfants. Ce vendredi matin, des passagers attendaient déjà devant le bureau de la deuxième compagnie.
