
Me Béatrice Eyrignoux, élue la semaine dernière bâtonnière de l’ordre des avocats de Papeete, était en tête ce lundi de la mobilisation des avocats, qui s’est tenue à l’échelon national et aussi devant le palais de justice de Papeete. Une troisième grève symbolique contre le projet de réforme de la justice de Gérald Darmanin. Le garde des Sceaux, face à la levée de boucliers du monde judiciaire, a retiré du texte la mesure la plus contestée, un plaider-coupable criminel à l’américaine. Mais les avocats ne désarment pas et réclament le retrait pur et simple de ce projet de loi qui doit être présenté mardi devant l’Assemblée nationale.
Me Béatrice Eyrignoux, bâtonnière du barreau de Papeete.
Ce lundi comme en métropole, les avocats du barreau de Papeete se sont mobilisés sur les marches du Palais de justice contre le projet de loi du garde des sceaux Gérald Darmanin, dites Loi SURE, mais aussi pour dénoncer le manque de moyens de la justice. Un manque de moyen mis en exergue par l’affaire qui secoue actuellement le microcosme judiciaire et la métropole : l’affaire Lyhanna, comme le souligne Me Béatrice Eyrignoux, élu Bâtonnière de l’ordre des avocats de Papeete la semaine passée, en remplacement de Me Yves Piriou.
Si le principal point de désaccord sur la loi SURE, à savoir le plaider coupable à l’américaine, a été abandonné le 10 juin dernier par le garde des sceaux, il n’en reste pas moins que d’autres points, comme le délai des détentions provisoires ou l’utilisation de la généalogie génétique dans le cadre de certaines affaires posent problèmes aux avocats. Raisons pour lesquelles ils demandent purement et simplement le retrait de ce projet de loi qui doit être défendu à partir de demain devant l’Assemblée nationale par le Garde des sceaux.
Si ce n’est pas la première fois que Me Béatrice Eyrignoux participe à ce mouvement, c’est le troisième rassemblement depuis que le projet de loi SURE a été évoqué, en revanche c’est la première fois qu’elle y participe en tant que bâtonnière. L’occasion de préciser en quoi consiste exactement cette fonction. « Le bâtonnier, règle les conflits entre avocats, entre justiciables et avocats, et éventuellement les conflits entre magistrats et avocats, en quelque sorte le « chef des avocats » dixit Me Béatrice Eyrignoux, élue la semaine dernière bâtonnière de l’ordre des avocats de Papeete suite à la démission de Me Piriou qui officiait à ce poste. Une fonction pas vraiment nouvelle pour Me Eyrignoux qui a officié comme vice-bâtonnière durant le mandat de Me Piriou. Ainsi pour l’heure, elle assurera seule la bonne marche du barreau de Papeete jusqu’au 31 décembre où elle sera rejointe dès janvier 2027 par Me Johan Marchand, élu vice-bâtonnier. Parmi ses priorités, « la transparence de la gestion financière du barreau, l’accueil des nouveaux arrivants et faire évoluer la défense dans les iles lointaines avec un accès au droit amélioré. »