
Ancien colistier de Patrice Jamet et Damas Teuira qui a rassemblé autour de lui des déçus de la dernière mandature, Hinoi Fritch a présenté sa liste Mahina a ti’a ce mercredi à la pointe Vénus. L’ancien cadre d’ATN critique la dispersion et l’inaction de la mairie et veut « recentrer » et rationaliser son action. Pas question de perdre du temps sur des projets comme le grand pôle numérique ou la salle de mariage immergée défendus par le maire sortant, pas plus que sur l’aquaparc de Gilles Teaotea. Pour le fils de Gougou Fritch, les terrains rétrocédés par l’armée doivent accueillir une salle polyvalente insonorisée, une zone d’activité « tournées vers les habitants », et un parc paysager qui rejoindrait la mer et les terrains de Hitimahana, où il veut obtenir du Pays la construction de logements.
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Du vert et de l’enthousiasme, ce mercredi matin à la Pointe Vénus, où Hinoi Fritch avait réuni sa liste « Mahina a ti’a » et certains de ses soutiens, à deux mois des élections municipales. Cet ancien colistier de Patrice Jamet et Damas Teuira, déçu par l’inaction et la dispersion du tavana sortant, échangeait depuis de longs mois avec des militants de différents partis de la commune, principalement du côté autonomiste. Il a fini par réunir autour de lui des « profils différents », de l’étudiante de 18 ans aux retraités impliqués dans les associations locales, des colistiers « issu des différents quartiers de la commune », et dont les places sur la liste électorale finale sont en encore « en finalisation ».
Aussi à ses côtés, ce matin, son père Gougou Fritch, ancien premier adjoint, et lui aussi conseiller municipal sortant, quelques personnalités comme Pure Nena, et surtout la cheffe de file de A here ia Porinetia Nicole Sanquer, députée et ancienne candidate à la mairie, qui lui apporte son soutien. Un groupe qui veut donc « remettre de l’ordre » et du dynamisme dans la gestion de la commune et concentrer son action sur les questions « clés » – jeunesse, développement de l’activité, logement, sécurité, environnement – au travers de projets « utiles et réalistes ».
Salle polyvalente, parc paysager et activité dédiés aux habitants
Dans le viseur plusieurs projets « un peu délirants » ou qui « ne servent pas vraiment la population », évoqués ces derniers temps, notamment pour valoriser le foncier rétrocédé par l’armée et les terrains communaux de Hitimahana, qui y sont liés. Le maire sortant a ainsi parlé d’un pôle économique dédié au « numérique » ainsi qu’à l’audiovisuel. Un autre candidat, Gilles Teaotea veut faire naître près du bord de mer, un grand aquaparc… « Pas de Disneyland à Mahina », répond Hinoi Fritch, qui s’en tient à son projet de « salle polyvalente insonorisé » pour permettre à la jeunesse et à la culture de s’exprimer. Les autres candidats parlent aussi d’une telle salle, qui manque cruellement à la commune, mais lui veut l’entourer d’un parc qui mêlerait aménagements paysagers et développement économique.
« Ce que je souhaite, c’est que les entreprises qui s’installent là puissent proposer des activités aussi destinées à la population, on ne veut pas que ça soit une zone industrielle, on veut que ça soit une zone agréable où les gens puissent passer du temps, détaille-t-il. Et cet espace serait relié à la mer et à l’espace de Hitimahana, autre espace de développement. On souhaite qu’il y a du logement du côté de TDF », un terrain acquis par le Pays.
Une équipe dédiée à la surveillance du lagon et à la sensibilisation
Le jeune retraité de 52 ans, ancien cadre d’ATN, ne veut plus non plus entendre parler veut plus entendre parler de cette idée d’une salle de mariage flottante à quelques mètres de la pointe Vénus et de son phare, dans le « petit bain » de la pointe Te fauroa. Un projet développé par le maire sortant Damas Teuira, qui reconnait lui-même que les premiers plans, avec une salle de 80 mètres carrés en partie immergée bout d’un ponton de 35 mètres, posent problème, notamment dans les cas de fortes houles. Hinoi Fritch se dit lui ouvert à un « petit espace », sous un fare, en bord de baie, mais à terre. « Le reste, je ne sais pas d’où ça vient, mais on ne peut pas faire n’importe quoi dans une baie vivante, où il y a des coraux fragiles », insiste-t-il.
Sa liste Mahina A ti’a promet même un nouvel effort de protection de l’environnement, au travers d’une « équipe dédiée à la surveillance et la protection du lagon et du récif, chargée également de l’entretien et de l’animation de l’Aire marine éducative, du sentier marin et du motu Anaana ». Il s’agit de sensibiliser, de faire respecter les règles, pour préserver la ressource en poisson pour les futures générations :
De façon plus générale, Mahina A ti’a promet de « prendre les choses en main » sur des sujets où l’équipe sortante préférerait « rejeter la faute ». Notamment sur la propreté et le ramassage des déchets le long des voies territoriales, sur la sécurité, avec l’extension de l’activité des muto’i sur toute la nuit et des programmes dédiés à la jeunesse, le logement sur lequel « il faut être force de proposition auprès du Pays et de l’État »… Force de proposition, mais aussi de contestation : comme les autres candidats, Hinoi Fritch affiche de sérieux doutes sur la troisième voies voulue par le Pays pour décongestionner la circulation sur la côte Est. « Il faut en rediscuter », insiste-t-il, et remettre sur la table le projet de nouveau pont au-dessus de la Tuauru, qui permettrait aux automobilistes de circuler ente les quartiers de la pointe Vénus et l’Est de la commune sans encombrer la RT2.