ACTUS LOCALESCOMMUNESMUNICIPALES « Être maire aujourd’hui, ça ne s’improvise pas », dit Damas Teuira Caroline Perdrix 2025-12-15 15 Déc 2025 Caroline Perdrix Le tavana sortant de Mahina brigue un troisième mandat avec sa liste Mahina ia hotu a. Il met en avant le redressement des finances de la commune, qui permet d’envisager entre autres les projets de rénovation des écoles, la reconstruction du centre technique, le crématorium, un « éco-village numérique » et une salle polyvalente sur les anciens terrains militaires. Il refuse d’autoriser le séjour de voiliers dans la baie de Matavai, et se montre très réticent envers le projet de 3e voie porté par Jordy Chan : « Je ne vois pas Mahina comme ça. » Lire aussi : Damas Teuira définitivement relaxé dans l’affaire de l’association Aratea Hinoi Fritch veut rassembler les déçu de l’ère Teuira Muto’i H24, aquaparc… Les projets de Gilles Teaotea à Mahina Les finances de la commune sont sorties du « gouffre » dans lequel l’avait laissée la gestion d’Émile Vernaudon, assure Damas Teuira, rapport de la chambre territoriale des comptes à l’appui : « Ça nous aura pris 10 ans. On a retrouvé une marge de manœuvre. » Damas Teuira a l’élégance de ne pas s’en attribuer tout le mérite et salue notamment la direction des Finances publiques pour les conseils dispensés ces dernières années. Si le mandat qui s’achève n’a pas vu éclore toutes les promesses de 2020, celui qui démarre en 2026 verra fleurir les projets de Mahina ia hotu a, assure le tavana. Damas Teuira, tout juste relaxé définitivement dans l’affaire de l’association Aratea après le retrait de l’appel du parquet, place sa campagne 2026 sous le double thème des services communaux et des familles. D’abord « continuer à garantir l’intervention de nos services », dit-il, à commencer par la régie de l’eau : le réseau a encore besoin de nombreuses réparations, mais le service est en autonomie budgétaire depuis 2023. Ce n’est pas encore le cas du service des déchets, reconnaît le maire qui veut améliorer le tri sélectif. Ensuite les familles en difficulté : Mahina, qui avait 12 quartiers prioritaires, en a aujourd’hui 14. La commune a besoin de davantage de logements sociaux, et veut aussi faire des lots agricoles, des projets sur lesquels le tavana dit travailler avec le Pays en très bonne intelligence. Mais ceux qui espèrent un emploi à la mairie risquent d’être déçus : elle compte déjà 208 employés et le premier souci du maire, à présent que la masse salariale est maîtrisée, dit-il, est de recruter des cadres de catégorie A pour apporter à la commune la technicité et l’ingénierie financière dont elle a besoin. « Aujourd’hui j’ai du mal à recruter un directeur des services techniques, par exemple », dit Damas Teuira. Terrains militaires : numérique, salle des fêtes, dispensaire et guichet unique Sur les anciens terrains militaires, le tavana assure que le projet de « village éco-numérique » est en cours de finalisation. Plusieurs entreprises, notamment dans le domaine de la cybersécurité, souhaitent s’installer à Mahina, dit le maire pour qui il est « important de ne pas faire la même chose que les autres communes ». Ils accueilleront aussi une salle polyvalente modulable, climatisée et insonorisée, « parce qu’on n’a pas de salle des fêtes. » Il prévoit aussi d’y installer le dispensaire, le fare Ora, la délivrance des documents d’identité qui se fait encore à la police municipale, et une « maison des quartiers ». En revanche, le projet d’une salle des mariages sur le lagon, à la pointe Vénus, n’a pas avancé : « L’idée est bonne, mais il faut voir si ça peut résister aux moments de forte houle ». Quoi qu’il arrive Damas Teuira envisage de demander au Pays « de nous laisser la gestion de la Pointe Vénus », actuellement aux mains du Service du tourisme, pour donner davantage de personnalité au site. Le crématorium pourrait ouvrir fin 2027 Autre projet, celui du crematorium dont on entend parler depuis 2011 : « Même si les églises que nous avons consultées sont un peu réticentes, il y a beaucoup de paroissiens qui sont pour ». Il doit être implanté sur 2 000 mètres carrés à proximité de l’ancien cimetière de Orofara, où un mémorial serait également construit en souvenir des défunts non identifiés. L’étude de faisabilité a été menée par une filiale de la Banque des territoires et l’ancien directeur du crématorium du Père-Lachaise à Paris, l’appel à candidature a été lancé, « et une vingtaine de dossiers a été retirée », dit Damas Teuira. Le crématorium sera mis en délégation et pourrait ouvrir à la fin 2027. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/DAMAS-TEUIRA-01-CREMATORIUM.wav Rénovation des écoles et construction d’un nouveau parc à matériel Mahina a également un schéma directeur de réhabilitation de ses écoles, dont « beaucoup sont vétustes« , par exemple Fareroi et Nuuture qui ont plus de 50 ans. L’école Amatahiapo, désaffectée, sera rénovée pour accueillir les élèves pendant les travaux. Autre chantier « qui va bientôt commencer », la reconstruction du parc à matériel, sur son site actuel derrière le dispensaire, qui accueillera aussi la ressourcerie. Troisième voie : « Mettre autant de ronds-points, je ne voyais pas Mahina comme ça » Le projet de 3e voie à Mahina, en phase de consultation sur l’impact environnemental, n’enthousiasme visiblement pas le tavana : » Honnêtement, mettre autant de ronds-points sur Mahina, sur le principe de fluidifier la circulation, je ne voyais pas Mahina comme ça. On en a discuté avec le Pays, j’ai dit ce que j’avais à dire, et je suivrai l’avis de ma population. » Outre les nuisances des travaux de construction des ronds-points préconisés par le ministre des Grands travaux, et le « bétonnage » de la commune, il craint un appel d’air qui attirerait davantage d’automobilistes de la Presqu’île et qui annulerait le bénéfice attendu. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/DAMAS-TEUIRA-02-3E-VOIE.wav Il reste serein face à l’annonce de la candidature de Hinoi Fritch : « Je n’ai pas bien compris le sens de leur engagement, mais je sais qu’ils feront tout pour me dégommer, ça c’est sûr. Ce que je peux répondre c’est qu’on a un bon bilan même s’ils essaient par tous les moyens de me discréditer à ce niveau-là. Mais être maire aujourd’hui, ça ne s’improvise pas, c’est un sacerdoce. » La liste Mahina ia hotu a est complète, dit-il. Beaucoup des candidats sont déjà au conseil municipal : « Ce sont de bonnes personnes, mais pas que de bonnes personnes, ce sont vraiment des belles personnes », conclut Damas Teuira.