ACTUS LOCALESPOLITIQUE Hinoi Fritch candidat à Mahina face à Damas Teuira Charlie Réné 2025-12-10 10 Déc 2025 Charlie Réné Le fils de Gougou Fritch, soutenu entre autres par Nicole Sanquer, a pris la tête du groupe Mahina A ti’a, qui rassemble des déçus des années Damas Teuira. Élu avec Patrice Jamet en 2014, puis, en 2020, avec l’actuel tavana, cet ancien cadre d’ATN estime pouvoir faire aboutir les « projets structurants » qui peinent à se concrétiser ces dernières années, et veut mettre en place des programmes d’accompagnement pour la jeunesse, plutôt que des animations éphémères. Il fera face, outre le maire sortant qui brigue un nouveau mandat, à Émile Vernaudon, toujours soutenu par le tomite local du Tavini, et à Gilles Teaotea, tête de liste Haapape te mana. C’est l’alliance Amui Tatou, formée à l’occasion des dernières législatives en 2024, qui a commencé à « mettre en contact des gens qui n’avaient pas l’habitude de travailler ensemble » à Mahina. Des discussions qui se sont peu à peu élargies, avant que les remous au sein du conseil municipal, l’année dernière, finissent par décider les « déçus » de la mandature de Damas Teuira à s’entendre pour proposer une alternative. Et c’est Hinoi Fritch qui a été désigné pour prendre la tête de ce « groupe de citoyens de sensibilités différentes », baptisé Mahina A ti’a. « Le potentiel de Mahina n’est pas exploité » Le fils de Frédéric « Gougou » Fritch avait été élu au conseil municipal une première fois en 2014, sur la liste de Patrice Jamet, avant de suivre l’actuel tavana en 2020. Jeune retraité d’Air Tahiti Nui, où il avait débuté comme PNC voilà 30 ans, avant de devenir chef de service et de participer à certains grands projets de l’entreprise, il veut redonner son dynamisme à une commune qui n’a « pas beaucoup bougé » ces dernières années. « On voit qu’il y a beaucoup de communication qui est faite sur les réseaux sociaux, on parle beaucoup d’évènements, mais concrètement, le potentiel de Mahina n’est pas exploité, dit-il. Et au cours de la mandature, on a eu l’impression que la commune s’est dispersée, et que ses projets structurants n’ont pas pu se réaliser ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/HINOI-FITCH-MAHINA-1.wav Parmi ceux qui échangent, ces derniers mois, au sein du groupe, Nicole Sanquer dont la liste Tamari’i Mahina A tu avait réuni près de 28% des voix de la commune en 2020. La députée et présidente de A Here ia Porinetia, que beaucoup voyaient de nouveau se lancer dans les municipales, confirme aujourd’hui son soutien à Hinoi Fritch. « C’est un enfant de Mahina qui connait bien la population et les problématiques de la commune », écrit-elle, ajoutant que Ahip était « pour le renouvellement de la classe politique » et allait « contribuer à composer une nouvelle équipe pour développer Mahina ». Un programme pour la jeunesse plutôt que des animations ponctuelles Encarté depuis longtemps au Tapura, Hinoi Fritch précise que Mahina A ti’a reste un groupe « purement municipal » et donc ouvert aux militants de différents partis. Et ouvert à la discussion. Sur les réseaux sociaux, il a déjà invité les administrés à « s’exprimer » sur le projet de troisième voie porté par le gouvernement, qui va « traverser la ville » et « fortement impacter notre cadre de vie ». Le candidat veut aussi interpeller sur la préservation et la valorisation du patrimoine d’Orofara, et notamment de son cimetière des lépreux, qui à l’entendre pourrait être menacé par le projet de crematorium récemment présenté. Ou sur les terrains militaires rétrocédés à la commune, sur lesquels les projets « n’avancent pas ». Le conseiller municipal veut surtout proposer des programmes sportifs, culturels et citoyens pérennes en faveur de la jeunesse, plutôt que des « animations et subventions ponctuelles ». « On a besoin de programmes pour prendre en charge nos enfants, la jeunesse de Mahina, du début jusqu’à la fin de l’année, insiste-t-il. Des programmes qui vont les occuper après l’école jusqu’à ce que les parents soient disponibles à la maison, de façon à ce que nos jeunes ne soient pas dans les quartiers livrés à eux-mêmes, dans la rue, qu’ils puissent rester dans le droit chemin, et en plus leur donner des activités qui soient intéressantes pour les former à être de futurs adultes bien dans leurs têtes et bien dans leur corps ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/HINOI-FRITCH-MAHINA-2.wav La campagne municipale à Mahina s’annonce très animée : en plus de la liste Mahina A ti’a et celle du tavana sortant Damas Teuira, qui a commencé ses réunions dans les quartiers, l’ancien maire Émile Vernaudon est décidé, à 81 ans, à reprendre du service. Applaudi sur scène au dernier congrès du Tavini en mars, l’ancien ministre UPLD, condamné à plusieurs reprises pour des atteintes à la probité, est loin de faire l’unanimité chez les bleu ciel. Mais il a bien le soutien du tomite oire du parti, renouvelé le weekend dernier, et toujours présidé par Alfred Vaitahe qui s’est régulièrement affiché avec « le shériff » ces derniers mois. Devrait s’ajouter au moins une candidature à cette compétition : celle de Gilles Teaotea à la tête du mouvement Haapape te mana et soutenu notamment par des militants locaux du Amuitahira’a.