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Réforme des statuts : l’ordre des médecins rejoint l’appel des praticiens du Taaone

Dans un communiqué diffusé ce lundi, le conseil de l’Ordre des Médecins de la Polynésie dit partager le malaise, les inquiétudes et les demandes des praticiens du CPHF, qui alertaient jeudi sur une crise de recrutement de médecins publics. Le conseil de l’ordre, qui y voit un enjeu qui « dépasse largement le cadre hospitalier » et « interroge sur l’avenir même du système de santé », appelle à des réformes de fond, notamment du statut des praticiens. Des discussions sont engagées avec le Pays, il s’agit désormais de dépasser les « clivages institutionnels » pour les faire aboutir. Une prise de position qui intervient alors que d’autres personnels du Taaone contestent la priorité accordée aux médecins sur ces questions statutaires.

Lire aussi : « On y arrive plus » : l’alerte de la commission médicale d’établissement du CHPF sur les difficultés de recrutement

Des enjeux qui « dépassent largement le cadre hospitalier et « interrogent l’avenir même de notre système de santé ». C’est ainsi que le Conseil de l’ordre des médecins de la Polynésie française (COMPF) parle de la crise de recrutement de praticiens que traverse le Taaone. Une crise qui n’est pas neuve, mais qui a été une nouvelle fois pointée du doigt par la Commission médicale d’établissement (CME) du CHPF jeudi soir. Son président et chef du service des urgences, le Dr Tony Tekuataoa, expliquait que les difficultés à attirer et fidéliser des médecins, notamment spécialistes, aboutissaient à une multiplication des postes non pourvus, que le recours croissant à des contractuels montrait ses limites, et que les patients et les comptes sociaux payaient déjà le prix fort entre consultations annulées, délais allongés, et evasans qui auraient pu être évitées. Le COMPF voit dans cette situation les mêmes causes que le CME : une réglementation, une organisation de la santé publique et surtout des statuts des professionnels médicaux, qui n’ont pas suivi l’évolution démographique et le développement des défis sanitaires, aujourd’hui « considérables. « La modernisation de ces dispositifs apparait désormais comme une nécessité afin de garantir la pérennité, l’efficacité et l’équité de notre système de santé », écrit le conseil de l’ordre dans un communiqué diffusé ce lundi.

Son président Nedim Al Wardy, qui signe le communiqué insiste sur le malaise plus large « que connait aujourd’hui la profession médicale ». Charge de travail croissante, « complexification » administrative, « responsabilité professionnelle toujours plus importante », et « contraintes économiques parfois significatives ». « Préserver la qualité de la médecine impose également de préserver celles et ceux qui l’exercent » écrit le gynécologue, qui, tout en interpellant les autorités, souligne que des échanges ont été engagés « depuis plusieurs mois avec le ministère de la Santé, l’Arass et l’ensemble des acteurs du secteur ». Cette « prise de conscience », qui doit aboutir à une réforme « qui va dans le sens d’une meilleure reconnaissance de l’engagement des praticiens, d’une amélioration de l’attractivité des carrières et d’un renforcement durable de l’offre de soin », doit maintenant aboutir , insiste le conseil de l’ordre qui appelle à une « mobilisation collective dépassant les clivages institutionnels, tant l’avenir de notre système de santé constitue une responsabilité commune ».

Un communiqué qui intervient alors que la Fissap, syndicat majoritaire au sein du CHPF dénonce la prioritisation de la réforme du statut des médecins aux dépens des évolutions statutaires demandées par d’autres agents du Taaone, notamment des catégories C et D, et menace de partir en grève sur ce sujet.

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