ACTUS LOCALESFAITS DIVERSJUSTICE Tir au collège Pomare et attaque au couteau à Taunoa : les affaires classées sans suite Alexandra Perrini 2026-07-01 01 Juil 2026 Alexandra Perrini Dans ces deux affaires, les expertises psychiatriques ont conclu à une abolition du discernement des mis en cause au moment des faits, les rendant pénalement irresponsables. Les procédures ont donc été classées sans suite. « C’est évidemment très insatisfaisant, mais c’est l’application de la loi », explique la procureure qui souligne que ce type de situation reste « assez rare » en Polynésie, malgré la succession de ces deux dossiers. « C’est évidemment très insatisfaisant, mais c’est l’application de la loi. » Ce mercredi, la procureure Solène Belaouar a fait le point sur plusieurs dossiers judiciaires ayant récemment marqué l’actualité. Elle est notamment revenue sur l’attaque au couteau survenue dans un magasin à Taunoa le 25 avril et l’homme interpellé devant le collège Pomare à la suite d’un tir à la carabine le 7 juin. Pour ces deux dossiers, les expertises psychiatriques menées sur les suspects ont conclu à une abolition du discernement au moment des faits, ce qui les rend pénalement irresponsables. Les affaires ont donc été classées sans suite. « Ce qui est important de préciser, c’est qu’une déclaration d’irresponsabilité, ça ne peut être pris qu’après une expertise psychiatrique, réalisée par un médecin spécialiste, qui conclut à une abolition du discernement », explique Solène Belouar. « C’est-à-dire que le médecin, dans ces cas-là, dit aux magistrats que la personne ne peut pas être responsable de ses actes, parce que son discernement est aboli, donc si elle n’est pas responsable, elle ne peut pas être sanctionnée. Et dans ce type de situation, on ne peut que classer sans suite la procédure », détaille la procureure. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/07/PROC-2-discernement.wav Solène Belaouar rappelle que le classement sans suite est une « application de la loi » et qu’elle n’est donc plus en mesure de poursuivre ces personnes. Le parquet souligne également qu’un trouble psychiatrique peut être aggravé par la consommation de stupéfiants, « dont le paka » notamment lorsqu’elle est régulière ou débute dès le plus jeune âge. « Des idées délirantes sous forme de persécutions » Le fait que deux affaires successives aboutissent à un classement sans suite peut donner l’impression que ces situations sont fréquentes. Pourtant, la procureure Solène Belaouar souligne « qu’il n’y a pas plus de cas en Polynésie qu’ailleurs ». « Il y en a de temps en temps mais c’est quand même assez rare » que des personnes présentent « une vraie abolition du discernement, c’est-à-dire des troubles psychiatriques, au point qu’on ne peut même pas les tenir responsables de ce qu’ils font », indique-t-elle. Pour ce qui est de l’auteur des coups de couteau à Taunoa, la procureure précise que l’homme présentait « des idées délirantes sous forme de persécutions ». Face au psychiatre, il a notamment déclaré qu’il s’était saisi d’un couteau dans le magasin car il pensait que quelqu’un voulait l’agresser. Les deux hommes font actuellement l’objet d’une prise en charge en unité psychiatrique, où ils restent hospitalisés.