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+10% sur le carburant : « L’augmentation aurait pu être beaucoup plus brutale »

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Malgré l’accalmie récente des cours pétroliers, la hausse était inévitable selon le gouvernement. Réuni en conseil des ministres extraordinaire ce lundi, l’exécutif a acté une augmentation de 15 francs du prix maximum du litre d’essence et de gasoil à la pompe, qui entrera en vigueur dès ce mardi. Une revalorisation qui intervient alors que les 3,5 milliards de francs injectés dans le FRPH en avril ont été consommés, et qu’un projet de loi neutralisant les taxes pétrolières pour six mois a été transmis à l’assemblée. Des outils très coûteux pour les finances publiques, mais taillés pour « adoucir » le choc pour les ménages et l’économie, insiste l’exécutif.

Lire aussi : le gouvernement veut désarmer les taxes pétrolières pour six mois

Un « accompagnement » public pour éviter des hausses brutales, mais tout de même un « effort » des consommateurs. C’était l’annonce, courant mai, du gouvernement concernant les tarifs des carburants. Car si le fragile accord-cadre signé entre les Etats-Unis et l’Iran a quelque peu calmé la folie des cours pétroliers ces derniers jours, les conséquences du conflit lancé en février dernier au Moyen-Orient ne sont pas terminées. Elles ne font même que commencer pour le fenua, où les automobilistes, du fait des délais de livraison mais surtout grâce à une intervention massive de la puissance publique – 3,5 milliards de francs injectés dans le Fonds de régulation du prix des hydrocarbures (FRPH) en mars, en plus des 3 milliards déjà budgétés – n’ont connu aucun changement à la pompe. Depuis plusieurs semaines, Moetai Brotherson et son exécutif préparent l’opinion à une hausse inévitable. Une hausse qui s’est matérialisée ce lundi en conseil des ministres extraordinaire : comme l’a appris TNTV, les prix maximum à la pompe ont été augmentés de 15 francs le litre pour l’essence comme le diesel, passant de 150 à 165 francs. Soit 10% d’augmentation autorisée.

Une hausse, qui, glisse-t-on au ministère des Finances, « aurait pu être beaucoup plus brutale » si le pays avait simplement voulu coller à la réalité des prix d’achat des carburants qui doivent être livrés dans les prochaines semaines en Polynésie. Pour preuve : les Calédoniens, soumis aux mêmes aléas, ont vu le prix du litre d’essence passer de 151 à 191 francs entre mars et juin, soit 26% d’augmentation. Le gasoil est même passé de 135 à 222 francs le litre dans la même période, soit 64% de hausse. Les Métropolitains, qui paient cette semaine en moyenne 237 francs le litre de sans-plomb malgré les baisses de cours de ces derniers jours ne sont pas mieux lotis.

Taxes neutralisées, augmentation « modérée »

Mais le Pays était pour sa part décidé à « amortir l’impact » des hausses annoncées « sur l’économie locale et le budget des ménages ». C’est la raison pour laquelle le conseil des ministres a adopté la semaine dernière un projet de loi fiscal qui doit neutraliser cinq taxes sur les hydrocarbures entre juillet et décembre. Un manque à gagner fiscal de 3,8 milliards de francs pour pouvoir mettre en place des « augmentations douces plutôt que des augmentations brutales », comme l’expliquait vendredi Warren Dexter à la sortie de la commission de l’Économie de l’assemblée. Le ministre des Finances expliquait alors que l’enveloppe de 3,5 milliards de francs votée en mars était consommée, et que ce levier fiscal était plus pratique à mettre en œuvre, et offrait une meilleure visibilité sur une période de six mois, qu’un nouveau renflouement :

Le projet de loi fiscal reste tout de même à être voté à Tarahoi. Du côté du gouvernement, on prévient déjà qu’en cas de désaccord de l’assemblée, la hausse de prix sera beaucoup plus brutale.

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