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Contrôle coercitif : une conférence pour « donner des armes aux professionnels »

Amphithéâtre du CHPF / ©CHPF

Une conférence consacrée au contrôle coercitif, cette forme de violence psychologique qui repose sur des comportements de contrôle, de surveillance et d’isolement qui privent la victime de son autonomie, se tiendra ce mardi à l’amphithéâtre du Taaone. Destinée aux professionnels de la santé, du social, de l’éducation, de la justice et aux forces de l’ordre, mais aussi ouvert au grand public, la rencontre réunira plusieurs experts, dont la magistrate Gwenola Joly-Coz et l’avocat métropolitain Guillaume Barbe. L’événement vise à mieux identifier les mécanismes du contrôle coercitif et à faire évoluer le regard porté sur les violences conjugales et familiales.

Mieux comprendre pour mieux repérer et accompagner les victimes. L’amphithéâtre du Taaone accueillera ce mardi une conférence consacrée au contrôle coercitif. Il s’agit d’une forme de violence psychologique et comportementale pouvant s’exercer au sein d’une relation, le plus souvent conjugale ou familiale. Elle ne repose pas nécessairement sur des violences physiques, mais sur un ensemble d’actes répétés visant à contrôler, surveiller, isoler et priver une personne de sa liberté.

Parmi les intervenants, Gwenola Joly-Coz, première présidente de la cour d’appel de Papeete. Magistrate engagée dans la lutte contre les violences conjugales, elle a notamment contribué à promouvoir le bracelet anti-rapprochement, déployé en France en 2020 alors qu’elle présidait le tribunal judiciaire de Pontoise. À ses côtés, sera présent Me Guillaume Barbe, avocat au barreau de Paris et membre du Grevio, le Groupe d’experts indépendants sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Le Dr. Teanini Tematahotoa, Directrice de l’Institut du Cancer de Polynésie Française, membre de l’association Soroptimist qui coorganise l’évènement doit aussi intervenir dans cette conférence organisée par Sandrine Itchener, sage-femme au CHPF.

Former les professionnels au repérage du contrôle coercitif

Il s’agit de la deuxième conférence consacrée au contrôle coercitif organisée en Polynésie française, après une première rencontre tenue à l’université l’année dernière. Cette nouvelle édition s’adresse plus particulièrement aux professionnels de la santé, du secteur social, de l’éducation, de la justice ainsi qu’aux forces de l’ordre.

« Ce dont on se rend compte, c’est que, que ce soit pour les violences faites aux femmes ou aux enfants, les femmes en ont parlé et l’ont verbalisé. Mais là où des fois le système pêche, c’est que les professionnels ne l’identifient pas comme tel, ne savent pas quoi en faire ou ne savent pas vers qui les adresser », explique le docteur Teanini Tematahotoa. « Ça fait des victimes qui finalement se disent qu’elles ont parlé et qu’il ne s’est rien passé », constate la médecin. Puis, « elles n’en parlent plus et se sentent abandonnées ». 

L’objectif pour la conférence est ainsi de « donner des armes aux professionnels » et « leur donner la force de pouvoir agir pour accompagner les femmes qui sont victimes de violences, précise Teanini Tematahotoa.

« Mettre la lumière sur l’action des hommes sur les femmes »

Le contrôle coercitif est « une notion assez nouvelle », indique la médecin gynécologue. « Une pratique malheureusement ancienne dans le cadre des violences conjugales, mais qu’elle soit intellectualisée et formalisée par le milieu de la justice, c’est important », souligne Teanini Tematahotoa. « Ce n’est plus forcément aux femmes de démontrer la notion d’emprise ou ce que fait l’homme sur elles », mais de « mettre en lumière » les mécanismes et les effets des actions des hommes sur les femmes.

La conférence sur le contrôle coercitif est également ouverte au grand public. L’entrée est libre et gratuite. L’objectif est notamment de « comprendre et identifier le contrôle coercitif, ses conséquences dans le couple et la prise en charge des enfants qui y sont exposés ». 

 

 

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