ACTUS LOCALESSANTÉSOCIAL

CHPF : les praticiens veulent calmer le jeu avec la Fissap

« Il n’y a pas de question de priorité. C’est tout un système qui est à terre, des îles jusqu’au CHPF ». C’est l’opinion du Dr Jonathan Larson, représentant des praticiens hospitaliers chez A ti’a i mua, qui dit vouloir discuter avec la Fissap, des réformes urgentes. Le syndicat de Mireille Duval est prêt à partir en grève le 29 juin pour obtenir des avancées de statut pour les « petites catégories » d’agents de santé publique, et pour dénoncer la « priorité » accordée par l’exécutif à la réforme du statut des praticiens, jugée par beaucoup vitale vu les difficultés de recrutements des établissements publics. Mais les syndicats ne veulent pas rentrer dans un bras de fer. « Il faut que tout le monde se relève » dit le Dr. Larson. Qui prévient : si rien n’avance à cause de désaccords, « ce sera la fin du système de santé polynésien ».

Lire aussi : 

Semaine intense au Taaone, et ça n’est pas prêt de de se calmer. Jeudi dernier, la commission médicale d’établissement est montée au créneau, appelant à faire aboutir la réforme du statut des praticiens hospitaliers, qui a plus de 30 ans. Une urgence corroborée par l’ordre des médecins, puis reconnue par le gouvernement lors d’une réunion vendredi, avec présentation d’un calendrier : la réforme doit être présentée en Conseil supérieur de la fonction publique le 3 septembre, et une entrée en vigueur, après passage par l’assemblée, est espérée pour janvier 2027. Mais le calendrier pourrait être bousculé par la Fissap, qui a elle aussi donné de la voix, dès lundi regrettant la priorité accordée aux médecins, au détriment des « petites catégories », qui « subissent » en attendant des améliorations depuis des années.

Un préavis de grève a ainsi été déposé mardi au CHPF et à la direction de la Santé par le syndicat de Mireille Duval, dans l’espoir de prioriser des revalorisation des cadres d’emplois d’autres métiers. Hier, une intersyndicale composée du syndicat des praticiens publics, affilié à la CSTP-FO, et de la branche médicale du syndicat A Ti’a i mua (ATIM-PH), est entrée dans ce bras de fer statutaire, appelant à « respecter le calendrier des échéances annoncées ». Un communiqué qui précisait qu’il ne s’agissait en aucun cas « d’oublier » certaines autres catégorie de personnel en souffrance : le cadre d’emploi des auxiliaires de santé publique, aujourd’hui en catégorie D doit être revue dans le même temps que celui des praticiens.

« C’est tout un système qui est à terre, des îles jusqu’au CHPF »

Il s’agit maintenant de calmer les esprits. Le Dr Jonathan Larson, secrétaire général de Atim-Ph, d’ailleurs qu’il « va joindre la Fissap ce mercredi » pour discuter. Pas question de laisser ce préavis de grève freiner la réforme du statut des médecins. Le chef de file de la branche médicale de A Ti’a i Mua appelle à gérer ces dossiers en même temps : « A mon avis il n’y a pas de question de priorité. C’est tout un système qui est à terre, des îles jusqu’au CHPF. Il faut que tout le monde se relève, il faut que le gouvernement, l’assemblée et la population soient prêts à nous aider, accepter qu’on fasse un changement pour réanimer notre système de santé. Le système de santé polynésien est vraiment à terre aujourd’hui et soit on se donne tous les moyens pour le réanimer, soit malheureusement ce sera la fin du système. »

« Chaque maillon est important pour la chaîne de survie des patients polynésiens », précise encore le médecin. L’Intersyndicale a d’ailleurs précisé dans leur communiqué qu’ils avaient proposé « leur aide technique pour accélérer la rédaction du statut des auxiliaires », expliquant que si cette réforme n’est pas inscrite au calendrier, c’est que les textes ne sont pas prêts. Rien à voir donc avec une quelconque priorité accordée à l’une ou l’autre des catégories selon Jonathan Larson. « On travaille tous ensemble, c’est important qu’on évolue tous ensemble », assure-t-il, réfutant cette idée qu’il pourrait y avoir des tensions au sein de l’établissement hospitalier entre les personnels.

« L’axe principal concerne le temps médical réalisé, que les heures faites soient comptabilisées et rémunérées »

Que demandent les médecins précisément ? « L’axe principal concerne le temps médical réalisé, que les heures faites soient comptabilisées et rémunérées ». Aujourd’hui selon le Dr Jonathan Larson, les praticiens hospitaliers sont payés pour un certain volume horaire et quand ils le dépassent, n’obtiennent aucune rémunération supplémentaire. « Ce sont des heures faites par conscience professionnelle. Mais au bout d’un moment, ça crée des tensions à la fois professionnelles et familiales. Et ça ne rend pas ces professions très attractives. En France, ces heures sont comptabilisées et rémunérées. » Et d’ailleurs, selon l’enquête de l’association de jeunes médecins polynésiens réalisée en 2025, 77,3% des jeunes médecins polynésiens actuellement exerçant dans l’Hexagone « veulent rentrer au pays mais refusent le service public aux conditions actuelles ».

Encore pour renforcer l’attractivité, les praticiens ont réfléchi à formaliser la possibilité du « cumul d’activités » : que les praticiens hospitaliers puissent aussi exercer dans « le privé à l’hôpital, le privé en dehors de l’hôpital et le privé non médical ». « C’est une ouverture qu’on va créer. En France, ça existe déjà. Ici, ce n’est pas possible. Je pense qu’il vaut mieux un médecin qui exerce dans deux structures, publiques et privées, que zéro médecin. Des garde-fous comme des barrières horaires permettront de limiter ces possibilités. » Et enfin les praticiens plaident aussi pour mener une plus importante réforme encore : la création d’une fonction publique hospitalière, à laquelle la ministre du Travail et de la Fonction publique Vanina Crolas, longtemps très septiques, « ne serait pas défavorable » aujourd’hui. Mais c’est sans doute avec la Fissap qu’il faudra aussi se mettre d’accord.

Article précedent

Hinaupoko Deveze honore son engagement envers Rima Here et la santé mentale

Article suivant

Mode de scrutin : "Partager le pouvoir fera que le Polynésien sera un peu plus protégé"

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

CHPF : les praticiens veulent calmer le jeu avec la Fissap