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Au CHPF, les médecins unis, la Fissap en préavis

La Fissap, syndicat majoritaire du centre hospitalier, a déposé un préavis au Taaone et à la Direction de la Santé, où la grève sera effective le 29 juin à défaut d’accord. Le syndicat de Mireille Duval revendique des réformes urgentes des cadres d’emploi dans les catégories D, C et B, et dénonce la priorité accordée à la réforme du statut des praticiens hospitaliers. Dans le même temps, deux syndicats de médecins ont rappelé l’urgence de cette réforme ainsi que celle des auxiliaires de santé, que l’exécutif compte mener dans le même temps. L’exécutif table sur une entrée en vigueur des nouveaux statuts début 2027, mais la pression de la Fissap pourrait changer la donne.

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Le bras de fer s’intensifie au Taaone. Comme annoncé lundi au micro de Radio 1, Mireille Duval a déposé ce mardi un préavis de grève concernant le CHPF et ses structures annexes (psychiatrie, pédopsychiatrie, Nivee, hospitel…), ainsi que la Direction de la Santé et les hôpitaux et services qui y sont associés. La secrétaire générale de la Fédération des Interprofessionnels des services de la santé et de l’administration en Polynésie (Fissap) appellera donc à la grève dans tout le secteur de la santé publique à partir du lundi 29 juin minuit si ses revendications ne sont pas entendues. Et elles sont connues de longue date par le gouvernement. La Fissap, majoritaire au CHPF, mais peu représentée chez les médecins et les catégories de personnel les plus qualifiés, exige des « réformes urgentes de cadres d’emplois » pour plusieurs types de personnel de catégorie D, C, et B, ainsi que des « revalorisations des parcours professionnels », et des reclassements de contractuels pour l’ensemble  de la filière santé. Mireille Duval, qui dénonce le non-respect du protocole de fin de conflit de mars dernier dans lequel avait justement été discuté un calendrier de réforme, demande une « sécurisation budgétaire obligatoire » de ces travaux.

Elle dénonce surtout, en creux, la priorité qui serait accordée par l’exécutif à la réforme du statut des praticiens hospitaliers. Une réforme discutée depuis près d’un an et demi et que le gouvernement entend effectivement faire aboutir au plus vite, qui doit permettre de rendre plus attractifs, financièrement, mais aussi dans l’organisation du travail, les postes de médecins, à l’heure où l’hôpital et d’autres structures publiques connaissent des difficultés critiques de recrutement et de fidélisation. Des difficultés pointées du doigt, ces derniers jours, par la commission médicale d’établissement, rapidement soutenue par le conseil de l’ordre des médecins comme une menace sur l’ensemble du système de santé polynésien.

Trois quarts des jeunes médecins polynésiens pas attirés par le statut actuel 

Ce mardi, le Syndicat des praticiens publics de Polynésie française (SPPPF) et la section praticiens de A ti’a i mua (ATIM-PH) ont signé un communiqué de presse en Intersyndicale pour abonder dans ce sens. Ils précisent que les discussions sur la réforme statutaire ont été finalisées en octobre 2025 et sans cesse décalées depuis. Ce n’est que le 19 juin que le ministère de la Fonction publique de Vannina Crolas aurait « reconnu l’urgence de la crise du recrutement médical », au CHPF comme dans le reste de la santé publique. Sous l’angle humain – « Sur 140 jeunes médecins polynésiens interrogés dans l’Hexagone, 77,3 % veulent rentrer au pays mais refusent le service public aux conditions actuelles », et ne sont que 14 à exercer au CHPF comme titulaires, sur plus de 300 formés depuis 2003″ précisent les syndicats – mais aussi économique. Les difficultés de recrutement aboutissent à davantage d’evasans, qui coûtent 5 milliards de francs par an aux régimes sociaux. Une évaluation de ces surcoûts est en cours.

Les syndicats assurent en outre ne « pas oublier » les auxiliaires de santé publique, toujours classés en catégorie D, et dont le gouvernement prévoit de réformer les statuts en même temps que celui des praticiens hospitaliers. « Le SPPPF et l’ATIM-PH ont proposé leur aide technique directe pour accélérer la rédaction du statut des auxiliaires, précise le communiqué. Cet engagement n’est pas
une concession : c’est la démonstration que l’intersyndicale place l’intérêt collectif au-dessus de tout. Pour sauver le système public de santé, il faut agir à tous les maillons de la chaîne du soin et de la prévention ». Un rétroplanning pour ses deux réformes a été présenté par le ministère de la Fonction publique de Vannina Crolas, rencontré le 19 juin par les deux organisations, avec une présentation en CSFP le 3 septembre, et une entrée en vigueur, après passage par l’assemblée, en janvier 2027. Reste à savoir si la pression de la Fissap peut faire capoter ce calendrier.

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