ACTUS LOCALESPOLITIQUE

Ces secteurs où la Fête de l’Autonomie fait de la résistance

Plus de deux ans après l’annonce de l’instauration d’un jour férié pour Matari’i i ni’a, en novembre, le férié du 29 juin, supprimé du Code du Travail, continue d’être chômé dans plusieurs secteurs d’activité. Transport aérien, secteur gazier, imprimerie, presse et communication… Des filières dont les conventions collectives n’ont pas été mises à jour, qui n’auront en revanche pas le droit au férié de la saison de l’abondance. D’autres, dans le nettoyage, la manutention portuaire ou l’automobile, marquent aussi la Fête de l’Autonomie… en plus du 20 novembre.

La Fête de l’Autonomie ne veut décidemment pas se laisser enterrer. Le gouvernement Brotherson, d’abord par la voix de son ex-vice-présidente Eliane Tevahitua, avait pourtant évoqué dès 2023 la suppression du jour férié du 29 juin, longtemps l’occasion de grandes festivités, mais qui, en s’installant sur la date anniversaire de l’annexion de la Polynésie par la France, a toujours été un sujet clivant entre autonomistes et indépendantistes. L’exécutif avait confirmé en mai 2024 son projet : la « Fête de l’Autonomie » ne serait plus chômée, et serait remplacée par une célébration plus « fédératrice » et « ancrée dans la culture du pays ». À savoir le levée des Pléiades dans le ciel polynésien et de l’entrée dans la saison traditionnelle de l’abondance, Matari’i i ni’a.

Un remplacement qui avait pris du temps et engendré du débat : certains partenaires sociaux avaient haussé les sourcils en bipartite, fin octobre 2024, le Cesec avait émis des doutes quelques semaines plus tard, la date flottante d’abord imaginée avait été remplacé par une date fixe – le 20 novembre – finalement inscrite dans le Code du Travail en mai 2025 par l’assemblée. Non sans opposition des autonomistes qui voient la disparition du 29 juin comme un cadeau aux « ayatollahs révisionnistes » du camp indépendantiste.

Le 20 novembre 2025, « premier jour férié célébrant une fête pré-coloniale », a donc été célébré avec faste par les autorités – et par le public, qui a répondu présent sur le front de mer de Papeete – et celui de 2026 doit être la confirmation de son ancrage dans le calendrier. Et pourtant, pour la deuxième année consécutive, certains travailleurs n’auront pas le droit à ce jour férié qui tombera un lundi. Car comme l’ont fait remarquer les partenaires sociaux dès 2024, le Code du Travail ne dicte pas entièrement sa loi en matière de jours fériés, dans le privé en tout cas. Seul le 1er mai y est consacré comme « férié , chômé et payé », les douze autres jours listés peuvent être traités différemment en fonction des conventions collectives de chaque secteur d’activité. Certaines d’entre elles font référence directe au Code et ont permis d’appliquer immédiatement les changements opérés par les élus, d’autres ont été modifiées depuis l’année dernière, d’autres, encore, attendent de l’être, créant ainsi une multitude de situations. Interpellée sur la question, la Direction du Travail a fait un point auprès des partenaires sociaux ces derniers jours. Et dégagé pas moins de cinq situations :

  • Dans le commerce, l’hôtellerie, le BTP, et les secteurs non-conventionnés, aucun des deux jours n’est chômé-payé ou payé double si travaillé. Attention tout de même, des dispositions propres aux accords d’entreprise – ou même des usages si une double rémunération ou un jour chômé est pratiqué depuis longtemps – peuvent entrer en jeu.
  • Dans l’industrie, les entreprises de l’automobile adhérentes du SPCA, les assurances, le secteur bancaire, le gardiennage, la mise à jour a été automatique. Le 29 juin a donc disparu est est travaillé normalement, et le 20 novembre a été intégré comme un jour férié. Il est chômé-payé ou payé double en fonction des disposition de la convention collective.
  • Les entreprises du secteur du nettoyage, des hydrocarbures liquides, de la manutention portuaire et celle du secteur automobile quand elles ne sont pas adhérentes du SPCA cumulent les deux jours chômés-payés.
  • Celles qui répondent à la convention des hydrocarbures gazeux de l’Imprimerie, de la presse et de la communication, des transports aériens locaux considèrent toujours le 29 juin comme un jour férié. Le 20 novembre, lui, est considéré comme un jour normal, et le restera jusqu’à ce que soit signé un avenant dans chacune de ces conventions.
  • Enfin, dans la restauration, le 29 juin n’avait jamais eu de régime spécifique. Le 20 novembre est en revanche intégré dans le calendrier comme un jour chômé payé ou payé double si travaillé.

Deux ans après, la Fête de l’Autonomie n’a donc pas complètement disparu. Et pourrait quoiqu’il arrive revenir : Édouard Fritch, sur notre plateau ce mardi, a confirmé que le Tapura, s’il revient au pouvoir, rétablira le férié du 29 juin. Ce qui impliquera de nouvelles mises à jour de conventions collectives.

Article précedent

Coups mortels à Tiarei : le suspect de 14 ans mis en examen et placé sous contrôle judiciaire

Article suivant

Au CHPF, les médecins unis, la Fissap en préavis

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Ces secteurs où la Fête de l’Autonomie fait de la résistance