ACTUS LOCALESSOCIÉTÉ Suppression du 29 juin « pour contenter certains ayatollahs révisionnistes » Caroline Perdrix 2025-05-06 06 Mai 2025 Caroline Perdrix Le 20 novembre, jour de l’abondance remplace le 29 juin, jour de la fête de l’Autonomie, dans le calendrier officiel des jours fériés inscrits dans le Code du travail, au grand dam des élus autonomistes qui auraient préféré honorer les deux dates. La ministre du Travail se retranche derrière le coût d’un ajout. Édouard Fritch estime que le Tavini est davantage motivé par le désir d’effacer l’héritage de Gaston Flosse que par celui de marquer une date culturelle. Près de deux ans après la proposition faite par Éliane Tevahitua, le seul jour férié « made in fenua » passe du 29 juin au 20 novembre. Au grand dam des autonomistes, qui n’ont rien contre Matarii ni’a, mais qui voulaient aussi conserver « leur » date. Nicole Sanquer qui aurait aimé « une consultation populaire » sur le sujet, voit dans la suppression « un manque de respect ». Moetai Brotherson a rétorqué que Gaston Flosse n’avait pas non plus fait de consultation populaire en 1985 avant de faire du 29 juin un jour férié. Pour Édouard Fritch le 29 juin, que le Tavini ne présente que « comme une dépossession et un jour de deuil », est « une date institutionnelle importante de notre pays, qu’on le veuille ou non » . Et le président du Tapura a accusé le gouvernement de « prétendre défendre la mémoire tout en la manipulant » pour contenter « certains ayatollahs révisionnistes », tout en s’attaquant « aux symboles plutôt qu’aux solutions ». « De toute façon, ils ont décidé d’enlever le 29 juin parce que c’est Gaston Flosse, et c’est vraiment triste d’en arriver là. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/05/JOUR-FERIE-01-FRITCH.wav Les élus Tavini ont défendu la suppression du 29 juin, une date qui, pour Pauline Niva, marque « l’abdication d’un roitelet lâche et alcoolique » à la représentativité contestable. « Célébrer l’autonomie le jour de l’annexion, c’était un choix politique », a argumenté Allen Salmon. Pour Pascale Haiti-Flosse, le plus important est que « le 29 juin nous fêtons le fait que nous avons un président et qu’il dirige le Pays. » Vannina Crolas, ministre du Travail, reste sur des considérations pratiques. Elle rappelle que le patronat était contre l’ajout d’une nouvelle date, et que « rien que pour la fonction publique, c’est 93 millions en plus ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/05/JOUR-FERIE-02-VANNINA-CROLAS.wav Apparemment, personne n’a osé suggérer la suppression d’une fête religieuse. Mais, dit-elle, « le débat reste ouvert sur une date plutôt politique qui pourrait rassembler l’ensemble des partis politiques de notre pays. » C’est pas gagné. Pour les secteurs d’activités économiques relevant d’une convention collective ou d’un accord collectif de travail mentionnant le 29 juin comme jour férié, la mise en application est repoussée au 1er janvier 2026, le temps pour les partenaires sociaux de procéder à leur révision. Pour les conventions collectives qui se réfèrent simplement au calendrier officiel, sans mentionner expressément la date, le changement sera effectif dès la promulgation. Et cette année, les travailleurs vont gagner au change : le 29 juin tombe un dimanche, alors que le 20 novembre tombe un jeudi.