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Règles du Heiva, couverture de To’ata… L’heure de « mettre les choses à plat » ?

« Les choses empirent » au Heiva i Tahiti. C’est en tout cas l’avis de Marguerite Lai. La cheffe de la troupe de O Tahiti E, repartie sans prix majeur de cette édition 2026, s’indigne des conditions dans lesquelles les groupes de danse évoluent aujourd’hui. Règles trop strictes, sanctions dans les notations, gestion humaine et financière qui devient de plus en plus difficile pour les groupes… Sans compter les aléas de la météo qui pourraient être évités « en mettant en place un système de bâches » pour couvrir To’ata. La membre du Cesec demande une réunion avec tous les groupes de danse pour « mettre les choses à plat ».

« Après 53 ans dans ce domaine, les choses ont empiré. » Comme à son habitude, c’est sans langue de bois que s’est exprimée Marguerite Lai lors de la conférence de presse à propos du Mini Heiva ce jeudi. Alors que le sujet portait sur les quatre soirées prévues à la fin du mois de juillet, Marguerite Lai a pris le micro pour s’indigner des conditions du Heiva i Tahiti 2026, un concours qui s’est terminé mercredi par l’annonce des lauréats et dans lequel sa troupe n’a obtenu qu’un seul prix : la troisième place du concours d’orchestre pehe tumu.

Marguerite Lai trouve aujourd’hui que les règles du Heiva i Tahiti sont trop strictes et a l’impression d’avoir affaire « à des bureaucrates » avec qui on « n’a pas le droit d’ouvrir sa bouche ». « On se retrouve avec 20-30 pages » de réglementation, constate la cheffe de O Tahiti E. « Pendant qu’on travaille pour le Heiva, on nous dit faut faire ci, pas faire ça. » Qu’on soit sanctionné quand on perd les costumes, je veux bien comprendre, explique Marguerite Lai. Mais on perd des points pour des retards, des petits changements… On est tout le temps sanctionné. Je sais que c’est une compétition, mais les règlements sont de plus en plus sévères, tu ne peux pas faire ci, tu ne peux pas faire ça, tu n’as pas le droit de faire ci, pas le droit de faire ça. » 

Finances limitées et approvisionnement difficile

Cette personnalité renommée de la culture estime qu’il faudrait maintenant avoir un bureau, une secrétaire, et même un conseiller juridique, pour participer au Heiva. La majorité des groupes ont effectivement un bureau et donc un secrétariat par le biais de leur association, mais sans doute pas de conseiller juridique. Aujourd’hui, « ce sont les chefs de groupe qui gèrent tout, du début jusqu’à la fin », et ça devient compliqué. « Quand tu es riche, pas de problème pour t’entourer de toute une équipe », mais chez O Tahiti E, « on n’est pas riche ».

Marguerite Lai raconte les difficultés, déjà nombreuses, auxquelles sont confrontés les chefs de groupe : des costumes pour 200 personnes, trouver les végétaux, les conserver dans des frigos… D’ailleurs, la cheffe de troupe déplore également une pénurie de matières premières essentielles à la création des costumes, telles que le pae’ore. Elle dit que la saison pendant laquelle le concours est organisé, Matarii i Raro, saison de disette, n’aide pas, mais repousser le concours au moment de la saison Matarii i Nia n’est pas non plus une bonne solution puisque les pluies sont plus importantes.

Des « bâches » à To’ata ?

« Alors quelle est la possibilité ? » « Il faudrait au plus tôt que le gouvernement et l’État prennent la responsabilité de pouvoir couvrir la salle de Toata », scande Marguerite Lai. Elle propose la mise en place de bâches qu’elle assure avoir vues dans d’autres salles du monde, des salles « 10 fois » plus grandes que celle de Toata. « Il y a des bâches qu’il est possible de mettre et de retirer. » Tout est automatisé. Aujourd’hui, tout est possible. »

Elle regrette également que le lieu du concours, la place Toata, ne soit pas couvert. Les conditions météorologiques ont perturbé plusieurs fois l’événement cette année, obligeant certains groupes à repousser leur date de représentation quand d’autres ont choisi d’assurer quand même leur spectacle, parfois sous de grosses averses et donc sans le matériel sonore. Un choix qui « relève de la responsabilité du chef de groupe », indique Marguerite Lai.

La cheffe de O Tahiti E réclame aujourd’hui une réunion avec tous les groupes de danse pour « mettre les choses à plat » concernant la réglementation du concours, mais aussi pour parler de la couverture de Toata. Si tous sont d’accord, précise-t-elle, alors peut-être faudra-t-il « menacer d’un boycott du Heiva » pour faire bouger les autorités.

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Tarena Maohi18/07/2026

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