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L’État financera une chaire sur les grands fonds et des projets de restauration

©HCPF

En visite depuis vendredi en Polynésie, Catherine Chabaud a enchaîné les rencontres de Papeete à Raiatea en passant par Moorea. Auprès des institutions du Pays, des élus locaux, des chercheurs ou des associations, la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche a assuré un engagement de l’État pour une « accélération » du développement de l’économie bleue, dont le « point de départ » est une meilleure connaissance et une meilleure préservation des écosystèmes marins.  

Programme marathon pour Catherine Chabaud, arrivée vendredi matin à Tahiti pour sa première visite officielle en outre-mer depuis son entrée au gouvernement en octobre dernier. La ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche a bien sûr entamé le déplacement par des entretiens avec les représentants institutionnels du Pays : Antony Géros côté Assemblée, Maiana Bambridge côté Cesec, en présence de Patrick Galenon, membre du conseil en tant que syndicaliste, mais aussi docteur océanographe, et Vetea Moarii, armateur et président du comité interprofessionnel de la pêche hauturière. Mais c’est auprès de Moetai Brotherson, rencontré en début de matinée à la présidence après l’accueil à l’aéroport, que la ministre parisienne a fait sa première annonce du déplacement : la création d’une chaire internationale de recherche sur les grands fonds marins en Polynésie française.

Une chaire promise en 2024

L’État et son institut de recherche océanique Ifremer, qui investissent 300 millions de francs dans le projet, s’étaient engagés avec le Pays, lui aussi financeur, à avancer dans ce sens en décembre 2024, dans un accord de coopération scientifique. Ses objectifs étaient alors clairs : « Mieux comprendre la dynamique de la biodiversité profonde dans le Pacifique dans un contexte de dérèglement climatique », « réaliser un inventaire des aléas sous-marins dans le Pacifique sud (volcanisme, séismes, glissements sous-marins…), et « faire émerger une compréhension polynésienne des risques associés à une éventuelle exploitation minière sous-marine ». Un sujet politiquement brûlant en Polynésie sur lequel la ministre avait mentionné, dès l’aéroport, l’alignement de Paris et de l’exécutif tahitien actuel sur la « pause de précaution » dans cette exploitation.

Ont suivi les rencontres, côté services de l’État, avec les acteurs de la surveillance et des secours dans la ZEE : JRCC, base aérienne et base navale, où la ministre a pu visiter le Teriiero a Teriieroiterai, qui attend d’ici avril 2026 un autre patrouilleur basé à Papeete, le Philippe Bernardino.

Un appel à projets pour financer des initiatives locales sur la restauration des écosystèmes

Les questions de recherche et d’environnement sont revenues dans la conversation ce samedi, avec un déplacement à Moorea. Après l’accueil par le tavana Evans Haumani à la sortie de l’Aremiti, Catherine Chabaud a pu aller à la rencontre de l’association Coral Gardeners, désormais habituée aux visites d’officiels et de célébrités, puis de l’équipe du Fare Natura, de celle du Criobe, ainsi que les animateurs, au sein de la DGEE, des aires marines éducatives, concept qui est né au fenua et s’est beaucoup exporté depuis. Ont suivi des échanges avec les représentants des associations Te mana o te moana, Oceania Moorea, Tama No Te Tairoto, Te Aho To’a, Mokarran Protection Society et Te Mā Tairoto. Des collectifs qui ont en commun d’avoir été lauréats des trophées To’a Reef, remis depuis 2024 par l’Ifrecor-Polynésie (les candidatures pour la troisième édition sont ouvertes jusqu’en octobre), qui a organisé ces rencontres. “Depuis des années, je suis persuadée que la situation est grave, mais qu’elle n’est pas désespérée, parce que nous sommes mobilisés, a-t-elle expliqué depuis la terrasse de l’écomusée. La mer, mes aventures de navigation, même quand je naviguais seule, m’ont appris la force du collectif. Et cette force du collectif, c’est incroyable comme vous l’incarnez ! »

« Bluffée » par les projets qui lui ont été présentés, la ministre en a profité pour annoncer que l’antenne locale de l’Initiative française pour les récifs coralliens ainsi que la Polynésie française en tant que collectivité pourront bénéficier des fonds de la Caisse des dépôts et consignations – Biodiversité au travers de l’appel à projets pour la restauration des écosystèmes marins et côtiers en préparation. De quoi aider à porter les « initiatives polynésiennes » en la matière, se félicite-t-elle :

Un appel à projets pour financer des initiatives locales sur la restauration des écosystèmes

Ce dimanche, après une visite du marché de Papeete en compagnie notamment du tavana Rémy Brillant et du président Moetai Brotherson, Catherine Chabaud s’est envolée pour Raiatea. Il s’agissait surtout d’aller échanger avec les professionnels du tourisme nautique, « secteur créateur de richesses et d’emplois », et d’autres professionnels du monde maritime. Notamment l’entreprise Viper Va’a qui avait représenté la Polynésie française à l’Élysée, pour la Grande Exposition du Fabriqué en France l’année dernière, avec son V1 VenomWood conçu à partir de Falcata.

Les trois tavana de l’île s’étaient pour l’occasion donné rendez-vous à Uturoa, pour parler de la toujours très débattue activité des voiliers de plaisance, et pour insister sur la place qu’espèrent prendre les Raromatai dans le développement de l’économie bleue. Devant les élus locaux comme devant les associations, la ministre a tenu le même discours : le gouvernement central, qui a développé une feuille de route pour le développement de cette économie bleue dans les outre-mer, veut être en soutien des initiatives économiques, mais « cela passe aussi par plus de connaissance et de préservation des écosystèmes, ce sont les points de départ pour accélérer le développement de notre économie avec la mer ».

La ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche est en visite jusqu’à mardi : elle est notamment attendue à la Presqu’île ce lundi, sur les sites du rahui de Mateia, du chantier naval Nautisport, de l’Ifremer, et du centre aquacole du Pays à Vairao. Elle se rendra aussi au port de pêche avec les acteurs de la filière hauturière mardi matin.

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