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Provinciales calédoniennes : les loyalistes dominent au Sud, mais sans majorité au Congrès

Ce dimanche, 192 584 Calédoniens étaient appelés aux urnes pour renouveler les trois assemblées de province et le Congrès. Dans le Sud, Sonia Backès et la liste d’union loyaliste progressent et remportent plus de 50% des voix. En Province Nord, l’Uni de Paul Néaoutyine est devancé par la liste UC-FLNKS dans une assemblée sans majorité. Des alliances aussi devront être recherchées dans les îles, où « Nation Autochtone » et l’UC-FLNKS sont au coude-à-coude. Des résultats marqués par une forte abstention et qui ne permettent de dégager une majorité claire au Congrès. Avec notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.

  • Province Sud : majorité absolue pour Sonia Backès et sa liste d’union loyaliste
En 2019, Sonia Backès, tête de liste de l’Avenir en confiance en 2019, obtenait 28 802 voix, soit 40,59 % des suffrages exprimés. Avec ce résultat, les loyalistes décrochaient 20 sièges sur 40 en province Sud. C’était ensuite grâce à l’Éveil océanien qu’elle avait été élue présidente. Sept ans plus tard, après une mandature particulièrement longue, marquée par les référendums, les discussions autour de l’avenir institutionnel, la crise de l’usine du Sud puis de la Covid et, surtout, les émeutes de 2024, mais aussi favorisée par le faible taux de participation historique aujourd’hui, la liste tirée par Sonia Backès, « Les Loyalistes et Le Rassemblement – Forts et Unis » a engrangé entre 12 000 et 13 000 voix supplémentaires, 50,1% des suffrages exprimés, et devrait décrocher non pas 20 mais quelque 29 sièges.
Un plébiscite, pour cette liste rassemblant, en plus des Républicains calédoniens de Sonia Backès et du Rassemblement de Virginie Ruffenach, le Mouvement populaire calédonien (MPC) de Gil Brial, Générations NC de Nicolas Metzdorf et Tous Calédoniens de Pascal Vittori. Et la récompense, pour sa cheffe de file, d’un discours « sans ambiguïté » sur la volonté des Loyalistes et du Rassemblement de « maintenir la Calédonie dans la République » et de respecter « la démocratie ». La traduction, aussi, d’un « vote utile ». « Nos électeurs ont compris le risque que ça représentait de voter pour des listes qui ne passeraient pas la barre » des 6 374 voix nécessaires pour décrocher un siège. « Ils ont eu peur de perdre le dernier bastion non-indépendantiste. » La présidente de province sortante voit aussi dans les résultats une validation de son bilan de ces 7 dernières années : « On a géré la crise correctement, la province Sud a fait ce qu’il fallait même si tout n’a pas été parfait, on a fait le job pour amortir la catastrophe économique. »

Derrière, les deux listes « Kanaky pour tous », de l’UC-FLNKS, menée par Johanito Wamytan, suivie de l’Éveil océanien, de Milakuli Tukumuli, accèdent péniblement à la deuxième position. Ainsi, seuls trois candidats passent la barre des 5 %, contre quatre en 2019. Les huit autres listes, celles d’Arnold Lèques, Pascal Lafleur, Alain Descombels, Louis Mapou, Dominique Chazal, Walles Kotra, Philippe Dunoyer et Robert Kakue, sont éliminées. Il en est ainsi fini de l’UNI à l’assemblée de province, de Philippe Dunoyer, ex-Calédonie ensemble parti sous la bannière « Nous, Réunis ! ». Les loyalistes avaient ainsi 16 fauteuils au Congrès. Un tel résultat pourrait permettre d’obtenir, selon les sièges qui seront obtenus dans le Nord, la majorité (28 sièges).

  • Une « volonté de changement » en Province Nord 

Pascal Sawa, tête de liste UC-FLNKS, devance Paul Néaoutyine, chef de la province Nord depuis 1999. De 1 099 voix. L’UC-FLNKS récupère 10 418 suffrages exprimés, et l’UNI 9 319, le premier obtenant dix sièges, le second, neuf. Enfin, « Agissons ensemble pour le Nord », de Vanessa Wacapo, qui regroupait les loyalistes, prend trois sièges, stable par rapport à 2019. L’écart de voix est sensiblement le même qu’en 2019 entre l’UC-FLNKS et l’UNI, mais joue cette fois en défaveur de l’Union nationale pour l’indépendance. Pascal Sawa a réussi à rassembler autour de son nom.

Les deux autres listes, « Alternative Nord pour un pays souverain », d’Eugène Menrempon, de l’UPK, des anciens de l’UNI opposés à Bougival, ne parviennent pas à percer, tout comme « Faire Pays », de Maurice Waka-Awa, un nouveau mouvement lancé quelques mois avant le scrutin.

Mais tout se jouera lors de l’élection pour la présidence. L’UC-FLNKS ne dispose pas d’assez de sièges pour avoir la majorité. Il faudra faire alliance. Se fera-t-elle avec l’UNI ? Où les voix des représentants de la liste de Vanessa Wacapo se porteront sur Paul Néaoutyine ? Réponse en fin de semaine. En attendant, Pascal Sawa voit dans ces résultats « une volonté de changement à la tête de la province Nord »… Tout en précisant qu’il « n’y a pas de divergence politique avec l’UNI », notamment depuis que Paul Néaoutyine s’est « opposé clairement à Bougival ». Un « point fondamental » qui devrait permettre à ces deux mouvements politiques de « travailler ensemble sans problème ».

  • Dans les îles, Jacques Lalié éliminé, Mayra Naisseline et Mickaël Forrest à l’étal

Jacques Lalié n’a pas réussi son retour, entre déboires judiciaires et gestion épinglée par la Chambre territoriale des comptes. Avec 1 165 voix, « Union pour construire dans le consensus » ne parvient pas à se qualifier. C’est le duo familial, Omayra Naisseline de « Nation Autochtone », et Mickaël Forrest de la liste « UC-FLNKS Îles », qui arrivent en tête, avec respectivement 3 855 et 3 946 voix. Ils obtiennent le même nombre de sièges, à savoir six chacun. Seules 91 voix les séparent, Omayra Naisseline ayant fait le plein à Maré, et gagnant de nombreuses voix par rapport à 2019, et Mickaël Forrest à Lifou, en perdant à l’inverse, l’UC-FLNKS avait alors recueilli plus de 5 000 suffrages exprimés.

Wali Wahetra, qui tirait la liste « Palika Îles », prend deux sièges, avec 2 481 voix. Sans majorité claire, il va falloir nouer des alliances afin de trouver un accord autour du futur président des Loyauté, qui remplacera Mathias Waneux. De nombreux dossiers l’attendront, notamment la mauvaise situation financière et la problématique récurrente des transports. Le taux de participation, faible, atteint 54,92 %.

  • Pas de majorité absolue au Congrès

Ces résultats, encore provisoires, ne semblent pas donner aux anti-indépendantistes la majorité absolue au Congrès, chargé d’élire le gouvernement collégial calédonien. D’après les projections de l’AFP, les Loyalistes – Le Rassemblement remporteraient 24 des 54 sièges. Moins que les 26 sièges des listes indépendantistes, qui apparaissent toutefois divisées sur de nombreux sujets. L’UC-FLNKS totaliserait 16 sièges, l’Uni-Palika 7, la Dynamique autochtone, 3. L’Éveil océanien, parti communautaire wallisien, devrait reprendre, et même renforcer son rôle d’arbitre entre les deux bloc avec 4 sièges.

Avec Les Nouvelles Calédoniennes

 

 

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