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« Je sais ce que l’on doit au regard des Polynésiens, à leur relation à la mer »

Catherine Chabaud a été accueillie ce vendredi matin à Tahiti-Faa’a. La ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, en cinq jours de visite, veut « partager des expériences » et se laisser « inspirer » par les initiatives locales en matière d’économie bleue. Au programme : recherche, pêche, transport et industrie maritime, formation, surveillance, préservation des récifs, exploitation des fonds marins, protection de la haute mer… Et aires marines protégées. Un sujet sur lequel, malgré d’apparents débats, l’ancienne navigatrice assure que Paris et Papeete sont « alignés ». La France, précise-t-elle, a « un vrai leadership » sur la protection de la biodiversité marine, « et la Polynésie y est pour beaucoup”

Comité d’accueil républicain, ce vendredi matin à l’aéroport de Tahiti-Faa’a. Sur le tarmac, dans le salon d’honneur, ou dans l’aérogare, qui vibre au son des to’ere, une foule d’officiels, comptant le Haut-commissaire Alexandre Rochatte, le président Moetai Brotherson et son ministre des Ressources marines Taivini Teai. Couverte de colliers de fleurs à la descente de l’avion, Catherine Chabaud, la ministre déléguée à la mer et à la pêche, qui entame une visite de 5 jours, au pas de charge, comme souvent pour les envoyés du gouvernement central.

« Je sais ce que l’on doit au regard des Polynésiens, à leur relation avec la mer »

C’est le premier déplacement officiel en outre mer de cette ancienne navigatrice, première femme à boucler un tour du monde à la voile en solitaire et sans escale – et au passage à terminer un Vendée Globe -, que Sébastien Lecornu a nommée dans son gouvernement en octobre dernier. Or, comme elle le rappelle, les outre-mer pèsent pour 97% de la « dimension maritime de la France ». La Polynésie représente à elle seule 45%. Mais l’ancienne journaliste met plutôt en avant le poids culturel du fenua dans ce choix de déplacement. « Je sais ce que l’on doit au regard des Polynésiens, à leur relation avec la mer. C’est un peu ce que je viens chercher, l’inspiration, explique-t-elle. Alors bien sûr, on a un programme très chargé, parce que nous avons une feuille de route sur l’économie bleue en outre-mer pour regarder comment on peut nourrir l’économie du territoire avec la mer, accélérer ce développement économique. Mais on veut aussi regarder comment on préserve ici les coraux, comment on les replante, comment on crée des aires marines protégées. Je suis pleine de gratitude vis à vis de la Polynésie qui a créé cette vaste AMP. Donc je viens surtout partager des expériences et trouver de l’inspiration ». 

Le sujet des AMP devrait effectivement revenir régulièrement dans les cinq jours de visite, qui doit passer, entre autres, par le port de pêche. Un sujet qui fait débat depuis l’annonce de Moetai Brotherson de rajouter 500 000 km2 d’Aires marines à fort degré de protection au million déjà existant. Après les armateurs et marins hauturiers ou encore le Tavini, ce sont les hakaiki marquisiens qui se sont exprimés jeudi, cette fois pour soutenir la démarche. L’État, aux côtés de la Polynésie lors des premières annonces l’année dernière et très impliqué dans les discussions autour Tainui Atea et des aires qui ont été crée en son sein, et qui attendent toujours des plans de gestion, s’est prudemment tenu à l’écart des nouvelles annonces ces dernières semaines. Paris et Papeete sont-ils sur la même ligne sur ce sujet ? Ce n’est pas ce que laissaient penser les récurrentes sorties de Moetai Brotherson, qui considère que Paris n’appuie pas suffisamment le Pays dans cet effort de protection des eaux, que ce soit en matière de financements ou de surveillance. Récemment, le président demandait à Paris, dans un long entretien accordé à la revue internationale et stratégique, « de reconnaître que le Pacifique n’est pas un théâtre mais un sujet politique et que nous sommes l’une de ses voix légitimes ».

« On a beaucoup de choses à partager »

Pas de débat à la sortie de l’avion pour Catherine Chabaud. « Je pense que l’on est vraiment alignés. La France est très active, en particulier sur la question de la protection de la biodiversité en haute-mer, au delà des zones économiques exclusives. On a pris, avec la Polynésie française, et grâce à notre engagement collectif, un vrai leadership sur ces questions de préservation de la biodiversité, de la colonne d’eau, des fonds marins… Je crois que le président est très attaché, aussi, à la pause de précaution, on en discutera, sur l’exploitation des fonds marins… On a beaucoup de choses à partager, et ce leadership doit beaucoup à la Polynésie française, donc je pense que les échanges seront très fructueux ».  

Catherine Chabaud qui a on le disait un programme chargé : rencontres institutionnelles ce vendredi matin, visite du JRCC, de la base navale, de la base aérienne et de l’Aranui dans la foulée. Journée à Moorea samedi, en présence de membres de l’Ifrecor Polynésie, et avec un passage chez Coral Gardener, au Fare Natura, et au lycée agricole qui inaugure son nouveau bac pro maritime : déplacement à Raiatea dimanche, et passage par Mahina en fin de journée ; journée à Presqu’île lundi, du côté de Mataiea et son rahui, du chantier de Nautisports, du centre technique aquacole de Vairao, de l’Ifremer, entre autres ; visite du port de pêche, du seam et du Vaitere II mardi avant un passage par le Swac du CHPF et le centre des métiers de la mer.

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