ACTUS LOCALESPOLITIQUE « On aura un bassin de 50 mètres aux normes internationales sur Mama’o » Charlie Réné 2026-06-26 26 Juin 2026 Charlie Réné « Des vagues il y en a eu assez » dans le dossier des piscines de Tahiti 2027. Le ministère des Sport, le COPF et le Coj espèrent les calmer en annonçant, ce vendredi, une décision commune et finale sur les épreuves de natation. Plutôt qu’à Aorai, implantation évoquée mi-mai mais qui ne tenait pas dans le calendrier, ce sera à Mama’o que sera monté un bassin aux normes olympiques, qui permettra l’homologation des records et minima mondiaux. Le chiffrage et le calendrier précis de ce projet « allégé » sont encore travaillés, les discussions se poursuivent sur le bassin d’échauffement et sur d’éventuels gradins pour le public… « On s’est pour l’instant concentré sur ce qui est essentiel à la tenue de la compétition », précise Vanina Pommier, « confiante » comme les autres acteurs des Jeux, dans la tenue des épreuves. Ça n’est pas encore la fin du feuilleton, mais le Pays, le Coj, l’État et le COPF voudraient au moins couper court aux spéculations. Ce vendredi matin, la ministre des Sports Vanina Pommier et les grands acteurs de l’organisation de Tahiti 2027 ont pris la parole ensemble pour annoncer que « le bassin des épreuves de natation des Jeux du Pacifique sera installé à Mama’o ». Un bassin unique, mais aux normes olympiques, avec 50 mètres de long et 10 couloirs, précise la membre du gouvernement, qui parle d’un « projet allégé, mais qui permettra l’accueil de toutes les délégations dans les normes internationales ». Ce qui constituait les exigences minimales du Conseil des jeux du Pacifique et de la fédération locale et océanienne de natation, soucieux de pouvoir homologuer les éventuels records et minimaux internationaux qui pourraient être établis pendant la compétition. « Partir sur Aorai, c’était refaire les études » Au COPF, on espère que cette annonce commune, à un an et un mois des Jeux, va permettre de « mettre fin aux discussions, aux malentendus, et aux sous-entendus », et de « désembrouiller » l’opinion sur cet épineux sujet des piscines. Et il est vrai qu’il y a de quoi s’y prendre : l’organisation tablait dès 2019 sur la construction d’un centre aquatique flambant neuf à Aorai, avec deux bassins et d’autres équipements pour devenir le QS territorial de la natation. Le projet, jugé trop coûteux et mal positionné, avait pourtant été annulé en 2023 par Nahema Temarii, qui, après de longues études, avait orienté l’épreuve vers deux bassins démontables, qui, à défaut de pouvoir être installés à Tipaerui, iraient à Mama’o, derrière l’actuel Parc expo. Les plans se sont précisés sous son successeur au ministère des Sports, Kainuu Temauri, qui avait fini, une fois les marchés lancés et le rétroplanning final avancé, par geler la commande et le projet, pour cause de calendrier trop serré. « Il y avait un risque trop important », confirme aujourd’hui Vanina Pommier, alors conseillère technique. Sauf que l’option de rechange d’abord retenue, des épreuves en mode dégradé dans la vieille piscine de Tipaerui, a fait l’objet d’une fin de non-recevoir par le monde sportif et par le conseil des jeux, le PGC, avec qui la nouvelle ministre des Sports, nommée en mai, a immédiatement entamé des discussions. Le 17 mai dernier, aux côtés du président du Coj, Moetai Brotherson annonce que le site de Aorai avait désormais les faveurs des organisateurs, pour accueillir non pas deux mais un bassin. « Les options restent ouvertes », précisaient alors le ministère, indiquant devoir travailler avec « tous les partenaires » pour confirmer le projet. Dans le milieu politique, le débat n’a pas cessé depuis : certains notent, depuis l’assemblée, que Pays n’a pas pris soin de tenir au courant les propriétaires du terrain d’Aorai, en l’occurrence l’archevêché, que le calendrier est devenu trop court pour relancer des marchés en bonne et due forme… « Quand je vais en ville, on ne me parle que des bassins de natation, s’agace Louis Provost, le président du COPF. ‘Est-ce qu’il y aura la piscine, est-ce qu’il y aura les jeux, on entend dire… Aujourd’hui il faut être clair : on est à un an des jeux, on a une consigne du PGC, on doit l’appliquer pour que ces jeux soient réalisés. Donc il n’y a qu’un seul lieu qui puisse accueillir, avec des modifications, certes, mais validées par la fédération et le PGC, c’est Mama’o. Pourquoi ? Parce que Mamo a déjà les études réalisées. Partir sur Aorai, c’était refaire les études, quand bien même il y avait un projet de centre aquatique. Les études ne sont pas les mêmes. Donc la solution la plus pratique, c’est Mama’o, et on reste fixés. Et on a décidé, désormais, pour tout ce qui a trait à des décisions concernant les Jeux du Pacifique, de se réunir entre le ministère, le COPF, le Coj, pour une seule concertation et une seule concertation ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/JEUX-2.wav Gradins et bassin d’échauffement encore en discussion Autour de la table, on trouve aussi le chef de la Mission d’appui technique jeunesse et sports du Haut-commissariat. Car l’État est toujours un partenaire important dans les chantiers des Jeux et dans ce projet en particulier, avec une enveloppe prévisionnelle qui a été maintenue à 2,2 milliards de francs, répartie à 50/50. L’ancien projet de Mama’o risquait d’atteindre les 2,6 milliards, et même si le Pays pourrait tout de même commander les deux bassins – leur repositionnement pérenne en phase « héritage » après les Jeux est une condition importante aux subventions nationales – les nouveaux plans permettent de ramener les coûts dans les prévisions d’origine. Il faut dire qu’ils ont été simplifiés au maximum : un bassin hors sol, une plateforme pour y accéder et accueillir les délégations sportives. Tout le complexe de vestiaires et d’accueil du public qui devait être construit autour a été laissé de côté. « On s’est concentré sur ce qui est essentiel à la tenue de la compétition », pointe la membre du gouvernement. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/JEUX-2.wav Une compétition sans public, donc ? Pas si sûr : des discussions doivent être menées entre les différents acteurs pour voir « ce qui est possible de faire » pour monter des gradins à proximité, ou en tout cas permettre aux supporters de suivre les courses. Le projet ne comprend pas non plus de deuxième bassin pour l’échauffement et la récupération. Le Coj et le Pays attendent, sur ce point et avant le mois d’août, des précisions de la part du PGC et des fédérations de natation sur leurs exigences précises en la matière. « Ce sont des étapes qui arrivent pour la suite, reprend la ministre. Mais l’essentiel, c’était de répondre aux plus grosses interrogations : on aura un bassin de 50 mètres aux normes internationales sur Mama’o ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/JEUX-3.wav « Pas trop inquiet » pour les autres chantiers Même si le projet n’a pas encore de calendrier et de chiffrage précis – en tout cas pas communicable pour l’instant, Vanina Pommier, qui s’attend comme d’autres acteurs de l’organisation à « ne pas beaucoup dormir » dans les prochains mois entre ce chantier et les autres, se dit « confiante ». Surtout au vu du travail des entreprises locales sur les autres sites en travaux. Du côté du COPF, c’est surtout la nouvelle méthode de travail et les réunions hebdomadaires qui rassurent. Pas d’inquiétude pour le tennis – qui a été rapatrié à l’AS Dragon et au complexe Fautaua au lieu de Phénix -, ni pour l’athlétisme – pour lequel un stade olympique est en construction à Hitia – ni même pour les sports de raquettes qui iront dans de nouvelles structures en construction à Pater et à Faa’a. Et « pas trop inquiet » pour la natation. « Des vagues il y en a eu assez, déclare Louis Provost. Les prochaines, on veut les faire en compétition l’année prochaine dans le bassins ».