
Le Pays renonce à supprimer les giratoires de Gadiot, de Taaone et de Aorai. En revanche, le ministre Jordy Chan veut prolonger la « troisième entrée Est de Papeete », celle qui part de l’avenue du Chef Vairaatoa. Placée en parallèle de l’avenue du Général de Gaulle, elle permettra de fluidifier la circulation et de desservir le futur centre-ville de Pirae. Un chantier en plusieurs phases qui a démarré ce mardi par la construction d’un pont de 18 mètres de large au-dessus de la rivière Hamuta, entre le Parc Aorai Tini hau et le site qui accueille le nouveau marché.
C’est Edouard Fritch, le maire de Pirae qui va être content. Finalement le gouvernement qui envisageait en aout dernier de supprimer les giratoires de Gadiot, du Taaone et d’Aorai pour fluidifier le trafic et d’y mettre à la place des feux tricolores a dû abandonner cette idée. D’après le ministre des Grands Travaux, Jordy Chan, les études de trafic effectuées au premier semestre de cette année « ne sont pas satisfaisantes. » Les simulations ont révélé un nombre trop important de véhicules tournant à gauche en sortie de Papeete: il parle d’au moins 400 véhicules par heure, aux heures de pointe, au niveau du giratoire de Taaone. Ce qu’il envisage désormais, c’est donc de le remplacer par un projet de prolongement de « la troisième entrée Est de Papeete ».
Un nouveau pont sur la rivière Hamuta « d’ici fin 2025 »
Entendez par là l’extension d’un axe routier qui existe donc déjà, explique le ministre: » Il s’agit de relier directement la route du parc au rond-point de Araka, en passant par l’ancien terrain militaire. Car aujourd’hui, pour entrer dans Papeete via la côte est, trois solutions s’offrent aux usagers : côté montagne via la rue Ariipaea Pomare, au milieu par l’avenue Charles de Gaulle dite Prince Hīnoi, ou par l’avenue du chef Vairaatoa à Taunoa. » Le projet était déjà dans les cartons de l’ancienne mandature.
En pratique, le Pays va donc aménager au moins 500 mètres de route supplémentaire entre le rond point de Araka et l’espace vide qui sert de parking aux usagers du parc Aorai Tini hau. Et la première étape de ce chantier c’est donc la construction d’un pont au-dessus de la rivière de Hamuta, pour 132 millions de francs. « Ce sera un pont qui fera 18 mètres de large, avec une emprise assez conséquente pour accueillir les trottoirs et pistes cyclables. Il fera 10 mètres de portée et environ de 2,5 mètres de hauteur libre. Il sera dimensionné pour résister à une crue centennale », précise Marc Pasquier, ingénieur à la Direction de l’équipement.
Un choix d’implantation réfléchi, sur un foncier encore libre, et qui permet de gagner du temps selon les experts: « Ici, pas de réseaux à déplacer ni de trafic à gérer. Le pont peut être livré d’ici fin 2025. » Les travaux débutent dès cette semaine et devraient durer environ six mois pour la construction du pont. La voirie elle-même sera aménagée à partir du second semestre 2026, une fois que les travaux d’assainissement prévus par la communauté de communes seront terminés. L’ensemble du projet doit être livré avant les Jeux du Pacifique en juillet 2027. Pour le ministre, ce projet – qui ne faisait pas partie des projets d’aménagements routiers qu’il ambitionnait de lancer dans les cinq prochaines années – devrait permettre, en plus d’alléger la circulation, de mieux desservir le futur centre-ville de Pirae. Coût estimatif du pont 132 millions ausquels vont s’ajouter 400 à 500 millions pour les travaux de voirie.
C’est donc le maire de Pirae, Édouard Fritch, qui devrait être satisfait. Il avait marqué son opposition au projet d’extension de « l’onde verte » dès son annonce, et le répétait encore ce mardi matin : « Je ne veux pas qu’on touche à mes ronds-points ! Les ronds-points ont amélioré le flux de circulation, alors que le cumul de ronds-points et de feux tricolores, on ne sait pas ce qu’il peut se passer. Je pense que garder les ronds-points c’est la meilleure solution. »