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Préavis de grève chez Redion : la direction dit être « confiante sur l’issue des négociations »

L’antenne locale de Redion, anciennement Europ-assistance, groupe spécialisée dans les évacuations sanitaires internationales et les soins infirmiers à domicile, fait face à un préavis de grève déposé par le syndicat Otahi, dans un contexte de tensions sociales jugées persistantes depuis la fin de l’année 2025. Les 17 revendications portent notamment sur les salaires, les primes et les conditions de travail. Direction et syndicat espèrent parvenir à un accord avant l’échéance dimanche à minuit.

Après les salariés de Newrest, mobilisés à l’appel des syndicats CSIP, CSTP-FO et O Oe To Oe Rima, les employés de Redion, ex-Europ Assistance, ont à leur tour déposé un préavis de grève ce lundi. Otahi, seul syndicat représentatif au sein de la société, dénonce une « dégradation profonde et continue du climat social au sein de l’entreprise depuis la fin de l’année 2025 ». Redion assure notamment la gestion des évacuations sanitaires internationales et exploite un service de soins infirmiers à domicile (SSIAD). Ses équipes accompagnent des patients en perte d’autonomie afin de garantir le suivi et la coordination de leurs soins. Actuellement, 77 patients répartis sur l’ensemble de Tahiti bénéficient de cette prise en charge, précise la directrice générale, Marine Noguier.

Pour le syndicat Otahi, le climat social avec la direction s’est fortement dégradé ces derniers mois. Les représentants du personnel « multiplient les alertes, les demandes d’explications et les appels au dialogue » auprès de la direction « depuis plusieurs mois ». Le préavis de grève recense au total 17 revendications. Les salariés réclament notamment le remplacement de l’actuelle prime de fin d’année par un treizième mois, la mise en place d’une prime carburant, la revalorisation de la prime de repas, le rétablissement de la majoration pour le travail de nuit ainsi qu’un renforcement des effectifs ambulanciers. Le document aborde également plusieurs situations individuelles, dont un licenciement contesté et une évaluation professionnelle jugée problématique.

« Nous mettons tout en œuvre pour qu’une solution soit trouvée »

Selon Marine Noguier, une première réunion s’est tenue jeudi afin de permettre aux représentants du personnel de présenter leurs revendications. Une nouvelle rencontre est prévue samedi matin dans l’espoir de parvenir à un accord avant le début de la grève, annoncée pour dimanche à minuit. « Nous avons eu une très bonne discussion hier. Les échanges ont été constructifs. L’objectif est de lever un maximum de points de blocage et de répondre, dans la mesure du possible, aux demandes formulées afin de trouver un compromis », explique-t-elle. « Nous ne souhaitons évidemment pas ce mouvement de grève et mettons tout en œuvre pour qu’une solution soit trouvée. »

La direction sait que certaines revendications vont « supposer des coûts ». « On est sous convention avec la CPS. On est une entreprise privée, mais on a une mission de service public, de continuité de soins. On dépend d’argent public et donc, on veille scrupuleusement à la façon dont l’argent est dépensé », explique encore la directrice générale. « Là, on est en train de faire un travail, de chiffrer certaines revendications qui sont nécessaires avant toute prise de décision. Parce que l’impact in fine pourrait être une augmentation du coût des évasanes, si on n’était pas capable de rester dans une masse salariale qui reste convenable. »

Mise en place d’un « plan de continuité »

Marine Noguier rappelle que l’entreprise « ne vend pas des bonbons » et que, « leur mission première, c’est de sauver des vies ». Si une personne souffre de problèmes cardiaques très sévères et qu’elle doit obligatoirement être évasanée en moins de quatre heures et « qu’on n’est pas capable de le faire parce qu’on n’a pas suffisamment d’ambulanciers, c‘est une perte de chance importante pour le patient », note la direction qui indique avoir tout de même « défini un plan de continuité » pour continuer à assurer les missions tout en restant « confiante sur l’issue des négociations ».

Du côté du syndicat, « les représentants du personnel considèrent que la situation a atteint un niveau de gravité qui menace la stabilité sociale de l’entreprise, sa pérennité économique et la sauvegarde des emplois ».

 

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