
Après les collèges et lycées ce mardi, ce sont les élèves des écoles maternelles et primaires ainsi que les CJA qui retrouvent le chemin des classes ce mercredi. Une rentrée marquée par les messages musclés du ministre de l’Éducation à l’égard des parents d’élèves, invités entre autres, à ne pas prendre l’école pour une « garderie », et à aller chercher leur enfant à l’heure plutôt que d’aller jouer au « bingo ». Ronny Teriipaia tempère ce mardi, assurant vouloir mieux impliquer les parents pour la réussite des élèves, mais assume tout de même son appel à la rigueur.
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“Qu’ils assument, au lieu d’aller jouer au bingo ou à autre chose ». La sortie télévisée de Ronny Teriipaia – sur Polynésie la 1ere et TNTV lors des traditionnelles interviews de rentrée – à l’égard des parents a fait beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux, et n’a pas manqué d’alimenter les premières discussions de sortie de classe ce mardi. Alors que les élèves de primaire et maternelle attendent encore de retrouver les bancs de l’école ce mercredi, le ministre de l’Éducation a précisé ses propos, à l’occasion d’une conférence de presse sur le programme Firi Anoihi à la présidence. « Les parents font partie de cet écosystème qui permet aux enfants de réussir leurs études, ce sont des partenaires privilégiés, explique l’ancien instituteur. Encore une fois je ne suis pas là pour gronder les parents. Je suis là pour leur rappeler leur responsabilité parce qu’ils contribuent aussi à la réussite de leur enfant. Si chacun y met du sien, forcément nos enfants vont réussir, dans les meilleures conditions possibles ».
L’agrégé de reo Tahiti est non seulement un habitué aux sorties polémiques – sa mise en examen pour provocation à la haine raciale en est un symptôme – mais aussi des interpellations de parents d’élèves. L’année dernière, là encore, au moment de la rentrée, Ronny Teriipaia regrettait au micro de Radio 1 qu’ils « n’entrent même plus dans les maternelles avec leurs enfants pour leur premier jour, ou qui rentrent et qui restent sur leur portable pendant tout ce temps ». « On a l’impression que certains ne s’intéressent plus du tout à l’école, que c’est seulement le travail des enseignants de s’occuper des enfants, que l’école c’est une garderie. Non ! », poursuivait-il.
« L’école ça n’est pas une garderie »
Le discours n’a pas changé et vient répondre, cette année, aux questions sur les modifications d’horaire au sein des écoles. Les nouveaux rythmes scolaires, fixés l’année dernière puis annulés par le tribunal administratif pour défaut de consultation syndicale, ont été rétablis à l’identique. Mais le ministre a signé en plus, courant juin, un arrêté supprimant l’obligation faite aux enseignants des maternelles et primaires de surveiller les élèves 10 minutes avant le début des cours et 10 minutes après la fin de la classe. Le ministre assure que les écoles ne vont pas laisser les enfants à l’abandon dès le retentissement de la cloche, rappelle que les communes sont compétentes pour ce qui se passe à la sortie des établissements… Mais insiste surtout sur l’obligation des parents d’arriver à l’heure pour récupérer les élèves. Quant au fond de la décision, Ronny Teriipaia s’en libère : « C’est juste l’application des textes de loi, ça devait être appliqué depuis 2008 et on l’a fait, tranche-t-il. C’est un rappel aux parents de prendre leur responsabilité pour récupérer leurs enfants à l’heure : l’école ça n’est pas une garderie ».
Dans sa lettre de rentrée, Ronny Teriipaia remettait en avant le concept de « coéducation » : « Quand un enfant voit que ses parents s’interesse à sa scolarité, ça lui permet de mieux réussir et ça permet de raccrocher certains enfants, précise-t-il. C’est vrai que certains parents sont un peu en rupture avec l’institution de par leur parcours. Mais le biais des langues et de la culture polynésienne permet de raccrocher ces parents, parce qu’ils s’y reconnaissent. C’est la raison pour laquelle on met en place une école qui rassemble et qui nous ressemble ».