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Sur Facebook, les victimes d’arnaque se transforment en escrocs

« Aide financière non remboursable », un intitulé qui fleurit sur Facebook, où de prétendus philanthropes font miroiter des millions – si ce n’est des milliards de francs -moyennant des « frais de dossier », plus légers mais bien réels. Un couple de Mahina s’est laissé tenter et comme il fallait s’y attendre, ils se sont fait arnaquer. Mais au lieu de faire profil bas, ils ont décidé de reprendre l’arnaque à leur compte, et ont escroqué à leur tour des dizaines de Polynésiens. D’abord en reversant une partie de leurs gains sur des comptes métropolitains, puis à leur compte. Ils ont été condamnés ce mardi à 12 mois de prison avec sursis.

Un couple de Mahina, Marc, 42 ans et Poeti, 33 ans, tombe sur un post Facebook promettant une aide financière non remboursable. Un post qui tombe à pic, car si Marc travaille et perçoit un salaire de 200 000 francs mensuel, sa compagne, elle, ne travaille pas. Un petit coup de pouce financier serait donc le bienvenu, d’autant qu’ils ont deux enfants. Ils rentrent en contact avec le généreux bienfaiteur numérique, un philanthrope comme il y en a tant sur les réseaux sociaux, et demandent un « prêt » – ou plutôt un don – de 20 millions. Pas de souci, ils sont éligibles. Ils leur suffit juste de donner leurs coordonnées bancaires et de verser 45 000 francs pour l’ouverture du dossier. Ils s’exécutent.

Des demande d’aide jusqu’à un milliard de francs

Au bout de quelques temps ne voyant rien venir le couple reprend contact avec le « prêteur » qui leur tient à peu près ce langage : « Si vous voulez être remboursés vous n’avez qu’à rentrer dans la combine. » Ce que le couple fait. Les deux apprentis escrocs se mettent à, eux aussi, a percevoir des versements pour « ouverture des dossiers »… Et reversent les sommes sur un compte en métropole empochant au passage 10% sur chaque transaction. Au total ce sont cinq millions qui ont été ainsi virés vers un compte métropolitain.

Voyant que la combine marchait plutôt bien, une idée germe dans leur tête. Pourquoi se satisfaire de 10% alors que l’on pourrait barboter l’intégralité des sommes versées ? Ils passent à l’acte et arnaquent ainsi, durant un an, une soixantaine de victimes pour un montant d’environ deux millions. Ce mardi, seules quatorze victimes du couple s’étaient portées partie civile. Leurs profils ? Des gens simples, de tous les âges, influençables et surtout crédules, dont certains ont demandé des prêts allant jusqu’à un milliard. « Comme on dit, qui ne tente rien n’a rien » avouera l’une des victimes qui toutefois, se « doutait d’une arnaque. » Parmi eux quelques uns sont allés jusqu’à verser plus de 300 000 francs pour bénéficier du prêt. Tous ont demandé 100 000 francs au titre du préjudice moral sauf un qui a réclamé 500 000 francs.

« Même le père Noël… »

À la barre, le couple adopte la posture du pénitent. Tous deux expliquent comment d’escroqués ils sont passés à escrocs devant un juge qui ne cache pas son étonnement : « Vous croyez que l’on va vous donner 20 millions sans devoir les rembourser ? Même le père Noël ne vous les donnera pas… Franchement on peut pas croire une chose pareille ! »

Il poursuit, « Vous avez fait quoi avec l’argent ? » Les deux, embarrassés, « Ben des trucs pour la maison, un écran plasma et des boombox. » Le magistrat lève les yeux au ciel « Et comment vous allez rembourser vos victimes ? » « On va chercher un moyen. » Après en avoir délibéré le tribunal a condamné le couple à 12 mois de prison avec sursis avec obligation de rembourser les victimes.