
Avis de travaux à Vaitavere. Ni sur le parcours santé, ni sur la route de côte très empruntée par des centaines de sportifs, mais sur le cimetière municipal du haut de la montée, qui après moins de dix ans d’exploitation, est déjà tout proche de la saturation. « Malheureusement la période Covid a un peu faussé tous nos calculs », explique le maire Simplicio Lissant, qui a donc posé la première pierre ce matin, d’un chantier d’extension.
Vue d’artiste du projet ©Mairie de Punaauia
Crematorium : « Juridiquement les verrous sont presque tous levés »
Et pour couvrir ces besoins, Punaauia veut aussi se doter d’un crématorium, qui sera installé au milieu du nouveau site, entre deux plateaux de caveaux. En débat depuis des années, ces infrastructures n’existent toujours pas en Polynésie, et Punaauia avait déjà signifié qu’elle souhaitait s’équiper, comme d’ailleurs Pirae, qui l’a réaffirmé il y a quelques jours. La réglementation encadrant les crémations doit avant ça être finalisée par des arrêtés d’application. « Mais aujourd’hui les choses ont bien avancé, mis à part quelques petits détails. Juridiquement les verrous sont presque tous levés pour imaginer la création d’ici un à deux ans de ce crematorium qui, j’en suis certains, est attendu par bon nombre d’entre nous, explique Simplicio Lissant. J’ai une pensée particulière pour toutes les familles qui font ce choix, et qui aujourd’hui sont obligés d’envoyer leurs corps en Nouvelle-Zélande à des coûts qui dépassent l’entendement ».
Les coûts de crémation en Nouvelle-Zélande peuvent dépasser le million de francs, voyage compris. La nouvelle installation, dont la mairie n’a pas encore décidé si elle sera gérée en régie ou par un prestataire, devrait offrir une solution plus économique, mais aussi plus sereine. Simplicio Lissant évoque la création d’un « jardin du souvenir » qui permettra la dispersion des cendres des défunts, toujours dans le cadre « idyllique » de Vaitavere.
Car la mairie assure ne pas vouloir « dénaturer » la zone, appréciée des promeneurs et sportifs, avec ce grand projet. Les plans ont d’ailleurs été modifiés pour préserver la partie de forêt qui longe le haut de la route, et qui accueille notamment des u’upa, les pigeons verts de Tahiti, entre autres espèces végétales et animales à protéger. Pas question de gâcher Vaitiavere, « premier pas avant le paradis » comme on le dit à la mairie.
