ACTUS LOCALES

Un crématorium et un millier de places de cimetière en haut de Vaitavere

Le tavana de Punaauia Simplicio Lissant a posé ce matin la première pierre du chantier d’extension de cimetière municipal des hauts de Vaitavere, aujourd’hui saturé. Il s’agit de « répondre à l’urgence » mais aussi de voir plus loin : le plateau supérieur devrait accueillir 46 nouveaux emplacements d’ici la fin de l’année, puis, avant 2027, près de 300 concessions et une centaine d’enfeus supplémentaires, accompagnés de parkings et d’aménagements paysagers. Surtout, la mairie espère que les derniers « verrous juridiques » sautent pour construire sur le site un crematorium, « attendu par beaucoup d’entre nous ».

Avis de travaux à Vaitavere. Ni sur le parcours santé, ni sur la route de côte très empruntée par des centaines de sportifs, mais sur le cimetière municipal du haut de la montée, qui après moins de dix ans d’exploitation, est déjà tout proche de la saturation. « Malheureusement la période Covid a un peu faussé tous nos calculs », explique le maire Simplicio Lissant, qui a donc posé la première pierre ce matin, d’un chantier d’extension.

Un milliers de places en plus
Un chantier « ambitieux » qui doit à la fois « répondre à l’urgence » – les autres cimetières municipaux sont eux aussi pleins – et donner de la perspective sur le long terme à la ville. 46 emplacements en pleine terre – très demandés par les administrés, et pouvant accueillir trois défunts chacun – vont être être creusés d’ici la fin de l’année sur un plateau supérieur au cimetière actuel, où les terrassement sont déjà en cours. Les 65 millions de francs de dépenses sont pris en charge aux deux tiers par l’État au travers du fonds exceptionnel d ‘investissement. Et la commune compte aussi sur le soutien du Haut-commissariat pour la suite. Car ce plateau sera étendu par deux fois entre 2026 et 2027, pour accueillir 488 concessions de trois places et 98 enfeus individuels ou familiaux. Au total, c’est plus d’un millier de places de cimetières supplémentaires qui doivent être créé dans la commune, qui reçoit entre 90 et 100 demandes d’inhumation chaque année. S’ajoutent des aménagements paysagers, un nouveau parking et un ossuaire. Coût total : environ 550 millions de francs, même si le montant exact et la répartition des financements restent à être précisés. Un projet « bien dimensionné pour les besoins de la commune », précise Simplicio Lissant pour qui l’objectif est de couvrir les besoins d’inhumation pour « au moins pour les 15 prochaines années » :

Vue d’artiste du projet ©Mairie de Punaauia

Crematorium : « Juridiquement les verrous sont presque tous levés »

Et pour couvrir ces besoins, Punaauia veut aussi se doter d’un crématorium, qui sera installé au milieu du nouveau site, entre deux plateaux de caveaux. En débat depuis des années, ces infrastructures n’existent toujours pas en Polynésie, et Punaauia avait déjà signifié qu’elle souhaitait s’équiper, comme d’ailleurs Pirae, qui l’a réaffirmé il y a quelques jours. La réglementation encadrant les crémations doit avant ça être finalisée par des arrêtés d’application. « Mais aujourd’hui les choses ont bien avancé, mis à part quelques petits détails. Juridiquement les verrous sont presque tous levés pour imaginer la création d’ici un à deux ans de ce crematorium qui, j’en suis certains, est attendu par bon nombre d’entre nous, explique Simplicio Lissant. J’ai une pensée particulière pour toutes les familles qui font ce choix, et qui aujourd’hui sont obligés d’envoyer leurs corps en Nouvelle-Zélande à des coûts qui dépassent l’entendement ».

Les coûts de crémation en Nouvelle-Zélande peuvent dépasser le million de francs, voyage compris. La nouvelle installation, dont la mairie n’a pas encore décidé si elle sera gérée en régie ou par un prestataire, devrait offrir une solution plus économique, mais aussi plus sereine. Simplicio Lissant évoque la création d’un « jardin du souvenir » qui permettra la dispersion des cendres des défunts, toujours dans le cadre « idyllique » de Vaitavere.

Car la mairie assure ne pas vouloir « dénaturer » la zone, appréciée des promeneurs et sportifs, avec ce grand projet. Les plans ont d’ailleurs été modifiés pour préserver la partie de forêt qui longe le haut de la route, et qui accueille notamment des u’upa, les pigeons verts de Tahiti, entre autres espèces végétales et animales à protéger. Pas question de gâcher Vaitiavere, « premier pas avant le paradis » comme on le dit à la mairie.

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