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Pour Abel Temarii, Pirae a besoin d’un tavana « disponible » et « plus axé sur l’humain »


Le premier adjoint d’Édouard Fritch a confirmé ce samedi qu’il serait candidat aux municipales de 2026. S’il dit n’avoir « aucune animosité » envers le tavana sortant et chef de file du Tapura, il estime que Pirae a besoin d’un maire sans parti à gérer ou fonctions à Tarahoi, et capable d’être plus proche des « réalités de la vie ». Contestant la vision actuelle du futur cœur de ville de Pirae, où il voudrait voir naître un « village culturel » avec musée, marché et paepae, Abel Temarii, aussi connu pour son engagement dans le sport, entend ouvrir sa liste à toutes les sensibilités politiques.

« Je n’ai pas vu venir la chose », disait Édouard Fritch sur le plateau de Radio1 en avril. « J’ai été très transparent avec lui il y a déjà quelques années » corrige ce samedi Abel Temarii. Le premier adjoint assure avoir annoncé dès mars 2023 à son tavana, alors toujours président du Pays, que la « mairie de Pirae l’intéressait ». « Il m’a dit ‘oui’, c’est normal, c’est justifié, explique celui qui fait partie de l’équipe dirigeante depuis une dizaine d’années. Ensuite en février 2024, il a changé d’avis ». Lui non : Abel Temarii, qui avait réuni une poignée de soutiens à l’amphithéâtre de l’IJSPF ce samedi matin, sera bien candidats aux prochaines municipales. Et il le sera contre son actuel tavana. 

« Une commune de 15 000 habitants, ça n’est pas rien, il faut être là tous les jours »

Pourtant, cet ancien policier municipal de 65 ans, connu pour son engagement dans le volley-ball, dont il préside le club de Pirae et la fédération depuis plus de 20 ans, dit n’avoir « aucune animosité » envers Édouard Fritch. Il assure même n’avoir « pas vraiment de choses à reprocher » à celui qui a été réélu maire avec 68,5% des voix en 2020. Pas directement en tout cas. Mais le premier adjoint – qui en remercie d’ailleurs le tavana de le maintenir à ce poste malgré ses ambitions politiques – axe son discours sur la « disponibilité ». Et on devine, même s’il évite toute attaque frontale, qu’il reproche à Édouard Fritch, qui n’est plus président du Pays mais toujours président du Tapura et du groupe des rouge à Tarahoi, d’en avoir manqué.

« Je suis foncièrement contre le cumul des mandats, c’est peut-être là la différence : moi je veux m’occuper que de ma commune, explique-t-il. Je n’ai rien à faire à Tarahoi, il faut laisser les autres y aller. Une commune de 15 000 habitants, ça n’est pas rien, il faut être là tous les jours, aller chez les gens, les écouter, faire ce qu’il y a à faire… Quand est ce que tu as le temps de le faire si tu dois aller à Tarahoi ? C’est mon opinion. On a beaucoup de maires qui se sont fait chahuter comme ça parce qu’ils s’occupaient pas de leur commune. C’est une leçon ».

Une leçon adressée au chef de fil du Tapura, devenu maire en 2000 dans la foulée de Gaston Flosse, battu par Béatrice Vernaudon le temps d’un mandat entre 2008 et 2014 et qui disait, il y a quelques semaines encore avoir « besoin de l’énergie que dégage Pirae », commune où « a été conçu l’autonomie ». Abel Temarii est lui aussi membre du Tapura – « pour l’instant », rigole-t-il – mais il explique que sa liste « déjà prête aux deux-tiers » accueillera « tous ceux qui sont actifs dans les quartiers », même s’ils sont Tavini.

Être plus en phase avec « les réalités de la vie »

Au premier rang ou sur l’estrade de l’amphithéâtre, ce samedi, on croise Keehi Wong-Tetuanui, adjointe à l’Éducation et seule autre conseillère sortante aujourd’hui rallié à cette dissidence. Ou Mélinda Bodin, « cousine » d’Abel Temarii, connue pour sa fédération des pensions de famille. Ou encore le tavana de Makemo Félix Tokoragi, qui explique que Abel Temarii a fait de sa fille une championne de Polynésie en volley-ball, et qu’il vient saluer « un homme d’action et de parole ». Faut-il voir dans cette dernière présence un rapprochement du candidat de Pirae avec A here ia Porinetia, qui cherche des têtes de listes pour les municipales ? Non, répondent les deux hommes. Les partis, « ce n’est pas un critère important pour moi », insiste Abel Temarii, « je suis libre ».

Libre, disponible, et accessible. C’est en tout cas le discours de celui qui assure qu’un maire doit « aller voir les gens chez eux » pour « discuter les yeux dans les yeux ». « Il ne faut pas faire venir les gens tout le temps faire la queue dans une mairie : il faut dire, ‘où tu es là, je viens, fais le café' », précise-t-il. Plus généralement, le candidat veut « remettre l’humain au centre » de la gestion d’une commune. « On a toujours voulu faire des choses extraordinaires, mais en oubliant quel est l’intérêt vraiment de l’administré, en matière de cadre de vie, de sécurité… Il ne faut pas faire des choses qui ne correspondent pas à la réalité de la vie »

Un village culturel avec musée et paepae plutôt qu’un cœur de ville bétonné

Avec Édouard Fritch, « on a pas la même vision du développement de notre commune », résume Abel Temarii, qui veut, entre autres, remettre la culture au centre de ce développement. Et dans un projet en particulier : le futur « coeur de ville » de Pirae, que la mairie veut commencer à faire construire à partir de la fin 2026 sur les anciens terrains du Comsup’. Nouveau marché, grande salle d’évènement, Maison pour tous, parking souterrain, immeubles mixtes… L’actuel premier adjoint à une « contre-proposition » pour ce chantier qui doit s’étirer sur « 10 ou 15 ans ».

Rappelant que Aorai Tini Hau était un temps un marae, et un lieu de fête après le retour des pirogues qui arrivaient par la passe de Taunoa, il veut réintégrer « cette histoire importante pour notre commune » sur le site aujourd’hui occupée par un parking. « Et donc je propose un village culturel, détaille le candidat qui veut faire de la culture un de ses premiers combats. Avec un foyer pour les artisans, un petit musée pour raconter l’histoire de notre commune, et le marché on le garde. À côté de ça, on peut faire un paepae pour les répétitions comme à To’ata… Tout le monde va s’y retrouver« . À un an des municipales, voilà en tout cas un premier grand sujet de débat.

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