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À Hiva oa, le paka pour arrondir les fins de mois

Trois hommes « totalement insérés » professionnellement, ont été jugés ce lundi devant le tribunal pour un trafic de cannabis aux Marquises. L’enquête, lancé par un test salivaire positif lors d’un contrôle routier, avait permis de retrouver plusieurs plants, quelques centaines de grammes d’herbe et près de huit millions de francs en liquide. Les prévenus ont expliqué avoir basculé dans le trafic pour compléter leurs revenus ou rembourser un prêt. À l’issue de l’audience, le tribunal a prononcé des peines de prison avec sursis et des amendes, ordonnant même la restitution de six millions de francs sur l’argent saisi.

« Ce n’est pas tous les jours qu’on a des affaires, même modestes, à Hiva Oa », constate la procureure. Ce lundi, devant le tribunal, trois hommes comparaissent pour trafic de stupéfiants dans les Marquises, en l’occurrence de cannabis. L’affaire débute à la suite d’un contrôle routier effectué en mai dernier. Ce jour-là, l’un des prévenus est soumis à un test salivaire qui se révèle positif au paka. Les militaires décident alors de fouiller son véhicule et découvrent 74 grammes de cannabis ainsi que 195 000 francs en numéraire. Les gendarmes se rendent ensuite à son domicile où ils saisissent 507 grammes de paka et 60 000 francs supplémentaires.

Au fil des investigations, les enquêteurs remontent jusqu’à deux autres hommes. L’un est présenté comme un autre revendeur, l’autre, comme le fournisseur. Ce dernier est alors placé en détention provisoire. Lors de la perquisition à son domicile, les gendarmes découvrent près de 8 millions de francs coupé en billets de 10 000 francs. Le président, qui semble intrigué par cette importante liasse de billets soigneusement rangés dans une boîte, affiche les photographies sur les écrans de la salle d’audience. « C’est impressionnant », lance-t-il.

Même considération lorsqu’apparaît la photographie des quatorze pieds de cannabis cultivés par le prévenu : « Les plants sont magnifiques ». Pour sa défense, le fournisseur explique que la somme d’argent correspond à des économies accumulées depuis plusieurs années, appartenant selon lui à sa conjointe et à sa mère. Salarié déclaré au sein d’une société de géomètres aux Marquises, ce père de famille indique également exercer une activité d’artisanat pendant son temps libre et louer des toboggans pour des anniversaires, des revenus qu’il reconnaît ne pas déclarer.

« Il fera peut-être un bon chef d’entreprise s’il respecte certaines règles »

Quant aux deux revendeurs, tous deux insérés dans la vie active, ils expliquent s’être lancés dans la revente de paka afin de compléter leurs revenus. Le conducteur contrôlé affirme, de son côté, avoir commencé ce trafic après que sa compagne a contracté un emprunt de 20 millions de francs pour faire construire une maison sur un terrain. Un prêt qu’elle rembourse aujourd’hui à hauteur de 100 000 francs par mois, avec un salaire de 300 000 francs et deux enfants à charge. Le prévenu explique que son propre revenu ne suffisait plus à subvenir aux besoins du foyer. Il conteste en revanche être consommateur de paka, malgré le résultat positif du test salivaire. Selon lui, le simple fait de « manipuler » le cannabis aurait eu un impact sur son organisme et expliquerait ce résultat.

« Je n’ai jamais entendu ça en vingt ans », rétorque la procureure. Elle revient ensuite sur le profil des trois hommes, rappelant qu’ils sont « totalement insérés, ont le bac et travaillent ». « Même lorsqu’on est inséré dans la vie, quand on n’a pas assez de revenus, on fait du trafic de stupéfiants », déplore-t-elle. Le parquet a requis, à l’encontre des deux revendeurs, une peine de trois ans d’emprisonnement entièrement assortie du sursis simple. Il a également demandé une amende de 500 000 francs pour chacun d’eux.

Concernant le fournisseur, la procureure relève qu’ « il fera peut-être un bon chef d’entreprise s’il respecte certaines règles ». À son encontre, elle a requis trois ans d’emprisonnement, dont un an assorti d’un sursis probatoire, une amende d’un million de francs ainsi que son maintien en détention provisoire. « Les un mois et demi passés à Nuutania m’ont largement fait comprendre que tout ça n’en valait pas la peine. Je sais que je peux subvenir aux besoins de mon enfant sans faire du trafic » conclut le fournisseur lorsqu’il est appelé une dernière fois à la barre. 

Un mouvement suivi par les deux autres prévenus qui s’excusent de leur comportement et se « rendent compte de la conséquence » de leurs actes. Le tribunal a condamné les deux hommes à 10 mois d’emprisonnement assorti d’un sursis simple et à une amende de 150 000 francs chacun. Le troisième quant à lui, pourra sortir de détention ce soir et a été condamné à 12 mois d’emprisonnement avec sursis simple. Sur les 8 millions de francs saisis, la justice a décidé de lui restituer 6 millions.

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