ACTUS LOCALESENVIRONNEMENT À Punaauia, Toa Nu’uroa lutte contre l’invasion des algues Nanihi Laroche 2025-10-25 25 Oct 2025 Nanihi Laroche ©Tamari’i pointe des pêcheurs/FB Toa Nu‘uroa, c’est le projet de restauration des récifs coralliens mis en place, depuis mars 2023, par l’association Tamari’i Pointe des Pêcheurs. Sélectionnée parmi les candidats du concours des Trophées To’a Reef, cette initiative combine arrachage d’algues envahissantes et micro-fragmentation de coraux pour favoriser le retour de la biodiversité marine et la régénération des lagons de Punaauia. Actuellement, 1 486 kg d’algues ont été récoltés et 1 800 fragments de coraux ont été réalisés. Les résultats de l’étude sont attendus en septembre 2026. Depuis mars 2023, l’association Tamari’i Pointe des Pêcheurs mène un projet scientifique appelé Toa Nu’uroa, axé sur l’étude et la restauration des récifs coralliens. Une initiative qui figure également parmi les candidats du concours To’a Reef organisé par l’Ifrecor, pour soutenir les projets environnementaux innovants en Polynésie, et dont les lauréats seront connus mi-novembre. Micro-fragmentation et arrachage des algues Mené par une équipe fixe de trois personnes, avec trois à quatre prestataires détenteurs du diplôme de plongée pour agir sur le terrain, et l’aide occasionnelle de l’entreprise Fluid, « l’objectif est d’évaluer le couplage de la méthode de la micro-fragmentation, c’est une méthode de restauration corallienne, liée à l’arrachage des algues turbinaria, explique Maelie Tricoche, chargée de projet. Et du coup, voir si le couplage de ces deux techniques a un impact. Est-ce qu’il y a une meilleure densité et diversité de poissons, et est-ce qu’il y a des meilleures couvertures coralliennes. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/TOA-NUUROA-1-objectif.wav Les interventions se concentrent sur trois sites populaires de Punaauia : le jardin corallien, au niveau de la pointe des Pêcheurs, la Source et Saint-Étienne. Le projet se poursuit jusqu’en septembre 2026, avec des arrachages réguliers. « On était à une fois tous les mois et on a vu qu’il y avait une amélioration, que ça augmente de moins en moins, du coup on est passé à une fois tous les deux mois », indique la biologiste. « Toute la place est prise par les algues » Les turbinaria ornata sont des algues brunes envahissantes particulièrement présentes dans les lagons polynésiens. Elles prolifèrent sur les zones dégradées, et empêchent la régénération naturelle du récif. « C’est un peu un cercle vicieux, c’est-à-dire que, vu que les coraux, ils ont une moins bonne santé et il y a beaucoup de mortalité, du coup ils libèrent de la place et les algues prennent leur place, explique la chargée de projet. Du coup, ça pose problème parce que les coraux ne peuvent plus se réimplanter par la suite. Les larves ne peuvent plus se fixer parce que toute la place est prise par les algues. Et le deuxième problème direct, c’est que les algues, quand elles sont côte à côte avec du corail, vont avoir un effet abrasif, elles vont créer de l’ombre aussi sur les coraux. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/TOA-NUUROA-2-problemes.wav « Dynamiser la croissance du corail » Pour la micro-fragmentation, « on a récupéré des colonies mères, des coraux qu’on a récupérés sur notre site. On les ramène, on les coupe en petits fragments de 1 cm sur 1 cm, et ensuite, on les replace sur les sites », explique Maelie Tricoche. Une technique de restauration corallienne, « qui permet de dynamiser la croissance du corail. Le fait de les placer côte à côte, les coraux vont vouloir se rejoindre et ils vont cicatriser beaucoup plus vite. » Actuellement, 1 486 kg d’algues ont été récoltés au total et plus de 1 800 fragments de coraux ont été réalisés pour la campagne 2025. Une partie des récoltes est redistribuée, pour être valorisé, a l’entreprise biotech, qui étudie l’algue. Le reste est mis en déchets verts. L’association complète ce travail par des actions hors du projet comme du bouturage : « On va faire du bouturage avec des écoles ou des entreprises ou des groupes qui viennent. Et ensuite, on les replace sur les structures qui vont dans le jardin corallien». Ces actions, menées tout au long de l’année, visent à sensibiliser la population à la fragilité des écosystèmes marins et à impliquer le public dans la régénération du lagon polynésien. ©Toa Nu’uroa/FB