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À Tahiti, Jarry veut rire de tout : « Dans ce spectacle, la seule règle c’est qu’il n’y en a pas »

©BM Photographie


Arrivé ce dimanche à Tahiti, et déjà très sollicité par des passants ou des fans, l’humoriste retrouve une Polynésie qu’il « adore » et où il a amené chacun de ses spectacles ces dix dernières années. Son nouveau show, Bonhomme, déjà applaudi partout en France, il le jouera à To’ata le jeudi 7 mai. Le comédien, qui n’a « plus rien à prouver » et même « plus rien à foutre » de certaines convenances, compte « s’amuser » sur scène, et défendre, dans le public, le droit de « rire de tout » et le plaisir de « rire ensemble ». « J’ai jamais fait un spectacle aussi interactif », prévient-il.

Quelques fans locaux qui l’attendaient de pied ferme, beaucoup de curieux qui l’aperçoivent dans le terminal, des agents de l’aéroport qui avaient bien noté sa date d’arrivée et même des policiers en uniforme… Tout le monde voulait sa photo, ce dimanche matin avec Jarry, débarqué à l’aube à l’aéroport de Tahiti-Faa’a. « J’ai de la chance, depuis dix ans, je n’ai pas de ‘haters’, comme on dit, c’est que de l’amour partout où je vais » sourit-il. De « l’amour » qu’il rend bien : malgré les longues heures de vol, l’humoriste a un sourire – et souvent une petite vanne – pour chacun, et une étonnante énergie lors du traditionnel accueil en danse et en chant.

Jarry a même, semble-t-il, quelques souvenirs de paoti. Il faut dire c’est la troisième fois qu’il vient en Polynésie, en autant de spectacles : après Atypique en 2018 et [Titre] en 2022 – des shows qui ont attiré plus de 560 000 spectateurs au total -, Sonia Aline Productions et Radio 1 le font revenir avec dans ses valises Bonhomme, nouveau succès avec déjà 150 dates au compteur dont une triple tournée des Zénith. Très demandé, le stand-upper, aussi comédien, animateur de télévision, et chroniqueur à ses heures, prend soin de faire un détour par le fenua. « Parce que j’adore, parce que je pense que la Polynésie est délaissée, on ne la connait que pour le côté plage et slip de bain, alors qu’il y a beaucoup plus que ça », explique-t-il. Et cette fois, ce sont les Polynésiens qui le lui rendent bien : après le motu de l’Intercontinental, puis le Grand Théâtre, c’est To’ata que l’humoriste fera rire ce jeudi 7 mai.

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« Ce que je défends, c’est le rire ensemble, le rire de tout »

Quand les admirateurs et curieux ne vont pas vers lui, Jarry semble aller naturellement vers les gens, avec une curiosité semble-t-il insatiable et toujours un humour pinçant. « Je pense qu’on a plus que jamais besoin de se rapprocher les uns les autres », commente-t-il. « Ce que je défends, c’est le rire ensemble, le rire de tout. Pas de rire des gens, mais de rire vraiment ensemble. Moi je viens d’une génération black, blanc, beur, on se charriait les uns les autres, mais on se créait des souvenirs, et c’est ces souvenirs qui faisaient qu’on avait une amitié et qu’on avait envie de vivre ensemble. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on prend la moindre excuse pour nous opposer, et même quand l’intention est noble, on peut la détourner pour en faire une problématique. Moi j’en ai marre de ça et j’ai l’impression que la majorité silencieuse est d’accord avec ça ». 

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Une philosophie qui imprègne Bonhomme, un spectacle dans lequel, notoriété aidant, il peut « aller plus loin dans les choses qu’il a envie de défendre ». « J’ai jamais fait un spectacle aussi interactif, les gens peuvent intervenir quand ils veulent, il se passe plein de choses sur scène, mais aussi dans la salle, et les gens me disent que ça leur fait énormément de bien, reprend-il. Moi j’arrive à 48 ans, et j’ai l’impression d’avoir réussi à faire ce que je tenais à faire. J’ai juste envie de m’amuser, j’ai plus rien à prouver. Quand tu commences l’humour, tu te dis, ‘il faut que je montre que je sais faire des blagues’, maintenant j’en ai plus rien à foutre. Qu’on soit 1000, 5000, 10 000 dans la salle, c’est une espèce de bulle pendant 2 heures où t’as l’impression que toutes les règles de la société n’ont pas de force, elles n’existent pas dans la salle ». 

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« Si ce que l’on fait permet de rapprocher les gens et de communiquer, je prends tout de suite »

« La seule règle de ce spectacle, c’est qu’il n’y a pas de règle », insiste l’humoriste. Et elle s’applique à tout le monde. Comme dans la rue, le showman ira à la rencontre de son public à To’ata. Chacun ses questions au micro, chacun son histoire, chacun ses vannes, souvent décapantes. Pas une nouveauté pour Jarry, qui tout de même beaucoup mis en avant ces derniers temps, ces moments d’interactions. « J’ai eu envie de savoir qui venait me voir, parce que les gens font l’effort de venir, mais moi je sais pas qui ils sont. Et de voir qu’il y a un médecin à côté d’un mec bourré qui est tellement content d’être là qu’il a bu un peu trop, de voir qu’il y a un garçon qui veut profiter de ça pour parler à ses parents et révéler des choses… C’est ça que j’aime. Si ce que l’on fait permet de rapprocher les gens et de communiquer, je prends tout de suite ».

Du public tahitien, Jarry n’a « que des bons souvenirs », mais « sais qu’il y a une certaine pudeur ». Pas sûr qu’elle tienne toute la soirée de jeudi.

  • Bonhomme, de Jarry, le jeudi 7 mai à To’ata. Des billets sont encore disponibles sur ticket-pacific.pf, dans les magasins Carrefour et à l’accueil de Radio 1 et Tiare FM à Fare Ute.

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