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Accident au tiurai : « Le risque zéro n’existe pas, que ce soit ici ou ailleurs »

Au lendemain de l’accident du « Dragon Vert », qui a blessé quatre enfants dont deux toujours sont hospitalisés ce mercredi matin, le président de l’association des forains confie son incompréhension. Jean-Paul Tuaiva, qui « voit ça pour la première fois » en 30 ans de métier, assure que les papio sont tous contrôlés par un expert en début de tiurai. D’autres exploitants, notamment ceux du « Dragon Rouge », une attraction similaire, affirment passer « quatre heures par jour » à l’entretien de leurs manèges. Le « Dragon Vert » faisait-il l’objet de la même attention ? C’est l’enquête de gendarmerie qui devra le déterminer. 

« Ça fait plus de 30 ans que je suis forain, et c’est la première fois que je vois ça. » Au lendemain de l’accident survenu au Tiurai d’Outumaoro, Jean-Paul Tuaiva, président de l’Association des forains, dit ne toujours pas comprendre les circonstances du drame. Mardi soir, l’un des wagons du train qui constitue le « Dragon Vert » s’est détaché dans un virage. Il a été projeté, dans un virage, entre les rails de l’attraction, avec ses jeunes occupants, un groupe de trois enfants de 4 ans, et le grand frère de l’une d’entre elles, âgé de 9 ans. La petite fille et son frère, blessé au niveau de la tête, sont sortis de l’hôpital hier soir. Un autre petit garçon, apparemment pas blessé gravement, a passé la nuit au Taaone pour passer des examens de vérification. La dernière fillette, opérée mardi soir après s’être ouvert le crâne, se trouvait toujours à l’hôpital ce mercredi matin.

« On attend impatiemment les résultats des investigations de la gendarmerie », indique Jean-Paul Tuaiva, qui avait adressé ses pensées aux familles et aux enfants dans la foulée de l’accident, et qui se dit très étonné par cet accident.    « Pour rappel, tous les ans, on effectue un contrôle technique de chaque manège. » « On a un contrôleur agréé pour ça », assure-t-il, expliquant que si l’ouverture des manèges a été retardée cette année, « c’était vraiment pour rassurer et recevoir en bonne et due forme les visiteurs du Tiurai ». Des vérifications sont aussi, d’après le responsable, répétées chaque jour par les exploitants pour s’assurer que les manèges sont en état de fonctionner.

« Tous les jours, nos employés sont sur l’entretien et la maintenance. »  Pour les dragons, il faut serrer les vis, huiler et il faut vérifier également la pression des pneus.  « Tous les jours, c’est leur travail », détaille le président de l’association.

« Plus ou moins quatre heures d’entretien par jour »

Ce mercredi matin, Vaea, responsable sécurité et maintenance pour le « Dragon Rouge », une attraction similaire exploitée par un autre propriétaire, procède aux vérifications. « On contrôle les roulettes, le serrage des rails, tous les boulons… », énumère-t-elle. À cela s’ajoutent les vérifications quotidiennes du calage de la remorque et du niveau de l’attraction, afin de s’assurer qu’aucun mouvement n’est intervenu. La jeune femme explique que les forains ne sont « que des prestataires saisonniers » et, contrairement à ce qu’on voit en métropole, les manèges « ne sont pas figés au sol ». « On a des cales, mais qu’on fixe avec des vis ‘tox’ de 120 centimètres qui vont se planter » dans la terre, souligne-t-elle.

Si un problème intervient alors sur l’attraction, « on le voit », assure Vaea. « Déjà par rapport aux roues et aux roulettes, c’est visuel. » « Il y a un impact sur le manège » mais qui n’impactera pas les passagers lors de l’attraction en marche, indique-t-elle. « Par exemple, hier soir, en fin de soirée, le dragon (rouge NDLR) a juste subi un ralentissement. » « Donc on a vérifié les roulettes et on a vu qu’un roulement a été endommagé », raconte encore Vaea. « Si le dragon ralentit, ça veut dire qu’il va falloir qu’on arrête pour faire une maintenance et vérifier quelles roulettes ont un défaut. »  Si c’est par rapport à une roue, on peut la changer nous-mêmes.

La responsable sécurité explique ne pas avoir vu l’accident du « Dragon Vert ». « On met plus ou moins quatre heures d’entretien par jour. » On ne prend pas vraiment le temps de regarder les manèges des autres.  « On s’assure que les nôtres sont bien faits », poursuit Vaia, qui indique que ses confrères ont également un technicien qui doit vérifier les mêmes problématiques. « Je ne saurais pas dire ce qu’il s’est passé », conclut-elle.

« On est une famille de forains.  On se doit donc d’être solidaires. »

La question reste désormais de savoir si les responsables du « Dragon Vert » avaient procédé aux mêmes opérations d’entretien. Jean-Paul Tuaiva veut croire que oui. « On pense qu’il faisait pareil. » Je ne veux pas jeter la pierre. On est une famille de forains.  « On se doit donc d’être solidaires », explique Jean-Paul Tuaiva. « Nous, on communique sur la meilleure façon de travailler entre nous », ajoute-t-il, précisant que chaque exploitant reste responsable de l’entretien de son attraction.

Déjà hier soir, avant l’accident, le président affirme avoir envoyé un message dans un groupe réunissant les propriétaires de manèges afin de leur demander de « redoubler de vigilance » quant à l’entretien de leurs attractions. Ces consignes ont-elles été respectées pour le « Dragon Vert » ? L’enquête devra le déterminer. Sa propriétaire est toujours « sous le choc », selon Jean-Paul Tuaiva, et n’a pas souhaité répondre aux questions. Le président de l’association compte, quoi qu’il arrive, demander à tous les forains un renforcement des contrôles de sécurité. « Nous, on est plus que peinés de la situation, mais on fait ce qu’il faut sur le plan de la sécurité des enfants », insiste l’ancien parlementaire. Malheureusement, cet accident est intervenu ». « Le risque zéro n’existe pas, que ce soit ici ou ailleurs », rappelle-t-il.

 

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