
Le tête de liste Papeete To’u Oire a réuni ce samedi ses militants et ses candidats, soutiens de longue date ou issus de plusieurs ralliements récents. « Une vraie dynamique » pointe l’ancien ministre qui parle de « voyants au vert » pour une victoire qui lui échappe depuis 2014. Tauhiti Nena se place en champion de la lutte contre la vie chère, avec ses promesses de baisses massives de charges municipales. Elles s’ajoutent à de multiples projets d’investissement et de renforcement des services. Pour financer ce programme coûteux, le président de fédération de boxe veut « vendre l’eau de Papeete », avec un calcul simple : un milliard de litres d’eau embouteillés, vendus ou exportés chaque année, c’est 10 milliards de plus au budget.
Les « voyants sont au vert » pour Tauhiti Nena, qui avait réuni ce samedi matin plus d’une centaine de militants sous le fare pote’e de l’hôtel de ville de Papeete. Une mairie que l’enseignant et ancien boxeur de 57 ans, au parcours politique sinueux, convoite depuis déjà deux scrutins municipaux. Mais cette fois-ci, « ça devrait le faire », « il y a une vraie dynamique » lance le président de la Polynesian boxing association. Devant lui une marée de casquettes et t-shirt blanc et bleu ciel, les couleurs, familières, de Papeete To’u Oire. Mais plus que le public, ce sont les colistiers qui l’entourent qui rendent l’ancien ministre de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports confiant. Le fait est que la liste, arrivée à une centaine de voix de Michel Buillard au deuxième tour de 2014, s’est étoffée de plusieurs soutiens ces dernières semaines.
« Peut-être gagner au premier tour »
Promesses de baisses de charge sur l’eau, l’assainissement, les déchets…
Le chiffrage des pertes de recette envisagées, pas réellement développé par le candidat, ne manquera pas de susciter des discussions ces prochaines semaines.
« Nous, ça sera tolérance zéro »
Tauhiti Nena a, comme les autres, de nombreuses priorités à mettre en avant. La santé, le sport et le bien-manger, qui forment un trio dont il a « déjà fait son cheval de bataille » auprès de ses élèves ou dans sa fédération ; Le social, avec un « magasin solidaire » pour distribuer les surplus et invendus, des bourses municipales pour les « jeunes talents, un Ehpad pour les matahiapo, des crèches communales, des jardins partagés, des fontaines d’eau potables gratuites ; les infrastructures, avec une casse et une fourrière automobile – demandée de longue date par les forces de l’ordre, mais réputée très coûteuse en fonctionnement -, des toilettes publiques et même un palais des congrès, et un « centre culturel et muséal » ; le logement et l’aménagement, avec des immeubles de grande hauteur et des constructions de résidences, « avec les partenaires adaptés » sur les nombreux terrains communaux, et « 1500 places de parking supplémentaire minimum », sans précision de localisation.
La sécurité aussi, que l’ancien ministre aborde sous deux angles principaux. Les SDF d’abord, responsables selon lui d’agressions de touristes qui « gardent un mauvais souvenir de Papeete ». « Ceux qui veulent s’en sortir, on va les aider », assure-t-il, leur promettant de l’activité – en partenariat avec d’autres mairies – et du logement. Et les autres ? « Il faudra être ferme ». Les nuisances sonores ensuite, qui « gâchent la vie de beaucoup de monde ». « Il y a des règles, il faut les faire respecter (…) Je l’ai dit aussi à la DSP : nous, ça sera tolérance zéro », sur ce sujet, comme sur les autres, assure-t-il, promettant des arrêtés « plus précis et une vingtaine d’embauches supplémentaires de policiers municipaux.
Un milliards de bouteilles d’eau pour dix milliards de francs
Interrogé, là encore, sur le financement de tous ces projets, dans une mairie qui ne peut pas lever d’impôts supplémentaires, l’élu municipal – qui avait siégé à Faa’a entre 2008 et 2014 avant de se présenter à Papeete – parle des « 4 milliards en réserve », des capacités d’emprunt de la commune… Mais dit aussi vouloir « doubler le budget » de la commune. Principalement avec un projet : « vendre l’eau de Papeete ». « On consommait 16 millions de mètres cubes d’eau du temps de Jean Juventin. Aujourd’hui les réseaux sont rénovés, il y a des compteurs, on consomme 5 millions de mètres cubes d’eau. Il y a une réserve de plus de 10 millions de mètres cubes, détaille-t-il. On paie très cher l’eau, la commune de Pirae, quand ils ont pas d’eau, ils nous l’achète trois à quatre fois moins cher. Je vais prendre un million de mètres cubes d’eau, je vais les mettre dans des bouteilles, ça fera un milliard de litres d’eau, on gagnera 10 francs sur une bouteille, et je double le budget de la commune ».
Pour vendre ce milliard de bouteilles d’eau annuellement, il faut bien sûr toucher le marché international, comme a réussi à le faire Fiji Water – une marque développée par un groupe nord-américain, et dont les rapports avec les autorités locales sont historiquement tendues. Tauhiti Nena n’en a pas peur parle déjà de « partenaires » dans ce projet, qui impliquerait aussi de construire une usine de production du côté de la Fautaua, et de produire ou importer des récipients plastiques en immense quantité. « C’est ce qui va me permettre de faire rayonner cette commune », insiste-t-il.
C’est aussi ce qui devrait alimenter le débat de ces municipales dans une capitale très courtisé. Rémy Brillant, René Temeharo, Pascale Haiti, Tematai Le Gayic, et Boniface Tehei ont déjà annoncé qu’ils mèneraient une liste.