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Tauhiti Nena ne veut pas « brader » la station d’épuration de Papeete

À un an des municipales, le conseiller et candidat déclaré à Papeete tire la sonnette d’alarme sur la Société d’économie mixte locale Te ora no anannahi, chargée de l’assainissement à Papeete. Une Sem « menacée » par un transfert de compétence vers la communauté de communes Teporionu’u, formé avec les mairies de Pirae et Arue. L’opération pourrait fera perdre à la capitale le contrôle de cet « outil stratégique », et le fruit de ses lourds investissements, dénonce le leader de Papeete to’u oire. Il pointe une répartition du pouvoir « déséquilibrée » au sein de la Comcom, et des conséquences néfastes pour les administrés de Papeete.

Lire aussi : Tauhiti Nena de nouveau candidat à Papeete 

La Société d’économie mixte locale Te ora no ananahi, en charge de l’assainissement des eaux usées à Papeete, pourrait bientôt disparaître. Un « changement structurel » est en cours, selon Tauhiti Nena, qui dénonce le transfert de la compétence à la communauté de communes Teporionu’u, regroupant depuis 2023 Papeete, Pirae et Arue. Une transition qui inquiète le leader de Papeete to’u oire, qui fait de cette problématique le premier cheval de bataille de sa campagne électorale. L’élu de la capitale, qui revendique onze années au sein du conseil d’administration de la Seml, n’est pas d’accord avec les choix faits par Michel Buillard, le maire de Papeete et sa majorité. Notamment celui concernant la composition de son nouveau conseil d’administration : trois membres issus de Papeete et deux membres chacun pour Pirae et Arue. De quoi faire « perdre la maîtrise du dossier » à la capitale, dit l’ancien boxeur, bien décidé à combattre cette transition annoncée de longue date dans sa campagne pour les municipales de 2026.

Pourquoi avoir choisi un président de Pirae ? 

Parmi les points d’accroche du dossier, la nomination de l’ancien ministre des Finances Yvonnick Raffin à la présidence de cette comcom qui doit gagner en compétence. Une décision jugée « incohérente » par Tauhiti Nena : Yvonnick Raffin, élu à l’unanimité du conseil communautaire en octobre 2023, et qui est assisté dans sa tache de Jules Ienfa et Jacky Bryant, est originaire, et même adjoint au maire, de Pirae. Pour l’élu d’opposition de Papeete, c’est la capitale, forte de ses 27 000 habitants (contre 14 000 à Pirae, et un peu plus de 10 000 à Arue), qui devrait rester « leader » de la nouvelle organisation. Surtout, il craint que la gestion « impeccable » de la Sem Te ora no ananahi, qui dispose d’une trésorerie excédentaire de 400 millions, ne soit remise en cause. « La commune de Papeete, grâce aux fonds européens, de l’État, du Pays, et aux siens, a injecté plus de 7,5 milliards dans la Sem, précise Tauhiti Nena. Il faut savoir que Pirae et Arue ont monté un syndicat intercommunal en 2010, qu’il y a eu 250 millions d’études financées et qu’entre-temps, rien n’a été fait. « 

« Ils arrivent, ils n’ont rien mis et ils ont autant de poids que Papeete. C’est juste inadmissible »

L’ancien ministre de l’Éducation d’Oscar Temaru, qui s’est depuis longtemps éloigné du Tavini, assure ne pas remettre en cause l’existence de la communauté de communes. Mais il insiste pour que Papeete « garde le contrôle » sur cet « outil ». « Ce que je souhaite, c’est qu’on ne ferme pas cette Seml. Et si on doit continuer à mettre en place la communauté de communes, chacune devrait prévoir un fonds de roulement de 2 milliards. Comme ça, il n’y aurait pas de souci, explique-t-il. On leur donne quand même un patrimoine de 7,5 milliards, et je ne parle que de l’investissement. Les administrés de Papeete, sur ces dix dernières années, ont versé un peu moins de 3 milliards pour le fonctionnement. Eux, ils arrivent, ils n’ont rien mis et ils ont autant de poids que Papeete. C’est juste inadmissible ».

D’après le candidat à la mairie, malheureux en 2014 et 2020, mais encore une fois très confiant sur ses chances en 2026, si rien n’est fait pour aller à l’encontre de ces décisions, Papeete va aussi perdre « son avance et ses avantages au profit de la ComCom ». Et ne sera donc plus en mesure de « défendre ses administrés ». « Les élections arrivent, et comme je l’ai dit en conseil municipal, je ne sais pas si le prochain maire va accepter de brader la Seml, et que vous continuiez à abuser la population », dit-il.

Il évoque au passage, les factures d’eau des administrés de la capitale, « cinq fois plus élevées que dans les autres communes », entre autres pour financer la station d’épuration de Papeava. « Je ne pense pas que Pirae et Arue vont vouloir faire baisser les charges des habitants de Papeete alors qu’aujourd’hui clairement on peut le faire », assure Tauhiti Nena.

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