ACTUS LOCALESSOCIAL Commerce : la FGC et la CPME campent sur leurs positions Nanihi Laroche 2025-08-28 28 Août 2025 Nanihi Laroche Dans une lettre transmise aux quatre syndicats grévistes du secteur commerce, la FGC et la CPME détaillent leurs réponses aux 17 points du cahier de revendication déposé la semaine dernière, et qui n’a pour l’instant débouché que sur une mobilisation modeste. Et leur position n’a pas changé. Non à une plus forte compensation des nouvelles règles de carence, non à l’augmentation des salaires, qui seront négociées en fin d’année et potentiellement revalorisés avec le Smig, non, surtout, à l’idée inflationniste d’un « service charge » en magasin. Les organisations patronales interpellent plutôt sur la situation difficile du commerce face à la concurrence en ligne et aux « réformes » du Pays, à qui ils demandent une extension de l’avenant polémique de décembre pour ne pas « mettre en péril » toute la convention du secteur. Aucune négociation sectorielle, aucune rencontre officielle, et forcément aucune avancée dans le commerce, après quatre jours de mouvement syndical. Il faut dire que l’ampleur de la mobilisation lancée lundi par quatre des cinq centrales représentatives de Polynésie, n’a pas réellement créé de rapport de force en leur faveur. Certes, les syndicats ont obtenu une avancée ciblée : à Socimat, où la grève avait été bien suivie dès lundi, un protocole d’accord a fini par être signé ce jeudi soir. La CSTP-FO dit y avoir obtenu, entre autres, 5% d’augmentation sur les bas salaires (« jusqu’à 2 Smig ») et une mise de côté des nouvelles règles de carence, au centre du conflit. Ailleurs, aucun protocole, et pour la vaste majorité des établissements, pas de grévistes. Des discussions ont bien eu lieu dans certains groupes, comme dans le groupe Wane, où seul le Champion Paofai avait le droit à un vrai piquet ces deux derniers jours. Mais sans impact annoncé. Le syndicat de Patrick Galenon, comme O oe to oe rima, Otahi et la CSIP, contestent depuis le début de la semaine le constat d’échec dressé côté patronat, expliquant s’être mis d’accord sur une stratégie du « crescendo » et de la négociation « entreprise par entreprise ». Mais certains leaders syndicaux admettent que le mouvement n’a pas été suffisamment « expliqué » pour convaincre le gros des salariés. « Péril » sur la convention collective Et expliquer, c’est ce qu’ont tenté de faire la FGC et la la CPME dans un courrier commun signé mercredi et dont les syndicats ont pris connaissance dans la matinée de ce jeudi. Une missive qui revient, point par point, sur les discussions qui ont eu lieu vendredi dernier autour du cahier de revendication sectoriel déposé par les centrales. Et si le patronat y détaille davantage sa position, celle-ci n’a pas changé : les 17 demandes sont, globalement, rejetées. À commencer par la mise en place d’une prime sectorielle qui viendrait compenser les nouvelles règles de prise en charge du délai de carence. Des règles qui recalent le commerce sur le Code du Travail : les trois premiers jours d’arrêt maladie, à partir du troisième de l’année, ne sont plus remboursés. Un avenant dans ce sens avait été signé par une délégué Otahi en décembre sans l’autorisation de sa centrale, avant d’être dénoncé par les autres organisations. Elles avaient obtenu du gouvernement qu’il n’étende pas l’accord à tout le secteur : seules les entreprises adhérentes à la FGC et la CPME sont aujourd’hui concernées. Les deux organisations patronales rappellent qu’une hausse de grille salariale, allant de 1000 à 6000 francs par mois et par employé avait été acté dans le même avenant. Et que ces revalorisations, jugée « ridicules » par les salariés, devaient être accompagnée d’une nouvelle classification professionnelle qui n’a, opposition à l’avenant oblige, jamais été actée. Les patrons, qui interpellent sur les « nombreuses difficultés » du secteur, citant la consommation en baisse, la concurrence du e-commerce, les charges ou les « projets de réforme » en cours, exigent la poursuite des travaux sur la classification. Et surtout l’extension par le gouvernement de l’avenant pour ne pas « mettre en péril » la convention collective ». L demande de hausse généralisée de 10% des salaires n’est sans surprise pas plus acceptée : rendez-vous aux négociations annuelles obligatoires qui doivent être lancées en octobre. Ou avant, si le cliquet des 2% d’inflation oblige le gouvernement a acter une augmentation du Smig. Un scénario probable, et dans lequel la FGC et la CPME s’engagent à faire grimper toutes les grilles avec le salaire de base, sur la base des nouveaux écarts de classification … À condition que l’avenant de décembre soit complètement appliqué et étendu à tout le secteur. Non au « service charge » en magasin Les deux organisations patronales entrouvrent bien quelques portes, notamment sur la prime d’ancienneté, aujourd’hui plafonnée à 25 ans et qui pourrait, en cas d’accord, aller jusqu’à 30, mais pas les 38 demandés par les syndicats. Ils ne s’opposent pas à certaines demandes concernant la vente à thème, le don de congé, les indemnités kilométriques ou les extensions horaires, mais ils renvoient systématiquement vers le législateur ou les négociations internes à l’entreprise. Le refus est catégorique, en revanche, sur certaines revendications phares. Pas question, notamment, de mettre en place une « taxe de 4% sur les ventes redistribuée au salariés ». La FGC et la CPME savent que les syndicats s’inspiraient pour cette demande sur le « service charge » de l’hôtellerie. Mais la cible n’est pas la même : ce ne sont pas les touristes extérieurs qui vont payer, mais tous les consommateurs polynésiens, entrainant mécaniquement une hausse des prix généralisée. Bref, pas beaucoup d’ouvertures pour reprendre des négociations à l’échelle sectorielle. Une main est tout de même tendue pour se rasseoir autour de la table, avec un rendez-vous programmé à lundi. D’ici là les syndicats promettent que d’autres préavis seront déclenchés ou déposés.