ACTUS LOCALESSPORTS DSP sportives : après la galère des dossiers, les fédérations attendent le verdict Lucie Rabreaud 2026-01-04 04 Jan 2026 Lucie Rabreaud ©FBPF Les nouvelles délégations de service public sportives auraient dû être lancées ce 1er janvier mais ne le seront finalement qu’au mois de mars. Un retard attribué au recours déposé devant le conseil d’État contre la réforme votée fin 2024, mais aussi à la complexité des dossiers constitués par les différentes fédérations sportives. Les Sports ont changé de ministre mais pas d’objectif : ces nouvelles DSP, attribuées jusqu’à 2031 puis tous les huit ans, et qui sont adossées à des conventions d’objectifs avec le Pays, doivent « structurer » le secteur, et mettre fin aux conflits de fédérations dans certaines disciplines, comme la boxe ou l’escrime. Les fédérations sportives polynésiennes attendront le 1er mars pour être confirmés ou non dans leur délégation de service public. Si beaucoup de disciplines bénéficient de structures fédérales bien installées, qui n’ont que peu de doute sur le renouvellement de leur DSP, certains sports, comme la boxe ou l’escrime entre autres, sont le théâtre de scissions fréquentes et de batailles de légitimité. Et retiennent donc leur souffle en attendant le verdict des autorités. C’est justement pour mettre fin à ces conflits, et pour « structurer » durablement le monde du sport, que l’ancienne ministre Nahema Temarii avait annoncé une réforme des délégations de service public du Pays en 2023. Une loi avait bien été adoptée en novembre 2024, avec beaucoup de nouveautés : des durées de délégation allongées, des contrats fixant des obligations des fédérations et donnant une visibilité pluriannuelle sur les financements publics, une obligation d’affiliation des associations sportives à la fédération délégataire pour profiter de subventions du Pays, et des obligations de fonctionnement démocratique au sein des structures, pour permettre le renouvellement des dirigeants… Pour faire appliquer tous ces changements, le renouvellement des DSP, théoriquement prévu fin 2023, avait été mis en pause. Et les nouvelles délégations devaient entrer en vigueur ce 1er janvier. Le calendrier a finalement glissé, obligeant le gouvernement à proroger les DSP actuelles de deux mois. « Énormément de travail administratif » Plusieurs choses sont venues gripper la machine, à commencer par le recours qui avait été déposé devant le Conseil d’État contre cette réforme, et qui n’a été rejeté qu’en mars 2025. Le gouvernement a ensuite pris les arrêtés d’application de la nouvelle loi, mais le monde sportif était alors concentré sur un autre enjeu : les mini-Jeux de Palau en juillet. Il a fallu attendre le retour des athlètes et des cadres pour lancer officiellement les appels à candidature. Le ministère des Sports précise que « le calendrier a été décalé pour que personne ne soit mis en difficulté ». Et puis les fédérations avaient besoin de temps pour remplir ces dossiers, beaucoup plus complexes que les années précédentes. C’est ce qui avait d’ailleurs expliqué que certaines fédérations, plongées dans leur dossier de DSP, n’aient pas eu le temps de donner les noms de leurs athlètes candidats pour les trophées Aito Tu’aro. « Cette année c’est plus compliqué qu’avant et ça a demandé énormément de travail administratif aux fédérations », expliquait récemment Eric Zorgnotti, directeur technique du COPF. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/DSP-SPORT-Zorgnotti-annee-plus-complique.wav Il faut dire que cette réforme des DSP s’accompagnait d’obligations de changements de statuts pour certaines fédérations. Le ministère des Sports précise que les règles ont été assouplies, les Fédérations ne doivent pas forcément suivre des « statuts type » mais elles ont l’obligation de remplir certaines mentions. Il a tout de même fallu convoquer des assemblées générales pour faire voter ces nouveaux statuts. Cinq à six ans de DSP, huit ensuite Surtout, les fédérations ont eu à « écrire leur projet fédéral » : faire un état des lieux de leur discipline et donner leurs objectifs pour attendre les missions de la DSP. Et elles sont nombreuses, 17 listées par la réglementation du Pays : mixité, inclusion, performances, sécurité, organisation de compétitions, accueil des sportifs en section loisirs… Le ministère sait que toutes ces missions ne seront pas remplies immédiatement mais l’important est de connaitre les ambitions et les projets de chaque Fédération pour y arriver. Le ministère veut plus d’anticipation dans le monde sportif : « Ce sera mieux pour tout le monde, y compris pour nous. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/DSP-SPORT-Zorgnotti-travail-pour-fede.wav L’appel d’offres pour les DSP, clos fin novembre, a donné lieu à plusieurs échanges avec des fédérations pour préciser les dossiers. Ce cycle de candidature est désormais clos : tous les dossiers ont été reçus et examinés. Les décisions, elles seront prises par une commission, composée notamment de représentants du ministère des Finances, de l’IJSPF, du COPF et de Kainuu Temauri, le ministre de la Jeunesse et des Sports, qui doit se réunir mi-janvier pour statuer. Des décisions qui se baseront sur une grille d’évaluation très précise avec des critères objectifs. Une fois les choix entérinés, un contrat de délégation sera passé entre le ministère et chaque fédération. Plutôt que les quatre ans de DSP habituels, les délégations et les contrats seront signés pour huit ans, soit deux cycles de Jeux du Pacifique. Vu les retards accumulés depuis 2023, les premières DSP seront toutefois signées, avant le 1er mars, donc, pour seulement cinq ans et demi, pour courir jusqu’aux Jeux du Pacifique de 2031.