ACTUS LOCALESÉVÉNEMENTPEOPLE Hinaupoko Devèze heureuse « d’être, à son tour, celle qui va guider » les Miss Lucie Rabreaud 2026-06-29 29 Juin 2026 Lucie Rabreaud Alors que Hinaupoko Devèze vient de couronner Leia Diard comme Miss Tahiti 2026, elle était sur le plateau de Radio 1 ce lundi matin, en compagnie de Camille Cerf. La Franco-Marquisienne parle avec émotion d’une « page qui se tourne » pour elle au fenua, mais d’un tourbillon qui continue en métropole avec un planning de Miss France toujours aussi chargé. Beaucoup espèrent le doublé polynésien pour la fin de l’année : pas impossible « puisqu’il n’y a pas de règle à Miss France ». « Si c’est ton destin, c’est ton destin ! » lance la reine de beauté, qui « pense beaucoup à la suite » et « attend de voir toutes les portes qui vont s’ouvrir » d’ici la fin de l’année. Hinaupoko Devèze : la dernière fois que tu es venue à radio1 tu n’étais que Miss Tahiti. Six mois que tu es devenue Miss France, tu te trouves changée ? Hinaupoko Devèze : Déjà, Miss Tahiti, c’est une école de vie, mais Miss France, c’est un niveau supérieur. Et effectivement, c’est vrai que je vois que je suis plus à l’aise. A l’oral, je me fais plus confiance. Je suis moins dans le doute, dans les peurs. Après, je pars du principe où maintenant, j’ai accepté que j’étais humaine et que ça ne sert à rien de coller à un modèle de perfection, parce que la perfection n’existe pas. Si j’ai été élue, c’est parce que justement, j’étais alignée avec ma personne. Et quand je parle, je parle toujours avec le cœur. Donc aujourd’hui, j’ai un petit peu plus confiance en moi. On apprend aussi la rigueur et l’adaptabilité, parce que c’est un rythme assez conséquent. Il faut toujours s’adapter à la situation, au moment. Je suis très contente de ce que ça m’a apporté, je vois beaucoup d’évolution. Je pense que je ferai un bilan quand tout sera terminé. Aujourd’hui, je n’ai pas beaucoup de temps pour observer les petits changements. « Moi j’aime le côté humain, rencontrer les gens » Tu prends du plaisir toujours à aller à la rencontre des gens, répondre aux questions des journalistes qui, sans doute, sont souvent les mêmes. Hinaupoko Devèze : Il y a des bons et des mauvais côtés. Les journalistes… (rires). Il faut avoir un mindset positif. Il faut s’adapter. Je pense que chaque Miss a ses préférences au niveau de tout. Certaines sont plus à l’aise avec le public, d’autres sur la scène, d’autres encore avec les médias. Moi j’aime le côté humain, rencontrer les gens, être au contact de ceux qui m’ont élu et les remercier et leur montrer ma reconnaissance. C’est un peu le tourbillon, il y a même eu un saut en parachute (pour l’ouverture de la Vendée va’a aux Sables d’Olonne)… Hinaupoko Devèze : Cette fois par exemple, j’arrive en parachute et le journaliste arrive direct avec son micro pour me demander ce que je ressens, bon… Ça fait partie du truc. J’ai répondu que je venais d’atterrir donc je ne pouvais pas en dire beaucoup plus. Aimes-tu cette vie ? Hinaupoko Devèze : Oui, après, c’est temporaire. Il faut bien le comprendre, cette vie n’est qu’une parenthèse. C’est un ticket gagnant pour des opportunités, une expérience de vie unique, remplie et riche de tellement d’expériences. Une parenthèse qui peut changer toute une vie. Hinaupoko Devèze : Oui, qui change une vie. Un vrai tremplin, comme dit Camille, mais voilà, il faut se rappeler d’où on vient parce que cette vie dure un an. Et une fois que tout est terminé, tu retournes à ta vie. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/MISS-FRANCE-Hinaupoko-tremplin-temporaire.wav Camille Cerf, tu te souviens de ce moment où il y a eu un basculement quand même aussi ? Camille Cerf : Oui, bien sûr. Alors, en fait, ce qui est assez fou, c’est que j’ai adoré ma vie avant et j’ai adoré ma vie de Miss France. Mais ce que j’aime encore le plus, c’est ma vie de maintenant, ma vie après cette expérience Miss France. C’est vraiment une expérience de vie, une formation en accéléré. Une fois qu’on a été Miss France, je pense qu’il n’y a aucun métier qui nous fait peur. On est vraiment prête à tout. On a confiance en nous, on sait que tout est possible. En fait, Miss France, c’est tellement quelque chose d’incroyable qu’on n’a même pas osé en rêver. Et vous voyez, 12 ans après, je travaille toujours autant. J’ai réalisé mon rêve. J’ai mon émission de télé sur France 2 qui marche super bien. J’ai la chance de pouvoir accompagner Hinaupoko dans cette aventure. Et puis, veiller sur elle, être aux premières loges de son évolution, tout ça, c’est une fierté immense. J’ai tellement reçu pendant mon année comme Miss France que je suis heureuse de pouvoir redonner. « Miss Tahiti, ça fait vraiment partie des rendez-vous incontournables des élections de Miss » Et cette élection vendredi soir, comment était-ce ? Camille Cerf : C’était génial, incroyable. Miss Tahiti, ça fait vraiment partie des rendez-vous incontournables des élections de Miss. Tout le monde adore. C’est vraiment très, très culturel. C’est différent des autres régions ? Camille Cerf : C’est vrai qu’il y a des régions dans lesquelles ils sont très attachés à leur Miss. Et Miss Tahiti, ça en fait partie. Donc, c’est toujours un plaisir de venir pour cette élection. Surtout que cette année, la culture a vraiment été mise en avant. C’était une très belle découverte, un très beau spectacle. Et surtout, on avait des très belles candidates qu’on avait eu la chance de rencontrer au Grand Oral. Ça a été dur en tant que présidente du jury. Est-ce qu’il y a eu des débats entre vous ? Camille Cerf : Bien sûr. En fait, c’est dur parce qu’on se dit on va changer la vie d’une jeune femme. Il y a nos cœurs qui nous disent : celle-ci m’a vraiment touchée. Mais a-t-elle le potentiel d’aller plus loin à Miss France ? Parce que Miss France, c’est une aventure très dure. Elle part un mois de chez elle. Est-ce que psychologiquement, elle saura vivre, gérer cette aventure ? Au final, on était tous plutôt d’accord pour élire Leia. On pensait qu’elle avait les épaules suffisantes pour cette aventure. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/MISS-FRANCE-Camille-on-va-changer-vie-jeune-femme.wav Et Adriana Karambeu, Marc Lavoine comme jurés, c’était sympa ? Camille Cerf : C’est très sympa. Ce sont des personnalités qui ont l’habitude du spectacle. Adriana a son œil de mannequin, Marc sa sensibilité d’artiste. Donc, ça en fait des jurés très intéressants et qui nous apportent aussi un regard nouveau et frais sur le concours de Miss France. Parce que moi, c’est vrai que, ça fait 12 ans que je suis dans le concours de Miss France, donc j’ai mes idées. C’est toujours intéressant d’avoir un point de vue extérieur. En tout cas, ils avaient l’air étonnés et assez ravis de voir des candidates très matures qui, au grand oral, commençaient un peu timidement, puis finalement se dévoilaient. Ils avaient l’air enchantés de ces rencontres. Camille Cerf : Je pense qu’on a tous été très agréablement surpris de la maturité des candidates et surtout de leur motivation pour être élue Miss Tahiti. Il y en a beaucoup qui nous ont parlé de gagner Miss Tahiti pour pouvoir soutenir leur famille financièrement. C’est vrai que ça, dans d’autres régions, on l’entend peu. C’était très touchant, très émouvant de voir ces jeunes femmes, un échantillon de la jeunesse polynésienne, qui nous ont vraiment parlé des problèmes qu’elles rencontrent ici, en Polynésie. C’est vrai que nous, en métropole, on se dit ils n’ont pas de problème en Polynésie, puisqu’ils vivent au paradis. Donc ces témoignages sont touchants. Parfois, on est un peu déconnectés de cette réalité. Et ça faisait du bien et mal aussi, d’une certaine façon, de l’entendre. Hinaupoko, cette soirée devait être particulière pour toi… Hinaupoko Devèze : J’étais de l’autre côté, en coulisses. C’était mon dernier passage sur la scène de Miss Tahiti en tant que Miss Tahiti. Et c’est vrai que je suis restée dans le déni. Le déni ? Hinaupoko Devèze : On me demandait comment je me sentais et je me disais mais pourquoi, il faut que je me sente d’une certaine façon. Pour moi, c’est un chapitre qui se tourne. Ce n’est pas la fin. Je suis très fière d’avoir été ambassadrice de la Polynésie. Très fière d’avoir pu porter les valeurs et la voix de la Polynésie au-delà des frontières. Aujourd’hui, en tant que Miss France, je continue à porter tout ça avec moi. Je vais accompagner Leia à Miss France, c’est ma petite sœur Miss Tahiti qui va faire partie de toutes mes petites sœurs de la promotion Miss France. J’ai fait mon dernier passage, mon dernier discours. « Je retrouve mon public, mais je lui dis au revoir en même temps » Avec beaucoup d’émotion, ce dernier discours. Hinaupoko Devèze : C’est particulier parce que je suis partie six mois. Donc, en fait, j’ai l’impression qu’il y a six mois de règne qui me manquent. Donc, je retrouve mon public, mais je lui dis au revoir en même temps. C’était assez spécial comme sensation. Je pensais l’émotion allait déborder. Puis finalement, le public était présent, il m’écoutait. Je suis encore une fois reconnaissante d’avoir été aussi bien entourée, accueillie. Et puis voilà, c’est juste une page qui se tourne. C’est vrai que ce qui m’a fait bizarre, c’est quand les filles étaient assises sur la chaise Pomare avec les trois lauréates, un flashback de moi avec les filles de l’année dernière. Mais on tourne une page et je suis très contente d’être à mon tour, celle qui va les conseiller et les guider. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/MISS-FRANCE-Hinaupoko-bizarre-partie-six-mois.wav Et à quoi as-tu pensé en couronnant Leia Diard ? Hinaupoko Devèze : Il faut bien mettre cette couronne, qu’elle tienne bien. On n’a pas envie que ça tombe devant tout le monde ! J’étais concentrée sur les étoiles qu’elle avait dans ses yeux. Leia m’a beaucoup touchée parce qu’elle m’avait dit qu’elle avait toujours eu une bonne étoile. Et quand elle a vu la couronne, il y avait une étoile au centre de la couronne, elle l’a pris comme un signe du destin. Et j’avais ressenti la même chose par rapport à ma couronne, avec ses reflets verts, la vague qui, pour moi, est une vraie symbolique. Aujourd’hui, je parle des vagues de la vie au travers de mes discours de la santé mentale. Pour moi aussi c’était un signe du destin. Et concernant le thème de la santé mentale, as-tu réussi à donner tes messages, tu trouves que les choses ont avancé ? Hinaupoko Devèze : Ce genre de projet, c’est pas en un claquement de doigts que tu peux changer les choses. Même si c’est la cause nationale. J’ai la chance d’avoir une visibilité, d’avoir une communauté. Et au travers de tout ça, je peux mettre en avant ce qui existe déjà. J’ai des vidéos en ligne avec Marie-Estelle Dupont, une psychologue clinicienne, qui me permettent de poser des questions et de poser celles du public. J’aimerais vraiment faire comprendre que la psychologie est aujourd’hui nécessaire dans l’éducation. C’est important de comprendre ses émotions, sinon la société est malade et les gens ne savent pas pourquoi ils sont dans cet état, pourquoi il y a des colères excessives, pourquoi on en vient aussi à se plonger dans des addictions. On ne choisit pas d’où on vient, mais on peut choisir qui on veut devenir. Avec Mareva Georges, vous avez d’ailleurs des projets. Ton combat va rejoindre le sein avec les Margaret’s Place ? Hinaupoko Devèze : Ce que j’aime beaucoup dans le projet Margaret’s Place de Mareva Georges, c’est qu’elle se penche sur la santé mentale des jeunes au lycée. Ce qui est très important parce que finalement, la période du lycée, c’est vraiment la période où tu te cherches, tu trouves ta personnalité, on te parle d’avenir… L’après Miss France : « Je ne dirai rien, for sure » L’avenir justement, que va-t-il se passer après Miss France ? Hinaupoko Devèze : J’y réfléchis, mais c’est vrai que pour l’instant, je ne me prononce pas. Je ne dirai rien, for sure (rires). Je pense beaucoup à la suite, mais je me concentre surtout sur l’instant T. Et c’est vrai que je n’ai pas trop le temps de me projeter. J’attends de voir toutes les portes qui vont s’ouvrir jusqu’à la fin parce que je pense que même au bout du dernier mois, je vais encore avoir plein d’opportunités. Mais bien sûr j’y pense. Et d’ici décembre, on va croiser tous les doigts très fort pour avoir un doublé ! Hinaupoko Devèze : Je pense que Camille peut nous apporter chance cette année. Ce n’est pas un hasard. Miss Nord-Pas-de-Calais et Miss France, tout comme Iris Mittenaere après elle. Et comment c’est de mettre la couronne de Miss France sur la Miss de sa propre région ? Camille cerf : C’est génial. Tout le monde me disait mais non, mais tu ne veux pas que ce soit la Miss de ta région qui gagne parce qu’après, sinon, les gens vont t’oublier. Moi je voulais qu’il y ait deux stars dans ma région. C’est super parce qu’en plus, c’était quelqu’un que je connaissais un petit peu plus que les autres, finalement, même si je me dois d’être impartiale. Et puis, ça me permettait aussi de revenir plus souvent dans ma région, de vraiment passer mon année avec elle, son année avec elle. Et puis, c’est rigolo. Ça prouve qu’il n’y a pas de règle à Miss France. Si c’est ton destin, c’est ton destin.