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Lait maternel : le CHPF lance un nouvel appel aux dons

©CHPF

Confronté à une pénurie, le lactarium du Centre hospitalier de la Polynésie française lance, une fois de plus, un appel urgent au don de lait maternel pour sauver des nouveau-nés prématurés.

Chaque année, entre 50 et 70 mamans font don de leur lait au lactarium. Cependant, ces chiffres varient, et la demande en lait maternel peut parfois largement dépasser l’offre. Ainsi, lorsqu’un appel aux dons est lancé, c’est souvent parce que le lactarium fait face à une combinaison de plusieurs facteurs : un taux élevé de naissances prématurées, une production insuffisante de lait maternel par les mamans concernées, et une baisse des dons de lait anonymes. Actuellement, une dizaine de bébés prématurés dépendent de ces dons pour leur survie. Pour rappel, un enfant est considéré comme prématuré s’il naît avant 8 mois et demi de grossesse.

« Plus on reçoit de lait, mieux c’est »

« Le don de lait maternel au bébé prématuré est primordial. Ils sont immatures au niveau digestif et le lait industriel, artificiel, ne peut pas convenir à leurs besoins. Donc jusqu’à 32 semaines de grossesse, nous sommes obligés de les nourrir par du lait maternel, que ce soit le lait de leur mère ou le lait de don. Et si nous avons le luxe d’avoir suffisamment de lait dans la banque de lait maternel au lactarium, nous poussons jusqu’à 34 semaines et 1,8 kg, », explique Anaïs Oggero, consultante en lactation du CHPF. En effet, seul le lait maternel, riche en anticorps et nutriments essentiels, peut leur assurer une croissance saine et limiter les complications médicales.

Difficile de chiffrer les besoins en litres de lait. « On n’a pas de quantité minimale ou maximale requise : plus on reçoit de lait, mieux c’est. Cela nous permet non seulement de répondre aux besoins immédiats, mais aussi d’anticiper les semaines et mois à venir », poursuit Anaïs Oggero.

Alors comment devenir donneuse ? Toute maman allaitante, ayant un surplus de lait, peut contribuer. Anais Oggero rappelle : « Les critères pour pouvoir donner son lait au lactarium, c’est d’avoir suffisamment de lait pour son propre bébé. Et puis ensuite, avoir un tire-lait en sa possession. Les autres conditions au don, c’est ne pas fumer, ne pas se droguer, ne pas boire d’alcool et ne pas avoir de traitement pour sa propre santé au long cours. Et ne pas avoir reçu de transfusions sanguines. » Ensuite, la procédure est simple : un premier contact avec le lactarium permet de vérifier l’éligibilité de la donneuse. Des tests médicaux sont réalisés afin de garantir la sécurité du lait recueilli. Ensuite, les mamans reçoivent des pots de recueil pour stocker leur lait, qui est ensuite pasteurisé avant d’être distribué aux services de néonatalogie.

« Ça ne coûte rien »

Donner son lait est un geste de générosité immense qui sauve des vies. « Les femmes qui donnent leur lait ont souvent une belle lactation et le surplus peut être précieux pour les bébés les plus fragiles », souligne une consultante en lactation. Actuellement, grâce à l’appel aux dons sur les réseaux sociaux, sept nouvelles mamans se sont manifestées, mais les besoins restent urgents.

C’est grâce à la publication de l’association Te U o Te Ora que Gabrielle, maman de trois enfants et habitante de Papeete est devenue une « donneuse ». « J’ai moi-même fait deux allaitements longs, alors cette cause me tient à cœur. Surtout que les petits prématurés n’ont pas le choix. Je me suis dit que ça ne coûte rien, juste un petit peu d’organisation, mais qu’est-ce que c’est par rapport à leurs besoins ? On m’a donné des pots, je remplissais selon les possibilités, puis j’apportais moi-même au lactarium. Ça a duré quelques semaines, le temps que le lactarium sorte du rouge, car avec les trois enfants, ça demandait quand même un peu d’organisation. Mais ce n’est rien d’insurmontable. »

Un appel à la mobilisation

Le lait maternel peut être conservé congelé, permettant au lactarium d’assurer un approvisionnement continu. « Le lait congelé peut être conservé jusqu’à trois mois avant d’être traité. Une fois pasteurisé, il reste utilisable pendant six mois en service de néonatalogie. Disposer d’un stock suffisant nous offre donc une meilleure visibilité et une gestion plus sereine des ressources pour les bébés prématurés », rappelle Anaïs Oggero. Si vous souhaitez contribuer, contactez directement le lactarium de Tahiti au 40 48 58 19 (ouvert du lundi au vendredi de 7h à 15h) pour offrir une chance supplémentaire aux bébés nés trop tôt.

 

 

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