ACTUS LOCALESENVIRONNEMENTPACIFIQUE L’Australie prête à renoncer à la COP : les pays du Pacifique mécontents et déçus Lucie Rabreaud 2025-11-20 20 Nov 2025 Lucie Rabreaud Le ministre des Affaires étrangères de l'archipel des Tuvalu, Simon Kofé, avait fait un discours les pieds dans l'eau lors de la COP26. L’Australie s’est dite prête à renoncer à l’organisation de la COP 31 dans un an, au profit de la Turquie. Un revirement qui n’a pas du tout plu aux pays du Pacifique. Certains responsables politiques présents à la COP 30 au Brésil ont fait part de leur « mécontentement » et de leur « déception ». Certains mettant même en question leur relation avec l’Australie. Qui de l’Australie ou de la Turquie va organiser la COP 31 dans un an ? L’Australie se dit prête à renoncer au profit de la Turquie, mais elle pourrait garder la présidence des négociations et la traditionnelle réunion avant la COP elle-même. Un accord pas encore tout à fait formellement conclu, ont rapporté plusieurs médias. Mais qui ne réjouit pas du tout certaines figures des îles du Pacifique. Le ministre des Affaires étrangères de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Justin Tkatchenko, a exprimé la déception générale. À l’AFP qui couvre actuellement la COP 30 au Brésil, il a posé cette question : « Qu’est-ce que la COP a accompli au fil des ans ? » Et il y a répondu : « Rien. » Pour lui, la COP n’est qu’un « festival de discussions qui ne fait pas porter leurs responsabilités aux grands pollueurs ».L’ex-premier ministre de l’archipel des Tuvalu, Bikenibeu Paeniu, a déclaré que « les pays du Pacifique devraient sérieusement repenser leur relation avec l’Australie ». Une militante écologique samoane regrette que « les regards se portent désormais sur la Turquie alors que les habitants du Pacifique se battent tous les jours pour la sécurité des îles ». Ce revirement de l’Australie est difficile à avaler pour les responsables politiques et les militants du Pacifique. Car si l’Australie avait postulé, c’était bien pour justement mettre en avant la région pacifique et toutes ces îles qui font face au changement climatique. L’AFP rappelle que le président de Palau, Surangel Whipps Jr, s’était enthousiasmé sur l’organisation de la COP en Australie : « Faire venir la COP dans le Pacifique permettrait au monde de voir la crise, mais aussi les solutions réelles, locales et adaptables que nos îles proposent. »