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Lutte contre la fourmi de feu : les campagnes d’éradication sont des échecs

Depuis l’année dernière, la présence de la petite fourmi de feu a été confirmée sur Huahine et Tahaa, et la représentante Teumere Atger-Hoi, également élue de Tahaa, s’en inquiète de la situation. Dans une question écrite au gouvernement, elle demande au ministre Taivini Teai ce qui a été prévu pour éradiquer cette espèce envahissante. Réponse : il n’y aura pas de campagnes d’éradication sur l’ensemble du territoire car elles sont des échecs et font plus de mal que de bien à l’environnement. Le ministre veut privilégier des actions ciblées sur des zones prioritaires et propose plus de contrôles pour éviter sa propagation.

C’est en août 2024 que le conseil des ministres reconnait officiellement la présence de la petite fourmi de feu sur les îles de Huahine et Tahaa. Cette espèce envahissante n’a cessé de s’étendre en Polynésie française depuis son introduction à Tahiti, probablement dans les années 1990. La représentante Tavini à l’assemblée, Teumere Atger-Hoi, également élue de Tahaa, s’inquiète de cette situation et a posé une question écrite au ministre de l’Agriculture et de l’Environnement sur les zones exactes infectées par la petite fourmi de feu, mais également sur ce que le Pays comptait faire. Le transport de plants végétaux, de matériaux de construction, de fleurs et de feuillages de Huahine et Tahaa sont désormais soumis au contrôle de la Direction de la biosécurité mais pour la représentante, cela reste insuffisant. À quand la campagne d’éradication de ce nuisible ?

Des produits inefficaces mais toxiques pour l’environnement

Et bien jamais, ou en tout cas pas de manière généralisée, a répondu le ministre. Car ces « vastes opérations de traitement par insecticide menées entre 2005 et 2009 se sont hélas soldées par un échec » et sont en plus trop coûteuses : 200 millions de francs pour la seule commune de Mahina. Une autre tentative a ensuite été faite à Moorea. Il s’agissait d’une méthode de lutte préconisée par des experts hawaiiens mais le constat a été le même : « L’analyse des résultats est venue confirmer que le coût de traitement à l’hectare est trop important pour imaginer une politique d’éradication à grande échelle. » Le programme d’éradication a été fermé en 2016 sur cet échec : de telles campagnes sont « coûteuses », elles « ne remplissent pas leurs objectifs » et pire, elles « entrainent des atteintes à l’environnement qui peuvent être supérieures au gain obtenu ». Le ministre parle là de pollution des sols et des eaux, et de conséquences sur la faune et la flore.

Des contrôles sur les marchandises et les matériaux de construction

Taivini Teai souhaite désormais orienter la lutte contre la petite fourmi de feu vers des actions ciblées pour la contenir. Le gouvernement n’envisage plus d’éradiquer totalement cette espèce invasive mais de limiter son atteinte au territoire et aux espèces endémiques. Il prend l’exemple d’un dispositif d’épandage par drone le long d’une falaise de la vallée de Maruapo en 2017-2018, qui avait l’objectif précis de préserver la zone d’habitat du monarque de Tahiti. Ce sont aussi des contrôles qui permettent d’éviter son expansion, notamment sur les marchandises dans les ports et aéroports ou encore dans les entreprises de matériaux de construction qui sont tenues de respecter un plan de lutte phytosanitaire pour éviter l’introduction et la diffusion de la fourmi de feu.  Le ministre annonce également qu’un groupe de travail a été constitué avec la Diren et la direction de la biosécurité pour définir et mettre en œuvre un nouveau plan de lutte contre les espèces envahissantes dont la petite fourmi de feu. Plusieurs actions sont prévues : un recensement complet des zones infectées, l’installation de lanceurs d’alerte capables de traiter une colonie dès sa découverte, et la mise en place d’un contrôle encore plus important des marchandises qui circulent depuis les zones atteintes. Ce projet pourra être concrétisé via la future loi du Pays de biosécurité qui sera soumise à l’Assemblée de la Polynésie française au cours de l’année. Dix des treize communes constituant la subdivision administrative des îles du Vent sont reconnues comme infestées par la petite fourmi de feu.

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3 Commentaires

  1. JACq
    21 mars 2025 à 17h04 — Répondre

    ministre qui fuit ses responsabilité, pour Rurutu ce sera la fin de la cueillette du café en raison des fourmis de feu, mais ils en ont que faire priorité à la Diren

  2. Annaïk
    22 mars 2025 à 8h00 — Répondre

    Ecoutez Jacq, il est juste impossible d’éradiquer cette fourmi sur des grandes surfaces, c’est comme cela, et oui c’est assez terrible. Peut-être sur une plantation, on y mettant énormément de moyen (elle est arboricole, il faut traiter le sol aussi bien que les frondaisons des arbres). Quant à la contenir… Partout dans la Papenoo que je connais bien, des zones de plus en plus vastes sont envahies. Je crois qu’en Martinique un équilibre s’est créé entre cette fourmi et d’autres fourmis, mais elle ne disparaîtra plus. (Et ici il n’y a sans doute pas la même diversité de fourmis, elle envahit donc tout sans qu’on lui oppose de résistance.)

  3. Maima
    25 mars 2025 à 6h38 — Répondre

    Pour éradiquer cette espèce de fourmis, il faudrait que les reines des fourmilières soient stériles donc aux scientifiques de se pencher dessus car qui dit fourmilière dit kilomètre dans le sol de plus ces insectes sont minuscules.

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