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Nucléaire : « Dès qu’on cache quelque chose, on crée les conditions de la méfiance »

Si Manuel Valls n’avait pas prévu de séquence publique sur le dossier du nucléaire dans sa visite d’une semaine en Polynésie, il a tout de même rencontré, loin des objectifs, des membres de la mission « Aller-vers » jeudi soir. Interrogé sur le sujet lors de son passage aux Tuamotu, le ministre des Outre-mer a expliqué que « toute la transparence doit être faite » dans cette « histoire qui pèse » : « il n’y a absolument rien à cacher ». Quant au rapport de la commission d’enquête sur le nucléaire qui lui a été remis officiellement quelques jours avant sa visite, il assure que « l’Etat sera au rendez-vous » sur l’application de ses conclusions.

C’est un « grand débat » que Manuel Valls ne semblait pas particulièrement prompt à aborder lors de sa visite d’une semaine au fenua. Le ministre des Outre-mer avait tout de même pris soin, lors de son passage à Hiva Oa, et à l’abri des micros et caméras, de rencontrer des animateurs de la mission « Aller-vers » qui, depuis fin 2021, sillonne les archipels pour, entre autres, informer et accompagner sur les dispositifs d’indemnisation des victimes des essais. C’est le lendemain, lors de son passage aux Tuamotu, qu’il a été interrogé sur le sujet. « Ce que je veux dire aux habitants de cet archipel et d’une manière générale à tous ceux de la Polynésie c’est évidemment que toute la transparence doit être faite, explique-t-il. Il n’y a absolument rien à cacher. C’est une histoire, qui est là, qui pèse, qui est parfois douloureuse. Donc en matière de santé, en matière d’indemnisation, en matière de vérité et de transparence, je fais partie de ceux qui pensent qu’il ne doit y avoir aucun obstacle. Nous l’avons vu hier aux îles Marquises, l’action que mène l’État avec ces personnels qui vont vers la population pour l’informer de ses droits, des possibilités qui existent notamment concernant des risques, de maladies, de cancer, face à des populations qui parfois ignorent ces moyens… Ce porte-à-porte géant qui est en train d’être accompli doit se poursuivre. C’est ça aussi, je crois la meilleure manière de respecter profondément les Polynésiens. »

Les préconisations du rapport de la commission d’enquête, qui lui a été remis quelques jours avant son départ de Paris par sa rapporteure Mereana Reid-Arbelot, seront-elles appliquées ? « Elles me semblent intéressantes, répond l’ancien Premier ministre de François Hollande. Elles donneront lieu à une proposition de loi qui sera débattue. Ça c’est de l’initiative de l’Assemblée nationale dans quelques mois. Le gouvernement sera très attentif à ces travaux. Le ministère de la Défense, comme d’autres départements ministériels, s’est déjà engagé à mettre en place les préconisations qui ne passent pas par la loi, là aussi, je crois sans démagogie, avec un souci de vérité d’efficacité. On peut avancer pour la plus grande transparence et pour répondre aux attentes des Polynésiens. Car dès qu’on cache quelque chose et qu’on donne le sentiment de vouloir se dérober à ses responsabilités, on crée les conditions de la méfiance. »

« La question du nucléaire a bâti une partie des relations entre la France et la Polynésie depuis le début des années 60, pour les raisons qu’on connaît tous, les choix qui ont été faits au début des années 60, notamment par le général de Gaulle, ajoute-t-il. Cette page a été tournée mais maintenant il faut gérer toutes les conséquences. On a commencé avec la visite du Président de la République il y a quelques années. On va poursuivre à travers les travaux de ce rapport parlementaire et l’État sera au rendez-vous ».

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