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Philippe Castel champion du monde de « Ping Parkinson » en double

Parti représenter la Polynésie aux championnats du monde de tennis de table Parkinson, Philippe Castel a remporté ce dimanche la finale de double aux côtés du Français  Julien Tardy. L’enseignant en arts appliqués de Tahiti, atteint de la maladie depuis quatre ans, s’était investi dans le ping-pong pour ses bienfaits neurologiques. 

Lire aussi : Philippe Castel, pongiste et combattant de la maladie de Parkinson

Après l’exploit des pêcheurs sous-marins au Brésil samedi, c’était du côté de la Suède qu’il fallait regarder pour voir un autre drapeau polynésien sur un podium mondial. En survêtement rouge, les bras en l’air, Philippe Castel, parti à Helsingborg pour participer au Festival mondial de tennis de table pour la santé. Un Festival où se croisent 153 participants venus de 25 Pays, entre autres pour participer aux championnats du monde de Ping Parkinson. L’enseignant en arts appliqués de Tahiti, qui avait été diagnostiqué de la maladie voilà quatre ans, et qui s’était rapidement investi dans le tennis de table, dont les bienfaits neurologiques sont établis, avait déjà pris part à deux reprises à l’évènement mondial.

Mais cette fois, il s’agissait bien de faire raisonner l’hymne polynésien en Suède. Déjà médaillés de bronze en double vétéran – et en catégorie valide -, il avait commencé à un entrainement intense en juillet dernier, trouver des soutiens, à la fédération polynésienne ou ailleurs, et lever des fonds au travers d’une cagnotte et de vente de dessins.

Un investissement qui a payé. Si Philippe Castel a dû s’arrêter en huitième de finale des Mondiaux en simple, il a monté une à une les marches du tournoi avec son partenaire de double, le Français Julien Tardy. Ensemble, ils éliminent une équipe autrichienne, un duo d’Allemands, avant de s’imposer, en finale, et sur un cinquième set décisif, face à une paire Austro-allemande. Une première pour un « super aito », se réjouit la Fédération Tahitienne de tennis de table, qui félicite au passage son coach André Becquet.

Une compétition dans la compétition

Fin septembre, Philippe Castel expliquait au micro de Radio 1 toute la complexité d’atteindre un bon niveau dans ce sport qui exige beaucoup de réflexes, de coordination, de motricité, et d’équilibre, des qualités qui sont, justement, attaqués par la maladie de Parkinson. Il confiait aussi qu’en plus du championnat, la gestion de sa pathologie était une « compétition » en soi. « En Irlande, on dit qu’ils ont quatre saisons dans la journée, et bien moi je peux avoir quatre âges dans la même journée, expliquait Philippe Castel. Je peux me lever et avoir 90 ans, c’est-à-dire traîner les pieds, ne plus pouvoir mettre un pied devant l’autre. Après, mon traitement fait que je vais retrouver ma jeunesse. Donc, on va anticiper le fait que pendant un match, je peux avoir un moment de blocage, un petit moment de crise. Du coup, il y a des règles adaptées, on peut avoir des pauses médicales, etc. Mais il faut qu’on se prépare aussi à ces situations où il y a des moments où on est réduit en mobilité ».

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