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Soigner grâce aux cellules souches : une approche « plus légère » que la greffe d’organe

Après les algues et le cerveau, c’est pour parler des cellules souches que l’association Proscience a fait venir un expert au fenua. Directeur de recherche au CNRS et à l’institut Pasteur, le Dr. Michel Cohen-Tannoudji, va animer deux conférences, mercredi et jeudi, sur les avancées récentes sur la recherche des cellules souches et sur la médecine régénérative, porteuses d’espoir pour traiter des maladies comme le diabète, la dégénérescence maculaire, l’épilepsie, Parkinson ou encore les maladies génétiques. Après plusieurs décennies de recherche en la matière, des essais cliniques « arrivent à maturité » dans ce domaine.

L’objectif de l’association Proscience est de proposer un cycle de conférences sur des sujets variés pour les professionnels et le grand public. La membre active de l’association, Suzanne Chanteau, ancienne directrice de l’institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie, a gardé contact avec ses anciens employeurs et réussit à convaincre des chercheurs de venir raconter leurs travaux aux Polynésiens. Après les algues avec Vincent Doumeizel, le cerveau avec Sylvie Chokron, l’association s’intéresse maintenant aux cellules souches et à la médecine régénérative. C’est le directeur de recherche au CNRS, le docteur Michel Cohen-Tannoudji, qui va animer deux conférences pour parler des dernières avancées en biologie sur ces sujets et surtout de leurs conséquences pour la médecine.

Applications multiples, recherches en cours

Aujourd’hui, les chercheurs savent cultiver des cellules souches, notamment les cellules « pluripotentes », une cellule au tout début de son développement qui peut donc devenir n’importe quel type de cellule, pour être ensuite transplantée chez le patient et rectifier ce qui marche moins bien ou plus du tout. Le docteur Michel Cohen-Tannoudji donne l’exemple de la maladie de Parkinson : « Ce sont les neurones dopaminergiques (qui produisent de la dopamine) qui sont absents, ce qui provoque la maladie. Aujourd’hui, on essaye de générer des neurones qui produisent cette dopamine à partir de cellules souches, dans le laboratoire, et de venir les transplanter chez le patient pour corriger une partie des symptômes de la maladie. »

Des progrès médicaux qui peuvent être utilisés aussi pour une dégénérescence comme la DMLA, la dégénérescence maculaire liée à l’âge, qui touche des millions de personnes dans le monde en les rendant aveugles petit à petit. « Aujourd’hui, on sait, à partir d’une cellule souche pluripotente, générer in vitro, rapidement et efficacement, un épithélium rétinien normal. » La recherche continue puisqu’il faut désormais trouver un moyen que ces cellules, produites in-vitro, s’intègrent dans la rétine du patient.

Pour le diabète, un traitement existe à partir de cellules souches pluripotentes qui permettent de recréer les cellules du pancréas qui secrètent de l’insuline mais le problème reste la tolérance immunitaire des personnes transplantées. Même si ce n’est pas un organe entier mais des cellules, le problème reste le même. Aujourd’hui les scientifiques cherchent comment rendre ces « nouvelles » cellules « invisibles au système immunitaire du patient ».

« Lever les fantasmes »

Est-ce que ce sera des techniques applicables ici en Polynésie ? C’est une possibilité puisqu’il y a déjà des greffes de reins et que ce type d’approche « est plus légère » par rapport à la greffe d’organe. « On n’a plus cette urgence entre la disponibilité d’un greffon et le moment de la transplantation. On peut programmer le moment où on va réimplanter ces cellules, et donc ça permet d’exporter beaucoup plus facilement ce type d’approche dans des structures médicales et hospitalières. »

Pour en arriver à ce point de la recherche et de l’application en médecine, il a fallu beaucoup de temps, précise Michel Cohen-Tannoudji. 15 à 20 années de recherches fondamentales pour comprendre comment cultiver ces cellules, réussir à les pousser vers un type donné, et encore 15 ans de recherche translationnelle, la transformation des découvertes en laboratoires vers des applications pratiques, et encore quelques années d’essais cliniques. « C’est seulement maintenant, 45 ans après le tout début de la recherche dans ce domaine qu’on arrive à des applications médicales. »

Face au manque de confiance parfois entre les scientifiques et le grand public, ces conférences sont l’occasion de « lever les fantasmes » et « discuter avec un spécialiste pour avoir accès à l’information ».

  • Conférence pour le grand public : jeudi à 18 heures, à l’association philanthropique chinoise.
  • Et pour rester informer sur les prochaines conférences gratuites et ouvertes à tous : l’association Proscience Tahiti a une nouvelle page Facebook.

 

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