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Une marche le 14 juin pour Ayden, Opape… et contre « toutes les formes de violences »

 

Taki Keheilani ambassadrice de Margaret’s place, Charlotte Girard Représentante de Te ti’aturi nei, Jenny Dieudonné vice-présidente de la ScaT et Benjamin Varney « communiquant » pour la ScaT et fondateur du mouvement Te fiu o te nuna’a Maohi.

Après le décès de la petite Ayden, la fondation Te ti’aturi nei de Mareva Georges et Paul Marciano appelle la population à se joindre à la « marche citoyenne » organisée par Stop à la cruauté animale Tahiti (ScaT) le 14 juin. Des combats différends dans le fond, mais pas dans la forme, à entendre les organisateurs de l’évènement qui réclament, sur la protection de l’enfance comme sur la protection animale, « l’application des lois », « le renforcement des suivis »… Et qui veulent « briser le silence » des témoins de ces maltraitances.

Initialement lancée pour dénoncer la maltraitance animale la marche citoyenne, prévue le vendredi 14 juin à Papeete veut prendre une toute autre ampleur. L’association Stop à la cruauté animale Tahiti (ScaT), à l’origine de l’événement, a décidé d’élargir l’appel à la mobilisation à toutes les formes de maltraitance : celles infligées aux enfants, aux femmes, aux personnes vulnérables, comme aux animaux. Un changement de braquet qui fait suite à la sollicitation de Te ti’aturi nei. La fondation créée par Mareva Georges et Paul Marciano, active, entre autres domaines, sur les questions de préventions des violences familiales, a souhaité se greffer à la mobilisation après la mort, voilà une semaine de la petite Ayden, 7 ans décédée après avoir subi de graves violences dans sa famille d’accueil.

« On est tous différents, mais on a un lien commun : on veut un changement »

C’est donc contre « toutes les formes de violences » que sont appelés à marcher les citoyens le 14 juin. Mais peut-on vraiment comparer la maltraitance animale et celle d’un enfant, placé chez des « tiers de confiance » par la justice ? À la Scat, on estime en tout cas que les deux combats se rejoignent. « Le drame qui est arrivé à Ayden s’est produit dix jours après ce qui s’était passé avec Opape. On ne pouvait pas rester indifférents. Ce qu’on dénonce, c’est la maltraitance dans tous les sens du terme, que ce soit physique sur une personne, un enfant ou un animal », explique Jenny Dieudonné vice-présidente de Scat.

Cette marche est aussi un moyen de « donner la parole à la jeunesse », assurent les organisateurs qui attendent parmi les participants, des ambassadeurs des Margaret’s Place. Ces espace de parole et de soutien destinés aux jeunes, ouverts à partir de 2021, avec le soutien de Te ti’aturi nei, dans deux lycées de Tahiti, accueillent chaque année des centaines d’élèves en souffrance. Taki Keheilani, jeune ambassadrice de 17 ans, estime que beaucoup de ses camarades se sentent « impuissants » dans une société où les faits divers et « buzz » liés à la maltraitance s’enchaînent. « Nous sommes l’avenir de la Polynésie, dit-elle. On vit ces horreurs malgré notre âge. On aura des enfants plus tard, on a des neveux, des petites sœurs… Il faut qu’on se mette en marche. On est tous différents, mais on a un lien commun : on veut un changement au fenua. »

« Il n’y a pas de petites violences, seulement des victimes silencieuses »

La marche citoyenne veut ainsi « mettre la pression sur les autorités ». Et même si les revendications concrètes sont difficiles à définir vu l’étendu des thèmes aborder, les organisateurs réclament, que l’on parle de maltraitances familiales ou animales, « l’application des lois », le « renforcement des suivis »… Et la fin du « silence » : car si les violences, de toutes sortes, sont régulièrement à la une du débat public, trop de Polynésiens ne dénoncent pas des faits dont ils ont connaissance ou sont témoins. Pour briser cette « omerta », il faut une « prise de conscience collective », estiment la ScaT et la fédération Te ti’a turi nei. Qui donnent donc rendez-vous à « tous ceux qui se sentent concernés » par ces sujets le 14 juin à 9h place Tarahoi pour une marche vers la Présidence où une rencontre est prévue avec un représentant du gouvernement. Pour l’occasion un slogan a été choisi : « Il n’y a pas de petites violences, seulement des victimes silencieuses ».

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