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Un Te Aito World Tour en 2030 avec 1 500 rameurs

©Te Aito Events

Les fondateurs de la Te Aito rêvent désormais d’une compétition mondiale qui se tiendrait à Tahiti. La Te Aito World Tour réunirait les meilleurs des courses éponymes organisées à travers le monde. Une finale avec 1 500 rameurs dont 500 étrangers organisée en juin 2030 et qui, non seulement donnerait un objectif aux athlètes, mais contribuerait aussi au développement de l’économie du va’a.

C’est en 2018 que la Te Aito rassemble le plus grand nombre de participants : « 1 200, toutes catégories confondues », se souviennent Charley Maitere et Mara Aitamai, les fondateurs de la course. Et désormais ils veulent faire encore plus et atteindre 1 500 participants, dont 500 étrangers, pour une grande finale à Tahiti, des courses Aito organisées à travers le monde. Ces courses de V1 existent en Nouvelle-Calédonie, au Japon, en France, à Hawaii, au Brésil, à Wallis-et-Futuna, et Mara Aitamai espère bientôt la voir à Fidji et à Abu Dhabi. Des courses qui ont été développées ces dernières années sans vraiment d’accords ou de partenariat formels avec les deux hommes pour l’utilisation du nom « Te Aito ». Ils voudraient aujourd’hui formaliser les choses, en faire une véritable franchise, et donc proposer une finale d’un Te Aito World Tour. Première édition en juin 2030, annoncent-ils.

Donner un nouvel objectif aux athlètes

Derrière l’organisation de cette grande finale, les deux hommes poursuivent plusieurs objectifs : récupérer donc la marque Te Aito et donner un objectif aux athlètes . Ils s’inquiètent de « l’absence » de la relève. Chez les juniors, c’est un néo-zélandais qui a remporté la dernière Super Aito (Maia Richard Campbell) : « Le début de l’alerte. » Créer cette finale mondiale du Te Aito, c’est donc donner une échéance et motiver des juniors qui seront dans la catégorie senior dans cinq ans à s’entrainer. Mara Aitamai les appelle « la génération Naiki », du nom du fils de Billy Tupea, coach et président du club « Mataiea hoe ». Ce garçon a 12 ans aujourd’hui, 17 ans en 2030, et donc « ce sera leur tour de prouver que tous les espoirs des organisateurs sont fondés. Ces événements, c’est pour eux ».

Motiver aussi les rameuses

Mara Aitamai, par ailleurs candidat aux municipales à Faa’a, pense aussi aux femmes. Pas de catégorie féminine cette année sur la Super Aito, faute de moyens : « Nous n’avions plus les moyens de satisfaire tout le monde mais aujourd’hui la confiance est revenue avec nos partenaires », assure-t-il et donc dès 2026, la Super Aito sera aussi féminine. S’il parle de confiance c’est que des rameurs n’avaient pas apprécié l’esprit des organisateurs jusqu’à organiser leurs propres courses concurrentes, la Tahoe et la Super Tahoe. Le conflit s’était rapidement tassé, Mara Aitamai et Charley Maitere avaient assuré avoir compris les contestations et aujourd’hui, beaucoup de sportifs s’engagent sur les deux compétitions. Mais le va’a au féminin reste un challenge. Pour essayer d’encourager les rameuses, il y aura bien une catégorie féminine sur la Aito World Tour.

« Le va’a : un super business »

La compétition est aussi l’occasion de continuer à développer l’économie du va’a. les deux hommes imaginent adosser à la Aito World Tour, un « salon du va’a ». « Le va’a représente 100 millions de francs de chiffre d’affaires avec les entreprises qui construisent les pirogues et les rames, mais créent aussi du textile et des accessoires. » L’économie du va’a est devenu un super business, dit Charley Maitere.

Charley Maitere et Mara Aitamai commencent déjà à aller voir des entreprises pour les convaincre de sponsoriser la course et le gouvernement pour obtenir un soutien. L’ancienne ministre des Sports, Nahema Temarii, était « bien au courant du projet », il faudra donc mettre son remplaçant au parfum. Même si Kainuu Temauri, ancien conseiller technique de ce ministère et le fils d’un rameur et d’une rameuse, aura sans doute rapidement une idée des enjeux d’une telle compétition. « Chaque chose en son temps, sa priorité aujourd’hui c’est Tahiti 2027 donc on ne va pas l’embêter pour une compétition pour 2030. »

Et si l’engouement est au rendez-vous alors les deux hommes pensent également à créer « un musée du va’a ». En attendant la concrétisation de ces beaux projets, les rameuses et rameurs auront de quoi continuer à faire l’histoire du va’a avec un prochain rendez-vous international : les championnats du monde de vitesse à Singapour du 17 au 30 août 2026.

 

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