ACTUS LOCALESSPORTS 22 titres en natation à Palau : « Ça fait longtemps que Tahiti n’a pas été à ce niveau » Charlie Réné 2025-07-07 07 Juil 2025 Charlie Réné Photos : COPF Avec un total de 50 médailles dont 22 en or, la natation polynésienne a brillé au delà de toutes les espérances aux Mini-Jeux de Palaos. Alors que les athlètes regagnent le fenua – avec 16 breloques autour du cou pour Déotille Videaux et 15 autres pour Naël Roux – le directeur technique de la Fédération Sylvain Roux félicite une équipe qui a su allier sérieux, détermination et bonne ambiance, il souligne le travail des clubs et des entraineurs… Mais il appelle aussi à ne « pas baisser la garde » et a continué la préparation de Tahiti 2027 : la concurrence est rude, la sélection encore jeune, et elle devrait être rejointe par d’autres talents d’ici deux ans. Il reste encore deux jours de compétition à Palaos, mais les épreuves en piscine et en eau libre ce sont, elles, terminées samedi. Et elles sont terminées sur un grand cri de victoire pour les nageurs tahitiens. 50 médailles au total, 22 or, c’est près de la moitié des titres qui ont été glanés par les rouge et blanc. Des résultats exceptionnels, au delà même des objectifs de la Fédération tahitienne de natation qui voulait rentrer au pays avec au moins 15 premières places. Déotille Videau, Naël Roux et tous les autres Sur les podiums, deux athlètes ont été moteurs dans cette moisson. Déotille Videau, 16 ans, qui repart avec 9 médailles d’or et 7 médailles d’argent, Nael Roux,19 ans, qui décroche 15 breloques dont 10 en or. Mais pour le directeur technique de la « fédé », Sylvain Roux, il s’agit surtout d’une victoire d’équipe. Keha Desbordes, catalyseur des relais, tous gagnés côté tane, Enoa Vial, 15 ans seulement, et en or sur le 800 mètres nage libre, Heimaru-Iti Bonnard, victorieuse sur le très disputé 200 mètres nage libre, Lilli Paillisse, devant en 800 mètres, 1500m, et en 5km eau libre, Hawaiki Moro, Sosthene Videau, Toki Temaiana, Nicolas Vermorel ou Manea Teriierooiterai… Tous repartent tous avec des titres en individuel ou en relais. Le résultat de plusieurs années de structuration de la natation en Polynésie – qui a « la chance d’avoir des entraineurs très motivés, compétents et diplômés », précise Sylvain Roux -, d’une bonne cohésion entre les clubs formateurs et de la création d’un Centre de performance polynésien, d’où proviennent 7 de ces nageurs. « C’est pas une sélection de nageurs que tu prends à droite à gauche, on a un socle commun et l’ambiance, la détermination, le sérieux, il est porté. Et pour un sélectionneur, c’est beaucoup plus facile. Les trois ou quatre qui vont compléter l’équipe, ils rentrent tout de suite dans la philosophie d’aller gagner des médailles d’or, détaille le directeur technique, et entraineur en chef de la sélection. Ça se fait pas en deux mois, c’est des années de travail, avec un super staff, des super élus, et surtout des bons clubs et entraineurs derrière… Et c’est pour ça que ça fonctionne ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/MINI-JEUX-NATATION-1.wav Ne pas se « reposer sur ses lauriers » À la FPN, on se dit bien sûr très satisfait de ces résultats qui font de Tahiti le premier pays du Pacifique dans les bassins, et qui placent surtout l’équipe sur de très bons rails pour ses Jeux à la maison en 2027. Attention tout de même à « ne pas se reposer sur ses lauriers », prévient le directeur technique : la concurrence est rude dans la région – « on les a énervés, ils vont réagir », prédit Sylvain Roux – entre autres du côté de la Calédonie, qui n’avait pas fait venir, aux Palaos, certains athlètes de haut-niveau qui nage en France. Mais le responsable assure que les Cagous, qui ont dominé pendant plusieurs années les débats régionaux en natation, « ne sont pas tous seuls » dans le Pacifique et surtout qu’ils n’ont pas de quoi effrayer la sélection en rouge et blanc, encore très jeune et pas encore tout en haut de son potentiel. L’essentiel est de maintenir les efforts et l’envie de gagner. « Il faut surtout pas baisser la garde, continuer à travailler, renforcer l’accompagnement de nos nageurs d’élite… L’objectif dans ces deux prochaines années, c’est d’aller un peu plus souvent dans les compétitions Pacifique : Nouvelle-Zélande, Australie, on va faire les Oceania en mai 2026, reprend le sélectionneur. Au delà de ça, j’espère que ça va attirer aussi les jeunes qui n’ont pas encore été dans la sélection, qui ont aujourd’hui 13 ou 14 ans, et qui pourront éventuellement compléter l’équipe pour Tahiti 2027″. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/MINI-JEUX-NATATION-2-pas-relacher-la-garde.wav Car la natation tahitienne a encore beaucoup de réserves et devrait continuer à performer bien au delà de 2027. Pour le directeur technique de la fédé, aucun doute, « ça fait très longtemps que Tahiti n’avait pas été à ce niveau-là ». Il faut d’après lui remonter aux années 90 et à l’époque des diane Lacombe et des Arthur Agnieray pour retrouver de telles performances régionales dans les bassins.