ACTUS LOCALESCULTURE Mareva Leu, ancienne « Madame Fifo » et personnalité de la culture, s’est éteinte Charlie Réné 2025-11-11 11 Nov 2025 Charlie Réné ©DB/Radio1 La jeune quadragénaire est décédée en Nouvelle-Zélande où elle avait été évacuée après des complications médicales. Surtout connu pour son rôle à l’Afifo où elle avait été déléguée générale pendant de longues années, Mareva Leu était plus largement investie dans la valorisation de la culture locale, au travers de l’association Littéramā’ohi, qu’elle présidait, la revue Matareva ou encore les spectacles Pīna’ina’i. Si ses problèmes de santé étaient connus depuis longtemps d’une partie entourage, les complications médicales récentes ont été un choc pour beaucoup. Mareva Leu, qui aurait eu 44 ans dans quelques jours, a été évacuée vers la Nouvelle-Zélande où elle est décédée ce mardi. Cette docteure en pharmacologie, auteure en 2009 d’une thèse sur les propriétés médicinales de plantes polynésiennes, et notamment le tamanu – un travail qui lui avait valu une distinction nationale – avait d’abord été ingénieure de recherche à l’UPF. Elle s’était rapidement investi dans le milieu de la culture, participant puis prenant les rênes de la revue Matareva, qui analyse et fait revivre chaque année les grands moments du Heiva. Une façon d’alimenter la « mémoire collective » expliquait-elle. Mais c’est surtout au sein de l’Afifo, association en charge de l’organisation du Festival international du film océanien, et dont elle avait été la déléguée générale de 2016 à 2023, avant d’intégrer son comité de présélection, qu’elle s’est fait connaître du plus grand nombre. « Avec humilité et constance, Mareva s’est engagée au service de la culture et de la transmission de celle-ci, écrit l’association dans un communiqué d’hommage. Sa bienveillance, son humour et son intégrité vont profondément nous manquer. Son départ prématuré est une perte considérable pour l’ensemble des acteurs culturels de notre Pays ». Depuis 2023, Mareva Leu officiait comme consultante, cheffe de projets culturel ou traductrice auprès de différents organismes. Défenseure des langues polynésiennes, elle était aussi présidente de l’association Littéramā’ohi, et directrice de ses publications créées pour tisser du lien entre les écrivains du pays et faire connaître la richesse de la littérature locale. Elle y signait, l’année dernière encore, un « éloge de l’imperfection » appelant à faire vivre le reo et les langues autochtones quitte à accepter des erreurs et approximations. Appréciée pour sa rigueur autant que ses qualités humaines, elle avait aussi été choisie pour faire partie du conseil scientifique, culturel et éducatif du centre de mémoire des essais nucléaires français Pu Mahara. Il y a quelques jours à peine, Mareva Leu était encore sur le Paepae a hiro de la Maison de la Culture, pour participer à la quinzième édition de Pīna’ina’i, spectacle créé lui aussi pour promouvoir la littérature autochtone au travers d’une rencontre entre les mots et la danse. Une édition sous le thème du Omo’e, le « jardin secret » que Mareva Leu savait aussi cultiver. Fin octobre, Mareva Leu déclamait toujours sur la scène de Pina’ina’i © A’ua Photographie