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Grève des pilotes chez Air Tahiti : « Quand on parle de fatigue, on parle de sécurité »

 

©SPNTPF

70 des 96 pilotes d’Air Tahiti se sont mobilisés ce vendredi et aucun avion de la compagnie n’a décollé ce matin. En pleine négociation avec la direction, le syndicat majoritaire des pilotes, le SPNTPF, dénonce l’absence de réponses sur la fatigue des équipages et le manque d’effectifs, dans un contexte de forte reprise du trafic. Les pilotes demandent également une meilleure planification de leurs heures de travail afin d’épuiser le reliquat de leurs jours de congés accumulés depuis la crise sanitaire. Ce matin, plusieurs passagers se sont donc retrouvés bloqués, contraints de revoir leurs plans.

[MàJ 14h00 correction de l’effectif de grévistes]

Aucun vol chez Air Tahiti ce vendredi. Les négociations entre la compagnie aérienne et le Syndicat des personnels navigants techniques (SPNTPF) n’ont toujours rien données, pour l’heure, « nous n’avons eu aucun signe de vie de la part de la direction », indique l’un des pilotes grévistes interrogés au siège d’Air Tahiti ce vendredi. Au total, près de 70 pilotes et commandants de bord -pas tous syndiqués- se sont rassemblés ce matin d’après les chiffres du syndicat. Le SPNTPF, le syndicat majoritaire d’Air Tahiti, qui ne s’était pas mis en grève depuis 2004, annonçait déjà le 2 avril avoir déposé son préavis. « Ils ont commencé à nous contacter mardi pour un début de négociation. Ceci dit, les négociations ont tourné en boucle », assure un pilote membre du syndicat. 

« On n’arrive pas à trouver de solution parce qu’il n’y a aucune solution qui vienne de leur part concernant notre fatigue. Quand on parle de fatigue, on parle de sécurité des vols », détaille le gréviste. « Quand on cumule 7000 jours de congés, je pense qu’il y a un réel problème », poursuit-il en précisant que 96 pilotes sont concernés. « À un moment donné, il va falloir se poser les bonnes questions. On demande simplement de la souplesse, c’est-à-dire un recrutement chez les commandants où effectivement, il y a un manque d’effectifs. Donc on demande à ce qu’il y ait un recrutement en interne », explique le pilote d’Air Tahiti.

Et ces nombreux jours de congés se sont accumulés à la suite de la crise sanitaire du Covid-19. « Depuis la fin de cette période, nous les pilotes, nous avons bien eu conscience des efforts qu’il fallait apporter pour le bien-être de la compagnie », souligne le membre du SPNTPF. Il ajoute : « Avec la montée du tourisme en Polynésie et donc cette augmentation du trafic, nous avons fait des efforts. Ceci dit, nous avons cumulé depuis trois ans trop de congés. » Dans leurs revendications, les pilotes demandent ainsi une meilleure planification de leurs heures de travail afin « de pouvoir épuiser le reliquat » de leurs jours de congés.

« Épuisée, énervée et en colère »

Du côté des passagers, c’est la colère et la déception ce matin à l’annonce des vols annulés. Si certains évoquent de la fatigue après être à peine arrivés de Métropole, d’autres voient leur séjour chamboulé puisqu’ils ne peuvent pas accéder à la destination prévue. Certains espéraient alors une solution du côté d’Air Moana.

« On devait avoir un vol pour Rangiroa ce matin, mais à notre arrivée, ils nous disent que le vol est annulé. Du coup, là, on se rabat vers Air Moana pour pouvoir avoir un vol dans la journée », explique un passager dans la file d’attente d’Air Moana, déjà longue aux alentours de 9 heures. « Je pense qu’avec tout le monde qui se rabat » sur la deuxième compagnie, « ça va être compliqué d’avoir un vol ». « Notre vol pour Maupiti a été annulé, on ne verra donc pas Maupiti, à mon grand désespoir ». « Pas de vol pour Huahine. On vient de se taper 24 heures de trajet, on arrive de Marseille. On est arrivés à 5h ce matin, on nous annonce qu’il n’y a pas de vol », relate cette mère de famille qui confie être « très épuisée, énervée et en colère ».

Air Tahiti indique qu’un point presse est prévu ce vendredi à 13h, au siège de la compagnie. Selon nos informations, une réunion doit avoir lieu en fin de journée entre les syndicaliste et la direction.

 

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