ACTUS LOCALESCOMMUNESFAITS DIVERS À Afaahiti, les résidents de Te Honu attendent encore des réponses Caroline Perdrix 2025-12-17 17 Déc 2025 Caroline Perdrix Quatorze maisons du lotissement Te Honu sont encore inaccessibles. La réunion qui s’est tenue mardi à la mairie n’a pas permis d’apporter aux résidents les réponses qu’ils espéraient. Ils s’interrogent toujours sur les causes de la tragédie, et sur l’avenir de leurs logements, mais tant que l’expertise et l’enquête pénale ne sont pas finalisées, aucune décision définitive ne peut être prise. En attendant, le Pays propose des solutions de relogement, et un accompagnement administratif et psychologique. Trois semaines après le glissement de terrain du 26 novembre qui a fait huit morts, et après l’évacuation de 20 maisons du lotissement Te Honu, beaucoup des nombreuses questions des habitants de la zone restent encore sans réponse. La réunion d’information organisée par le tavana Anthony Jamet, à laquelle assistaient aussi la vice-présidente Chantal Galenon et le ministre du Logement Oraihoomana Teururai, ainsi qu’un représentant de l’État, était fermée à la presse. Mais selon les résidents, elle n’a pas permis de dissiper leurs angoisses. Six familles autorisées à réintégrer leur foyer L’arrêté municipal daté du 12 décembre a clarifié quelles maisons sont accessibles. Six familles sont autorisées à rentrer chez elles. Quatre maisons dont le terrain est partiellement dans la zone de danger sont accessibles mais pas habitables, et un accès temporaire rapide est possible pour 7 autres maisons, sous réserves de conditions météo favorables et/ou de traitement des éboulis. Enfin, l’accès à trois maisons reste interdit jusqu’à nouvel ordre. Un zonage qui peut être modifié « en fonction des études et travaux éventuels » de sécurisation du site mais aucune information n’a été donnée sur ces études et l’ampleur des travaux, ni sur leur calendrier. La zone de danger délimitée par l’arrêté municipal. Même les familles autorisées à rentrer chez elles craignent de le faire. Mardi matin, le site a connu un nouvel éboulement peu important. Le ministre du Logement a annoncé l’assouplissement des conditions de relogement dans le parc OPH, et l’AISPF (Agence immobilière sociale de Polynésie française), qui dispose de logements dans la zone de Taravao, est mise à contribution. Chantal Galenon, également en charge des Solidarités, a promis un suivi par un psychologue, notamment pour les enfants qui restent traumatisés par la tragédie du 26 novembre. Le Pays propose aussi un accompagnement sur les formalités administratives, mais banques et assurances sont en attente d’un document déclarant le sinistre. Aucune décision définitive avant la fin de l’étude et de l’enquête pénale Difficile donc de dire quand les habitants pourront rentrer chez eux, de quelles aides ils pourront bénéficier, et quel est l’avenir à long terme de la zone, notamment parce que les premières constatations des experts ne sont « pas figées ». Le rapport d’expertise n’est pas piloté par le Pays, qui dit d’ailleurs n’avoir pas reçu les conclusions des experts calédoniens dépêchés sur le site la semaine dernière. Certains résidents présents à la mairie ont cru comprendre que sur ces propriétés privées, l’intervention du Pays pour de gros travaux ne serait en théorie pas possible à moins d’exproprier. Une enquête pénale a été ouverte, et l’hypothèse de travaux de terrassement réalisés au-dessus du lotissements ces derniers temps reste dans les esprits. La cartographie des aléas naturels de la Direction de la construction et de l’aménagement fait apparaître, à quelques mètres de l’emplacement du glissement de terrain, deux éboulements datant de janvier 2022. On constate également que les parcelles les plus proches de la falaise sont classées en aléa moyen, et le reste du lotissement en aléa faible. Quoi qu’il en soit, tant que l’étude et l’enquête ne sont pas finalisées, aucune décision définitive ne peut être prise.