ACTUS LOCALES

À la tour de contrôle, un vote mais pas de sortie de grève

Les contrôleurs aériens de Tahiti-Faa’a étaient consultés ces derniers jours sur la mise en place d’une nouvelle option d’organisation du travail, qui doit permettre, pour ses défenseurs, d’accélérer la formation et donc d’étoffer les effectifs. La proposition, formulée un syndicat opposé à la grève lancée depuis plus de deux mois par l’Usac-CGT, reçu 60% des suffrages parmi les contrôleurs. Le conseil social d’administration doit à son tour voter sur le sujet ce mercredi. Le syndicat gréviste devrait y être mis en minorité, mais n’entend pas arrêter son mouvement pour autant.

Mobilisation au rendez-vous à la tour de contrôle, malgré le climat social tendu. Le service d’État de l’aviation civile (Seac) avait lancé depuis jeudi un vote en ligne à la demande du syndicat SNCTA, qui propose la déclinaison, à la tour de Tahiti-Faa’a, d’une des possibilités du dernier protocole social national de la DGAC, signé en 2023. Cette « option 1 », déjà discutée par le passé, mais désormais acceptée par la direction, permet de réorganiser, sur la base du volontariat, le quota horaire des contrôleurs, qui pourront travailler un jour de plus par cycle de douze jours pendant les périodes de tensions, et récupérer les heures supplémentaires dans des périodes plus calmes de la même année. Le tout moyennement des primes importantes.

Résultats « sans appel » à acter ce mercredi

Le SNCTA, syndicat qui dénonce depuis longtemps le sous-effectif à la tour, mais qui ne participe pas au mouvement de grève lancé voilà plus de deux mois par l’Usac-CGT, y voit une porte de sortie à la situation actuelle. Le temps de travail supplémentaire dégagé par les contrôleurs en poste doit permettre d’assurer la formation des agents en attente de qualification. Et ils sont nombreux : en plus des 23 aiguilleurs du ciel autonomes à la tour, une douzaine, pour la plupart très expérimentés, sont présents au fenua mais doivent suivre l’accompagnement obligatoire avant d’être pleinement opérationnel dans le contexte particulier du contrôle aérien polynésien. Au Seac, on répète ainsi que le problème d’effectif est dû non pas à un manque d’affectations, mais à un retard de la formation. « Ce mécanisme doit permettre d’accélérer les choses, de remonter plus rapidement en effectif », assure un responsable, qui rappelle que ces mêmes formations sont presque paralysées depuis début novembre par la grève de l’Usac-CGT.

La proposition a en tout cas convaincu une majorité des contrôleurs aériens : 60% d’entre eux ont voté pour la mise en place de l’option 1, d’après des résultats diffusés ce mardi matin. Des résultats « sans appel », commente le SNCTA. Le conseil social d’administration doit se réunir ce mercredi, et votera, selon toute vraisemblance, pour son application prochaine.

L’Usac-CGT prend acte, mais n’arrête pas son mouvement

Un revers pour l’Usac-CGT, qui s’opposait à l’application de cette option, considérée comme une tentative de parasitage de ses revendications. Car après deux mois de grève, les demandes du syndicat n’ont pas changé. À commencer par le reclassement de la tour Tahiti-Faa’a en « Liste 5 », refusé par la DGAC, mais qui apparait aux grévistes comme la seule option pour garantir des effectifs cohérents avec les besoins de la navigation aérienne en Polynésie. L’Usac, qui note tout de même que 40% des contrôleurs l’ont suivi malgré les promesses de primes pouvant atteindre 2 millions de francs par an, estime que les résultats de cette consultation, et la mise en place éventuelle de l’option 1 ne sont pas de nature à disqualifier son mouvement. La grève continuera, donc.

Et les militants de l’antenne de la CGT, qui pointent que le nombre d’aiguilleurs en poste ces trois dernières années, qui n’a jamais été mis à niveau malgré les promesses de la direction, ne permet déjà pas un contrôle optimal du trafic aérien, ne s’attendent pas à des évolutions positives. D’après eux, l’option 1, plutôt adaptées aux tours de contrôles à l’activité très saisonnière, ne permettra pas de réellement accélérer des formations qui s’inscrivent sur le temps long, et, en rajoutant des heures à certains, sera très contre-productive en termes de sécurité.

Groupe de travail sur le reclassement

Une idée déjà démentie par un collectif de contrôleurs non-grévistes, qui avaient expliqué, en réponses à des prises de parole alarmistes de l’Usac sur Polynésie la 1ere et dans Tahiti-Infos, que la réorganisation « temporaire, encadrée et volontaire », permettrait « d’assurer la continuité du service public et la sécurité des vols, dans l’attente de solutions structurelles qui, par nature s’inscrivent dans des délais plus longs ». Car personne à la tour, y compris le SNCTA, qui avait lui même mené des mouvements sur les questions de sous-effectifs par le passé, ne considère le sujet comme réglé.

Des discussions doivent avoir lieu avec l’aviation civile, dans les prochaines semaines, sur le « Tour de service », qui fait l’objet de plusieurs demandes d’évolution de la part des différents syndicats, sur le fonctionnement du besoins opérationnels… Mais aussi sur le reclassement de Tahiti-Faa’a en liste 5. Un groupe de travail doit être formé sur le sujet lors du conseil social d’administration de ce mercredi et pourrait se réunir dès le 28 janvier.

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